Né le 27 juin 1918 à La Rochelle – Décédé le 11 septembre 1989 à Paris
Michel Pichard est le fils d’un armateur originaire de Dieppe, directeur de la branche “Sauvetage” de la compagnie maritime Les Abeilles, implantée à Le Havre. Après son baccalauréat, il entame des études de droit. Mobilisé en 1938 dans l’artillerie, il est réformé en avril 1939, puis réintégré avec la mobilisation de septembre. Il rejoint l’École d’artillerie de Fontainebleau, repliée à Bordeaux en 1940.
Le 22 juin 1940, après l’armistice, il fuit son unité à Poitiers pour rallier Londres. Le 24 juin, il embarque sur l’aviso La Boudeuse, direction Casablanca, où il est affecté au 63e RAA à Meknès. Accusé de désertion, condamné à trois mois et dégradé, il tente trois évasions avant de réussir en juillet 1941 : il marche 150 km dans le désert, atteint Tanger, puis Gibraltar, et rejoint Londres en août.
En août 1941, il intègre les Forces françaises libres et rejoint le BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) à Londres, en devenant aspirant en stage à Camberley. En septembre, il est grièvement blessé à la main lors d’un exercice de sabotage. Début 1943, il est parachuté en France où il rejoint la Confrérie Notre-Dame (CND), puis l’Organisation civile et militaire (OCM). Dès mai 1943, il est affecté au Bureau des opérations aériennes (BOA), devenant chef national en juillet.
Missions et actions
- Entre mai et août 1943, il cartographie près de 500 sites de parachutage, avec un taux de réussite élevé (8 réussites, 3 à 7 échecs selon archives).
- Le 3 juin 1944, nommé chef du BOA en Meuse, il organise un parachutage d’armes à Sermaize, accompagné notamment de François Babot, Léon Marcel, Yves Moulin et le radio Balini.
- En Bretagne, puis en Haute-Marne, il prépare des terrains pour les SAS et coordonne la distribution d’armes à près de 5 000 maquisards, opérations Aloès (juillet 1944) et Anis (août 1944).
Arrestation / évasion
Il subit une condamnation militaire à Casablanca mais réussit son évasion. Il évite les purges du BOA en déplaçant son QG à Vesoul après l’arrestation d’agents à Paris en mars 1944.
Camarades de combat
- Gilbert Renault (alias « Rémy »), chef de la CND, avec qui il collabore début 1943.
- François Babot, Léon Marcel, Yves Moulin et Balini, engagés avec lui lors de la mission en Meuse en juin 1944.
- Au BOA, il collabore étroitement avec André Renaudin, Pierre Leroy, le radio Maurice Roschbach, sa sœur Cécile Pichard.
Retour à la vie civile
De 1944 à 1946, il sert à la Direction générale des études et recherches. Par la suite, il s’expatrie : first aux États-Unis comme fondé de pouvoir dans une banque à New York, puis au Canada (à partir de 1959), avant de revenir en France en 1962 où il devient négociant en produits tropicaux.
Décorations
- Compagnon de la Libération (décret du 16 juin 1944)
- Officier de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939‑1945
- Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 31 Mars 1947 JO 13 juillet 1947
- Côte du dossier : 1O50244
- Officer of the Order of the British Empire (Royaume-Uni)
- Officier de l’Ordre de Léopold (Belgique).
Références bibliographiques
- Pichard Michel, L’Espoir des ténèbres : parachutages sous l’Occupation, Histoire du BOA, ERTI, Vesoul, 1990. Un récit vivant de son expérience dans les parachutages, l’organisation des maquis et la structuration du BOA.
- Sébastien Albertelli, « Le BCRA et ses agents en France », dans La France Libre, Fondation de la France Libre / Lavauzelle, 2005.Article complet sur le rôle du BCRA dont Michel Pichard fut acteur principal.
Références internet
- Ordre de la Libération : fiche biographique détaillée, autres réseaux et alias fr.wikipedia.orgfr.wikipedia.org+9ordredelaliberation.fr+9ordredelaliberation.fr+9
- Français Libres – fiche administratives et photo de groupe (mission en Vosges/Haute-Marne) francaislibres.net+1francaislibres.net+1
- Service historique de la Défense : inventaire du fonds d’archives personnel du BOA CDP 3 ordredelaliberation.fr+9servicehistorique.sga.defense.gouv.fr+9museedelaresistanceenligne.org+9