Pierre Joseph BOURIEZ, né le 27 janvier 1906 à Bruxelles (Belgique), mort le 29 septembre 1964 .
Les sources belges d’histoire de la résistance le présentent sous le grade de major et comme cadre de la Sûreté de l’État (service de renseignements), L’orthographe Bouriez est constante ; une variante « Bourriez » apparaît dans quelques publications secondaires, signalée ici comme forme fautive ou fluctuation d’auteur.
Parachuté en France non occupée dans la nuit du 3 octobre 1941 avec son opérateur radio Albert DEWEER (« Speed »), Pierre Bouriez reçoit mission d’organiser un relais pour les réseaux belges, de centraliser le courrier et d’assurer l’orientation des évasions vers l’Espagne et le Portugal.
Il constitue et dirige le réseau belge « Sabot », structure de liaison et de renseignement opérant entre la Belgique, la zone sud et les filières pyrénéennes, en relation avec la Sûreté belge à Londres et les services alliés.
Pierre Bouriez est le chef et éponyme du réseau de renseignement belge « Sabot » (dit aussi, dans certaines notices, « service Sabot »).
Les instruments de recherche des Archives nationales (sous-série 72 AJ) mentionnent explicitement « Réseau Sabot » dans les dossiers de réseaux ; le Musée de la Résistance en ligne (MRN) décrit par ailleurs l’existence de dossiers individuels d’agents BCRA dans la série GR 28 P (fonds versé par la DGSE) susceptibles de concerner ses correspondants français.
Sous la couverture « Sabot », Bouriez met en place à partir d’octobre 1941 un dispositif de collecte et de transmission du renseignement, de transport de courrier opératif et d’organisation de passages vers l’Espagne.
Les relais se structurent notamment entre Lyon, Toulouse et Paris ; des liaisons régulières sont attestées vers les Pyrénées.
Les études consacrées aux réseaux belges soulignent également son rôle d’intermédiaire financier au bénéfice ou au contrôle d’autres réseaux belges actifs en France en 1942 (Luc, Tégal), point qui explique certaines tensions interservices à Londres.
Arrestation / évasion / déportation
Pierre Bouriez est arrêté à Toulouse par les autorités allemandes début 1943. Les publications scientifiques et instruments de travail convergent sur une arrestation entre le 23 et le 28 janvier 1943 à Toulouse, consécutive à une dénonciation par un agent infiltré connu sous le surnom « Adolphe de Toulouse ».
Après incarcération (Toulouse – prison Furgole, puis Compiègne), il est déporté notamment à Buchenwald et Neuengamme. Sa libération par les forces américaines intervient au printemps 1945.
Les dates exactes de transfert varient selon les auteurs ; nous retenons ici les repères croisés suivants : arrestation signalée le 23 janvier 1943 (revue historique), autre mention au 28 janvier 1943 (publication locale héraultaise), déportation à Buchenwald le 16 avril 1944 et libération le 2 mai 1945 (tableaux de « Plan Sussex » et dérivés).
Camarades de combat
Autour de « Sabot », plusieurs acteurs reviennent dans les sources : Albert DEWEER, dit « Speed », opérateur radio parachuté avec Bouriez ; Pierre de STEXHE (adjoint cité dans les notices sur les services de renseignement), ainsi que des relais de réseaux belges connexes (Ali-France, Zéro-France, Delbo-Phénix) qui coopèrent ou reprennent des fonctions après l’arrestation du chef de « Sabot ».
Retour à la vie civile
Rapatrié au printemps 1945, Pierre Bouriez revient très affaibli par la déportation ; des témoignages locaux postérieurs le disent durablement atteint dans sa santé.
Les bases consultées n’apportent pas d’informations officielles sur ses activités professionnelles d’après-guerre ; sa mort est attestée au 29 septembre 1964 par une base mémorielle .
Décorations
Légion d’honneur : présence d’un dossier nominatif en base Léonore (cote 19800035/581/65992), le grade et la date du décret n’apparaissent pas dans les résumés publics consultés
Médaille de la Résistance française par décret du 31 Mars 1947
Autres autre décorations militaires françaises : non documentées dans les bases officielles françaises consultées .
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif en France n’a été identifié dans les bases officielles consultées pour « Pierre BOURIEZ ».
Des évocations du réseau « Sabot » existent dans des synthèses locales (Toulouse et Pyrénées) et dans des dossiers pédagogiques, mais sans toponymie directement attachée à son nom dans les inventaires publics repérés
Références bibliographiques
- Les réseaux belges de France (cahiers FOSTY, 1972), collectif, Institut d’Histoire Sociale (Bruxelles), 1972. Étude pionnière qui replace les missions belges en France entre 1940 et 1944 et cite l’itinéraire de « Sabot » depuis le parachutage d’octobre 1941 jusqu’à l’arrestation de son chef en janvier 1943. Utile pour la chronologie et les modalités de liaison interréseaux. JBH – BTNG – RBHC
- Un réseau belge du Nord : Ali-France, Etienne Verhoeyen, Revue du Nord, 1994. Article de référence sur le relais postal et les circuits de courrier belges en France ; mentionne les passages réguliers de Pierre Bouriez vers Lyon et la succession des relais après l’interruption de « Sabot » en 1943. Apporte un cadre comparatif. Persée
- Les réseaux belges et leurs finances 1940-1944, Bruno Debruyne (dir.), Presses universitaires du Septentrion / OpenEdition, 2004. Analyse des circuits de financement ; plusieurs rapports signés « Sabot » (Bouriez) y sont cités avec références CEGESOMA, éclairant son rôle d’intermédiaire financier en 1942 et les tensions de répartition des fonds. OpenEdition Books
- La guerre secrète des espions belges (1940-1944), Étienne Verhoeyen (texte accessible via Academia), 2007. Synthèse sur les services belges ; passages spécifiques sur Pierre Bouriez et les difficultés de coordination fin 1942, utiles pour comprendre la situation de « Sabot » avant l’arrestation. Academia
- Passages clandestins dans les Pyrénées, Luc Tillard, Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah, 2022. Étude thématique des filières pyrénéennes mentionnant « Sabot » comme réseau de renseignement belge subordonné aux services alliés ; apporte des repères géographiques et fonctionnels. cercleshoah.org
Références internet
- FranceArchives – Base Léonore (notice). Notice nominative « BOURIEZ Pierre Joseph », avec cote du dossier de Légion d’honneur 19800035/581/65992. Sert d’identification civile sûre et de point d’accès au dossier d’honneur. URL : https://francearchives.gouv.fr/facomponent/f0a035843d79cbb12fda2c60c442bb002cd301b9 FranceArchives
- Archives nationales – 72 AJ (Seconde Guerre mondiale). Instruments de recherche et inventaires en ligne de la sous-série 72 AJ, avec mention du « Réseau Sabot » dans la cote 72AJ/80. Donne le contexte archivistique français des réseaux belges en France. URL : https://francearchives.gouv.fr/findingaid/4f3ab863ed3a1f28e12d8b4072d35b662d14f700 FranceArchives
- Musée de la Résistance en ligne – Fonds GR 28 P (BCRA). Présentation du fonds de 16 400 dossiers individuels d’agents du BCRA ; utile pour retracer les interactions franco-belges et la documentation individualisée des agents français en lien avec « Sabot ». URL : https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/229.pdf Musée de la Résistance en Ligne
- Revue du Nord – « Un réseau belge du Nord : Ali-France ». Article en ligne décrivant les relais belges en France et situant « Sabot » dans la succession des dispositifs postaux et d’évasion. URL : https://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1994_num_76_306_4929 Persée
- Cahiers FOSTY – « Les réseaux belges de France ». Brochure historique signalant le parachutage de Pierre Bouriez en octobre 1941 et son arrestation à Toulouse en janvier 1943. URL : https://www.journalbelgianhistory.be/nl/system/files/article_pdf/cahiers_fosty_1972_1.pdf JBH – BTNG – RBHC
- Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah – « Passages clandestins dans les Pyrénées ». Mise au point historique qui définit « Sabot » et son subordination aux services alliés. URL : https://www.cercleshoah.org/spip.php?article969/
- Études héraultaises – « Juin 40, ils refusent de cesser le combat ». Article local mentionnant la présence d’agents « Sabot » à Montpellier et l’arrestation de Bouriez à Toulouse fin janvier 1943 ; ressource utile pour l’ancrage géographique en R3. URL : https://www.etudesheraultaises.fr/publi/juin-40-ils-refusent-de-cesser-le-combat/ etudesheraultaises.fr
Plan Sussex – tableaux d’infiltrations. Outils de travail non officiels récapitulant parachutages (3 octobre 1941) et, par compilation, mesures de répression (déportation, libération) ; à manier comme tables de repérage à vérifier en archives. URL : https://www.esistoire.fr/pdf/fiche_produit/tableau%20des%20Infiltrations-57.pdf esistoire.fr - leonore.archives-nationales.culture.gouv.frArchives nationalesFranceArchivesPersée+1etudesheraultaises.frOpenEdition BooksAcademia