Édouard Pierre Fourier de CREVOISIER DE VOMÉCOURT, dit Pierre de Vomécourt, alias « Lucas », « Sylvain » et « Étienne », né le 1er janvier 1906 à Chassey-lès-Montbozon (Haute-Saône), mort le 7 mars 1986 à Saint-Quentin-du-Dropt (Lot-et-Garonne), français. Le dossier du SHD GR 16 P 164075 confirme son identité, sa date et son lieu de naissance ainsi que son homologation.
Jeunesse et formation
Pierre de Vomécourt appartient à une famille lorraine dont les trois frères, Jean, Philippe et Pierre, jouèrent un rôle dans la Résistance liée au Special Operations Executive britannique. Il fut élevé en Angleterre, notamment au Beaumont College. Les sources disponibles le présentent comme marié et père de deux filles.
La date de naissance du 1er janvier 1906 est confirmée par le dossier nominatif du SHD. Elle est également reprise par le Musée de la Résistance en ligne.
Engagement dans la Résistance
Après l’annonce de la demande d’armistice, Pierre de Vomécourt quitte la France pour la Grande-Bretagne dans la nuit du 17 au 18 juin 1940. Il cherche alors à participer à une guerre clandestine fondée notamment sur le sabotage. Il rejoint finalement la section F du Special Operations Executive et reçoit une formation d’agent destiné à agir en France occupée.
Dans la nuit du 10 au 11 mai 1941, il est parachuté près de Châteauroux sous le nom de guerre « Lucas ». Sa mission consiste à commencer l’organisation de réseaux d’action en France. Il prend contact avec Georges Bégué, opérateur radio du SOE déjà présent sur le territoire. Le 12 mai, il rejoint la propriété de son frère Philippe à Bas-Soleil, près de Saint-Léonard-de-Noblat. Les frères répartissent alors leurs secteurs : Pierre agit en zone occupée, Philippe en zone libre et Jean doit développer l’organisation dans l’Est et la zone interdite.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Pierre de Vomécourt appartient à la section F du Special Operations Executive britannique. Il fonde et dirige le réseau AUTOGIRO, l’un des tout premiers dispositifs opérationnels du SOE en France occupée. Son secteur principal se situe à Paris et dans sa région. Ses noms de guerre sont « Lucas » lors de sa première mission et « Sylvain » lors de la seconde ; « Étienne » apparaît également parmi ses pseudonymes.
Le Service historique de la Défense conserve son dossier sous la cote GR 16 P 164075. L’inventaire nominatif l’enregistre comme « DE CREVOISIER DE VOMECOURT, Edouard Pierre Fourier », né le 1er janvier 1906 à Chassey-lès-Montbozon, avec la mention « Homologué ».
Missions et actions
Pierre de Vomécourt joue un rôle précoce dans l’implantation du SOE en France. L’historien officiel du SOE M. R. D. Foot souligne l’importance de son action dans la mise en place des premiers dispositifs d’aide britannique à la Résistance.
Avec Georges Bégué, il prépare notamment le parachutage d’armes effectué dans la nuit du 13 au 14 juin 1941 sur la propriété de son frère Philippe à Bas-Soleil. L’opération, limitée à deux conteneurs, est présentée par les sources comme le premier parachutage d’armes réalisé par le SOE en France.
À Paris, Pierre développe AUTOGIRO et cherche des logements clandestins, boîtes aux lettres et dépôts destinés aux armes et au matériel. Le manque d’opérateurs radio constitue cependant une difficulté constante. À la fin de 1941, il entre en relation avec Mathilde Carré, dite « la Chatte », qui travaille alors sous contrôle allemand après le démantèlement du réseau INTERALLIÉ. Pierre finit par découvrir sa situation et obtient qu’elle l’accompagne en Grande-Bretagne. Tous deux rejoignent l’Angleterre dans la nuit du 26 au 27 février 1942.
Pierre revient en France au début d’avril 1942 sous le nouveau nom de guerre « Sylvain ». Sa seconde mission est cependant très brève. Hugo Bleicher et l’Abwehr identifient sa présence et reconstituent progressivement ses contacts. Il est arrêté à Paris le 25 avril 1942.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté le 25 avril 1942, Pierre de Vomécourt est incarcéré à Fresnes. Il y demeure environ dix-huit mois, dont une longue période au secret.
Son cas présente une particularité importante. Lors de son procès avec plusieurs de ses compagnons, il obtient que les membres de son groupe soient traités comme prisonniers de guerre plutôt que comme espions, ce qui contribue à leur éviter une condamnation à mort.
Le Musée de la Résistance en ligne indique son transfert en Allemagne le 13 octobre 1943 et sa détention à la forteresse de Colditz. La même source donne un rapatriement/libération au 29 juin 1945, tandis que d’autres sources placent la libération militaire de Colditz en avril 1945. Cette différence est conservée dans le tableau des divergences.
Camarades de combat
Les principaux compagnons directement associés à son parcours sont ses frères Jean et Philippe de Vomécourt et l’opérateur radio Georges Bégué. Ce dernier joue un rôle essentiel lors de la première implantation du SOE et dans la préparation du parachutage de juin 1941.
Mathilde Carré occupe également une place importante dans son parcours, mais dans un contexte très différent : issue du réseau INTERALLIÉ et passée sous contrôle allemand, elle est démasquée par Pierre avant de l’accompagner en Grande-Bretagne en février 1942.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Pierre de Vomécourt exerce notamment comme consultant. Il fournit également des témoignages sur son action clandestine. Un compte rendu signé par lui le 14 mai 1945 est signalé dans les fonds du SHD sous la référence P 474414 ; les Archives nationales conservent également des éléments de témoignage sous la cote 72 AJ 39/I.
Il meurt le 7 mars 1986 à Saint-Quentin-du-Dropt, dans le Lot-et-Garonne. Cette date est corroborée par les données d’état civil indexées pour la commune : acte de décès n° 1 de 1986, sous son identité complète Édouard Pierre Fourier de Crévoisier de Vomécourt.
Décorations
Médaille de la Résistance française par décret du 31 mars 1947. JO 13 juillet 1947 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O16044
Légion d’honneur — une attribution au grade de chevalier apparaît dans une source secondaire, mais aucun dossier Léonore ni acte officiel nominatif correspondant à Pierre de Vomécourt n’a été retrouvé lors des présentes recherches. Cette décoration n’est donc pas présentée comme institutionnellement confirmée.
Lieux de mémoire
Le Musée de la Résistance en ligne conserve une notice nominative et des photographies de Pierre de Crevoisier de Vomécourt. La documentation y rappelle son rôle dans AUTOGIRO, son arrestation, son incarcération à Fresnes et son transfert à Colditz.
Références bibliographiques
Michael R. D. Foot, SOE in France. An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, Londres, HMSO, 1966 ; éditions ultérieures. L’ouvrage constitue l’histoire officielle britannique du SOE en France et consacre un développement spécifique aux frères de Vomécourt et au rôle initial de Pierre.
Marcel Ruby, La Guerre secrète. Les Réseaux Buckmaster, France-Empire, Paris, 1985, 275 p. L’ouvrage reprend notamment un témoignage remis par Pierre de Vomécourt à Marcel Ruby en janvier 1983.
Philippe de Vomécourt, Les Artisans de la liberté : histoire de la Résistance française, 1940-1945, PAC, Paris, 1975, 254 p. Le témoignage de Philippe apporte de nombreux renseignements sur les débuts de l’action des trois frères et les premières opérations du SOE.
Benjamin Cowburn, Sans cape ni épée, Gallimard, 1958. Témoignage d’un agent de la section F du SOE, utilisé dans l’historiographie consacrée aux réseaux britanniques en France.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La fiche « Pierre DE CREVOISIER DE VOMÉCOURT » fournit son état civil, son appartenance à AUTOGIRO-SOE Buckmaster, la date de son arrestation, sa détention à Fresnes, son transfert à Colditz et son rapatriement. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=21687
Service historique de la Défense / inventaire GR 16 P. L’inventaire nominatif confirme l’identité « DE CREVOISIER DE VOMECOURT, Edouard Pierre Fourier », la naissance le 1er janvier 1906 à Chassey-lès-Montbozon et la cote GR 16 P 164075. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_D.pdf
Ordre de la Libération. L’inventaire des dossiers relatifs à la Médaille de la Résistance comporte le renvoi nominatif « CREVOISIER DE VOMECOURT Pierre Edouard Fourier », établissant l’existence d’un dossier MRF. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_1R_refus-MRF.pdf
Wikipédia, édition française. La notice développée « Pierre de Vomécourt » a été systématiquement consultée conformément au protocole. Elle fournit notamment une chronologie détaillée des deux missions et une bibliographie permettant de remonter aux travaux de Foot, Ruby, Cowburn et Philippe de Vomécourt. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Vom%C3%A9court
Dossier d’homologation consulté
Le Service historique de la Défense répertorie Édouard Pierre Fourier de Crevoisier de Vomécourt sous la cote GR 16 P 164075. L’inventaire porte explicitement la mention « Homologué ».
Un autre document cité dans l’historiographie est conservé sous la référence P 474414 : compte rendu de Pierre de Vomécourt, dit Étienne, Lucas et Sylvain, signé le 14 mai 1945 et consacré notamment à son arrestation et aux personnes impliquées.
Observations
Une divergence importante concernant l’état civil a pu être résolue : la date de naissance du 1er janvier 1906 est donnée par le dossier nominatif GR 16 P 164075 du SHD et par le Musée de la Résistance en ligne.
La date de décès est le 7 mars 1986 à Saint-Quentin-du-Dropt. Des notices anciennes du Musée de la Résistance en ligne indiquent à tort un décès à Paris en 1965. Les données d’état civil relatives à Saint-Quentin-du-Dropt enregistrent Édouard Pierre Fourier de Crévoisier de Vomécourt sous l’acte n° 1 du 7 mars 1986.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — Fiabilité excellente pour l’identité, l’appartenance au SOE, AUTOGIRO, les principales missions, l’arrestation et le dossier d’homologation. Les éléments reposent sur plusieurs sources archivistiques ou institutionnelles concordantes. La Légion d’honneur demeure non retenue comme décoration confirmée faute d’acte officiel nominatif retrouvé.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1er janvier 1906 | Naissance à Chassey-lès-Montbozon (Haute-Saône). |
| 17-18 juin 1940 | Départ de France pour la Grande-Bretagne. |
| 1940-1941 | Recrutement et formation par la section F du SOE. |
| 10-11 mai 1941 | Parachutage en France près de Châteauroux sous le nom de guerre « Lucas ». |
| 12 mai 1941 | Rencontre avec Philippe à Bas-Soleil ; organisation des secteurs d’action des frères de Vomécourt. |
| 13-14 juin 1941 | Préparation avec Georges Bégué du premier parachutage d’armes du SOE à Bas-Soleil. |
| 1941 | Développement du réseau AUTOGIRO en zone occupée, principalement à Paris. |
| 26-27 février 1942 | Retour en Grande-Bretagne avec Mathilde Carré. |
| 1er avril 1942 | Retour clandestin en France pour une seconde mission, sous le nom de « Sylvain ». |
| 25 avril 1942 | Arrestation à Paris. |
| 1942-1943 | Incarcération à Fresnes. |
| 13 octobre 1943 | Transfert en Allemagne ; détention à Colditz. |
| Avril 1945 | Libération de Colditz par les forces alliées. |
| 29 juin 1945 | Date de libération/rapatriement enregistrée par le Musée de la Résistance en ligne. |
| 31 mars 1947 | Décret indiqué pour la Médaille de la Résistance française. |
| 5 octobre 1949 | Date figurant dans l’inventaire de l’Ordre de la Libération renvoyant à son dossier MRF. |
| 7 mars 1986 | Décès à Saint-Quentin-du-Dropt (Lot-et-Garonne). |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date de naissance | SHD GR 16 P 164075 : 1er janvier 1906 | Musée de la Résistance en ligne : 1er janvier 1906 | 1er janvier 1906, concordance institutionnelle. |
| Date et lieu de décès | État civil indexé : 7 mars 1986, Saint-Quentin-du-Dropt | Ancienne notice du Musée de la Résistance : 1965, Paris | 7 mars 1986 à Saint-Quentin-du-Dropt ; l’ancienne donnée 1965/Paris est écartée. |
| Libération / rapatriement | Sources SOE : libération de Colditz en avril 1945 | Musée de la Résistance : 29 juin 1945 | Avril 1945 correspond à la libération ; 29 juin 1945 est conservé comme date enregistrée de libération/rapatriement dans la base française. |
| Légion d’honneur | Attribution secondaire au grade de chevalier | Aucun acte officiel nominatif retrouvé | Non confirmée en l’état. |
Sources consultées
Service historique de la Défense. L’inventaire GR 16 P a fourni l’identité complète d’Édouard Pierre Fourier de Crevoisier de Vomécourt, sa date et son lieu de naissance, son homologation et la cote GR 16 P 164075. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_D.pdf
Musée de la Résistance en ligne. La fiche nominative de Pierre de Crevoisier de Vomécourt a fourni des renseignements sur AUTOGIRO, son arrestation le 25 avril 1942, Fresnes, son transfert à Colditz et son rapatriement. Certaines données anciennes de cette fiche relatives à son décès ont été écartées au profit de l’état civil. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=21687
Ordre de la Libération. L’inventaire 1 R comporte le renvoi nominatif au dossier MRF de « CREVOISIER DE VOMECOURT Pierre Edouard Fourier », élément utilisé pour contrôler la Médaille de la Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_1R_refus-MRF.pdf
Wikipédia, édition française. La notice développée a été consultée pour la chronologie des deux missions, les pseudonymes, le parcours AUTOGIRO et le repérage bibliographique ; ces éléments ont été recoupés autant que possible avec le SHD, le Musée de la Résistance et l’histoire officielle du SOE. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Vom%C3%A9court