Jean François Constantin de CREVOISIER DE VOMÉCOURT, dit Jean de Vomécourt, alias « Constantin », né le 25 mai 1899 à Chassey-lès-Montbozon (Haute-Saône), mort en déportation le 4 février 1945 à Oranienburg (Allemagne), français ; son parcours est également lié à la Grande-Bretagne, où il avait servi dans le Royal Flying Corps pendant la Première Guerre mondiale. Le SHD l’identifie sous la cote GR 16 P 164073.
Jeunesse et formation
Jean de Vomécourt est élevé en Angleterre. En 1916, âgé de dix-sept ans, il s’engage volontairement dans le Royal Flying Corps. Abattu en 1917, il est grièvement blessé et reste hospitalisé pendant environ neuf mois. Les sources secondaires le donnent ensuite démobilisé avec le grade de lieutenant.
Dans l’entre-deux-guerres, il s’installe dans le Doubs et devient maire de Bonnal. Il est père de quatre enfants.
Engagement dans la Résistance
À la déclaration de guerre en 1939, Jean cherche à reprendre du service comme pilote. En 1940, il tente également de rejoindre l’armée britannique, mais l’évolution militaire et l’armistice le contraignent à rester en France.
En 1941, son frère Pierre, envoyé en France par le SOE, lui propose de prendre en charge l’organisation clandestine dans la zone interdite et l’Est. Installé à Bonnal après avoir quitté Pontarlier, Jean développe alors une organisation de résistance en liaison avec le SOE.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Jean de Vomécourt agit dans le dispositif constitué en France par la section F du Special Operations Executive. Son pseudonyme « Constantin » apparaît dans un message clandestin conservé aux Archives nationales, cote 72 AJ 627, analysé par le Musée de la Résistance en ligne.
Le Service historique de la Défense conserve un dossier individuel « Jean DE VOMECOURT » sous la cote GR 28 P 4 383/140, avec renvoi au dossier GR 16 P 164073.
L’inventaire GR 16 P confirme l’identité « DE CREVOISIER DE VOMECOURT, Jean François Constantin », né le 25 mai 1899 à Chassey-lès-Montbozon, et porte la mention « Homologué ».
Missions et actions
Depuis Bonnal et la région de Pontarlier, Jean constitue des groupes, recrute des résistants et participe à la récupération d’armes et à l’organisation de sabotages. Il travaille notamment avec la famille de Moustier.
Une autre dimension importante de son activité concerne les passages clandestins vers la Suisse. Dans le secteur de Mouthe, il utilise notamment une camionnette à double gazogène permettant de dissimuler des aviateurs ou des personnes recherchées. Le même véhicule sert à transporter clandestinement des armes.
Les récits consacrés au réseau attribuent également à ses groupes des opérations de sabotage industriel et contre les transports et voies navigables utilisés par les forces allemandes. Ces actions sont reprises dans l’historiographie consacrée aux réseaux Buckmaster, mais leur détail exact demeure plus difficile à établir opération par opération.
Arrestation / évasion / déportation
Jean de Vomécourt est arrêté en 1942 à la suite d’une dénonciation. Les sources divergent sur la date exacte : le MémorialGenWeb, qui renvoie notamment au Livre-Mémorial des déportés de France et au Journal officiel, indique le 22 juillet 1942 ; Wikipédia donne le 26 juillet ; le Musée de la Résistance en ligne indique plus largement août 1942.
Il est d’abord emprisonné à Besançon puis transféré à Fresnes. Il est ensuite déporté à Sachsenhausen-Oranienburg. Le MémorialGenWeb indique un départ de Compiègne le 24 janvier 1943 et le matricule 58 323 à Sachsenhausen.
Son décès est officiellement fixé au 4 février 1945 à Oranienburg. L’arrêté du 12 juillet 2007 portant apposition de la mention « Mort en déportation » donne explicitement : « De Crevoisier, baron de Vomecourt (Jean, François, Constantin) », né le 25 mai 1899 à Chassey-lès-Montbozon et décédé le 4 février 1945 à Oranienburg.
Camarades de combat
Son engagement est directement lié à ses frères Pierre et Philippe de Vomécourt. Dans le Doubs, les sources associent également son action au marquis de Moustier et surtout à Guy de Moustier, avec lesquels il développe des recrutements, des récupérations d’armes et des opérations clandestines.
Le pseudonyme « Constantin » apparaît encore dans la correspondance clandestine du groupe en 1942, notamment dans une demande d’envoi d’un opérateur radio.
Retour à la vie civile
Jean de Vomécourt ne revient pas de déportation. Mort à Oranienburg le 4 février 1945, il ne connaît donc pas de retour à la vie civile après la Libération. Sa mort a été reconnue « Mort pour la France » et la mention « Mort en déportation » a été officiellement apposée par arrêté du 12 juillet 2007.
Décorations
Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du 31 mars 1947. JO 23 Décembre 1948 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O16042
Aucune autre décoration n’a été retrouvée lors de cette recherche.
Aucune autre décoration française ou étrangère n’a pu être établie avec un degré de certitude suffisant lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
Jean de Vomécourt bénéficie de la mention « Mort pour la France ». Le MémorialGenWeb rattache cette reconnaissance à une cote du Service historique de la Défense à Caen et mentionne également la décision officielle portant « Mort en déportation ».
Son nom est également associé à Chassey-lès-Montbozon, sa commune natale, où il figure dans la mémoire des morts de guerre selon les sources mémorielles consultées.
Références bibliographiques
François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 2006. L’ouvrage constitue une référence générale majeure pour replacer l’action des réseaux et des agents dans l’histoire de la Résistance.
Marcel Ruby, La Guerre secrète. Les Réseaux Buckmaster, France-Empire, Paris, 1985. L’ouvrage traite des réseaux de la section F du SOE et constitue une source historiographique importante pour l’activité des frères de Vomécourt.
Philippe de Vomécourt, Les Artisans de la liberté, PAC, 1975. Le témoignage de Philippe de Vomécourt constitue l’une des principales sources publiées sur l’engagement des trois frères et les débuts du SOE en France.
Michael R. D. Foot, SOE in France. An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, HMSO, Londres, 1966. Histoire officielle britannique du SOE en France, utile pour replacer l’action des Vomécourt dans la constitution de la section F.
Références internet
Service historique de la Défense. L’inventaire GR 16 P identifie Jean François Constantin de Crevoisier de Vomécourt, né le 25 mai 1899 à Chassey-lès-Montbozon, sous la cote GR 16 P 164073 et confirme son homologation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_D.pdf
Musée de la Résistance en ligne. La documentation consacrée à Jean de Vomécourt décrit son recrutement par Pierre, son activité dans le Doubs, ses actions de passeur, le transport clandestin d’armes et sa déportation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=6936
MémorialGenWeb. La fiche individuelle fournit la date de naissance, la date d’arrestation qu’elle retient, le convoi du 24 janvier 1943, le matricule 58 323 à Sachsenhausen, la date de décès du 4 février 1945 et les mentions « Mort pour la France » et « Mort en déportation ». https://www.memorialgenweb.org/memorial3/deportes/complement.php?id=42812
Wikipédia, édition française. La notice « Jean de Vomécourt » a été systématiquement consultée conformément au protocole. Elle fournit notamment la chronologie générale, le service dans le Royal Flying Corps, les activités de Résistance et la bibliographie consacrée aux réseaux Buckmaster. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Vom%C3%A9court
Dossier d’homologation consulté
Le Service historique de la Défense conserve un dossier individuel de Jean DE VOMECOURT sous la cote GR 28 P 4 383/140, année 1945, avec renvoi au dossier GR 16 P 164073.
L’inventaire GR 16 P identifie précisément Jean François Constantin de Crevoisier de Vomécourt, né le 25 mai 1899 à Chassey-lès-Montbozon, et porte la mention « Homologué ».
Observations
Le contrôle des homonymes permet de distinguer sans ambiguïté Jean de ses frères Philippe Albert, né en 1902, et Édouard Pierre Fourier, né en 1906. Les trois dossiers sont d’ailleurs enregistrés successivement dans l’inventaire GR 16 P sous les cotes 164073, 164074 et 164075.
La principale divergence documentaire concerne la date de son arrestation : 22 juillet 1942 dans la fiche MémorialGenWeb, 26 juillet dans Wikipédia et août 1942 dans la notice du Musée de la Résistance en ligne. La date exacte ne doit donc pas être présentée sans réserve.
Une seconde divergence concerne son décès. Plusieurs sources secondaires anciennes donnent « vers le 12 février 1945 ». L’acte réglementaire publié en 2007 fixe toutefois officiellement le décès au 4 février 1945 à Oranienburg ; cette date est donc retenue.
Indice de fiabilité de la notice A — Fiabilité excellente pour l’identité, l’état civil, le dossier SHD, l’appartenance au dispositif du SOE, la déportation et la date officielle du décès. Certaines opérations clandestines et la date exacte de l’arrestation restent documentées principalement par des sources historiographiques ou mémorielles divergentes.
Chronologie
| Date | Événement |
| 25 mai 1899 | Naissance à Chassey-lès-Montbozon (Haute-Saône). |
| 1916 | Engagement volontaire à dix-sept ans dans le Royal Flying Corps. |
| 1917 | Abattu et grièvement blessé ; longue hospitalisation. |
| Entre-deux-guerres | Installation dans le Doubs ; maire de Bonnal. |
| 1939 | Tente de reprendre du service comme pilote. |
| 1940 | Projet de réengagement dans l’armée britannique ; demeure finalement en France. |
| 1941 | Recrutement dans le dispositif du SOE à l’initiative de son frère Pierre. |
| 1941-1942 | Organisation de groupes dans l’Est ; sabotages, récupération et transport d’armes, passages clandestins vers la Suisse. |
| Juillet-août 1942 | Arrestation ; les sources divergent entre le 22 juillet, le 26 juillet et août 1942. |
| 1942 | Emprisonnement à Besançon puis à Fresnes. |
| 24 janvier 1943 | Départ de Compiègne pour Sachsenhausen. |
| 1943-1945 | Déportation à Sachsenhausen-Oranienburg ; matricule 58 323. |
| 4 février 1945 | Décès à Oranienburg, date officiellement retenue. |
| 31 mars 1947 | Médaille de la Résistance française à titre posthume, selon les sources consultées. |
| 12 juillet 2007 | Arrêté portant apposition de la mention « Mort en déportation ». |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date d’arrestation | MémorialGenWeb : 22 juillet 1942 | Wikipédia : 26 juillet 1942 ; Musée de la Résistance : août 1942 | Date exacte laissée ouverte ; arrestation à l’été 1942. |
| Date de décès | Sources secondaires anciennes : vers le 12 février 1945 | Arrêté du 12 juillet 2007 : 4 février 1945 | 4 février 1945, date officielle. |
| Lieu de décès | Certaines sources donnent Sachsenhausen de manière générale | Arrêté officiel : Oranienburg | Oranienburg (Allemagne). |
Sources consultées
Service historique de la Défense. L’inventaire GR 16 P a fourni l’identité complète de Jean François Constantin de Crevoisier de Vomécourt, sa naissance le 25 mai 1899 à Chassey-lès-Montbozon, la cote GR 16 P 164073 et la mention d’homologation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_D.pdf
Service historique de la Défense — inventaire GR 28 P 4. L’inventaire des dossiers d’agents des réseaux a permis d’identifier le dossier individuel « Jean DE VOMECOURT », GR 28 P 4 383/140, avec renvoi GR 16 P 164073. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/196.pdf
Musée de la Résistance en ligne. La documentation consacrée à Jean a fourni les renseignements sur son recrutement par Pierre, son implantation dans le Doubs, ses activités de passeur, le transport d’armes, les sabotages et sa déportation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=6936
Musée de la Résistance en ligne / Archives nationales. L’analyse d’un message conservé sous la cote Archives nationales 72 AJ 627 identifie explicitement « Constantin » comme Jean de Vomécourt et documente sa demande d’un opérateur radio avant son arrestation. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=7043
MémorialGenWeb. La fiche de déporté a fourni la date de naissance, le passage par Besançon, le convoi du 24 janvier 1943, le matricule 58 323 à Sachsenhausen, la date de décès du 4 février 1945 et les références aux mentions « Mort pour la France » et « Mort en déportation ». https://www.memorialgenweb.org/memorial3/deportes/complement.php?id=42812
Journal officiel / arrêté du 12 juillet 2007. Le texte officiel relatif à la mention « Mort en déportation » fixe l’identité, la naissance et le décès de Jean François Constantin de Crevoisier, baron de Vomecourt, au 4 février 1945 à Oranienburg.
Wikipédia, édition française. La notice « Jean de Vomécourt » a été consultée systématiquement conformément au protocole ; elle a servi au repérage de la chronologie, de son passage dans le Royal Flying Corps et des références bibliographiques, les informations déterminantes ayant été confrontées aux sources archivistiques et officielles disponibles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Vom%C3%A9court