Jean CAVAILLÈS est né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Son père était officier d’infanterie, originaire du Lot-et-Garonne, et sa mère institutrice. Après de brillantes études au lycée Louis-le-Grand, il intègre l’École normale supérieure en 1923, obtient l’agrégation de philosophie en 1927 puis soutient une thèse sur la philosophie des mathématiques. Il devient professeur à la Sorbonne, spécialisé en logique et épistémologie, et publie plusieurs études majeures.
Dès 1940, motivé par son rejet absolu du nazisme et son attachement intellectuel à la liberté et à la rationalité, Jean CAVAILLÈS entre en Résistance. Avec Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE, il participe à la création du réseau Libération-Sud avant de rejoindre Libération-Nord et de fonder le réseau Cohors.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il est l’un des fondateurs du Réseau Cohors, intégré à Libération-Nord, spécialisé dans le renseignement militaire et la structuration clandestine des cadres résistants.
Missions et actions
Ses missions consistaient à :
- Organiser des filières de renseignements pour l’état-major allié.
- Recruter et former des agents en zone occupée.
- Assurer la coordination inter-réseaux pour l’efficacité du renseignement et l’armement des groupes de combat.
Il se rendit plusieurs fois à Londres pour transmettre ses informations et négocier le soutien allié aux réseaux de Libération-Nord.
Arrestation / exécution
Il est arrêté à Paris le 28 août 1943 par la Gestapo, transféré à Arras. Il est exécuté le 17 février 1944 au fort de Bondues, à l’âge de 40 ans.
Camarades de combat
Ses camarades directs étaient :
- Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE
- Pierre Brossolette, résistant et journaliste
- René Courtin, résistant économiste, compagnon du réseau Cohors
Décorations
Il reçut à titre posthume :
- Compagnon de la Libération (décret du 20 novembre 1944)
- Croix de Guerre 1939-1945
- Médaille de la Résistance à titre posthume par décret du 31 Mars 1947
Rues ou lieux de mémoire
- Le lycée Jean-Cavaillès à Tarbes porte son nom.
- Son nom figure sur le Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.
- Une plaque commémorative lui est dédiée à l’École normale supérieure (rue d’Ulm, Paris).
Références bibliographiques
- Jean Cavaillès, un philosophe dans la guerre, par Georges Canguilhem, Éditions du Seuil, Paris, 1998. Cet ouvrage retrace la vie intellectuelle et résistante de Jean CAVAILLÈS, sa philosophie de l’engagement rationnel et son sacrifice dans la lutte contre le nazisme.
- Les réseaux de la Résistance, par Henri Noguères, Éditions Robert Laffont, Paris, 1967.
Ce volume consacre un chapitre à la fondation du réseau Cohors et à l’action déterminante de Jean CAVAILLÈS dans Libération-Nord.
Références internet
- Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/pages/recherche/?q=jean+cavaillès
Notice complète sur son parcours, ses motivations philosophiques et ses missions clandestines au sein de la Résistance. - Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media2423-Jean-Cavailles
Biographie détaillée présentant ses actions, son exécution et l’hommage rendu par la communauté scientifique et résistante.