André William BOLLIER, né le 30 mai 1920 à Paris, 16e arrondissement, mort le 17 juin 1944 à Lyon, Français, ingénieur, officier d’artillerie, résistant du mouvement Combat, responsable national de sa propagande et de son appareil clandestin d’impression, Compagnon de la Libération à titre posthume. Ses principaux pseudonymes sont Lefranc, Carton, Vélin et Alpha.
Jeunesse et formation
André BOLLIER naît dans une famille de commerçants. D’origine suisse par sa famille, il acquiert la double nationalité franco-suisse dans son enfance ; l’inventaire archivistique de l’Ordre de la Libération conserve notamment la copie d’un certificat de naturalisation daté de 1926. Il grandit principalement à Saint-Maur-des-Fossés, puis poursuit ses études secondaires à Paris.
Élève particulièrement brillant, il se présente en 1938 aux concours des grandes écoles. Il est reçu deuxième à l’École normale supérieure et sixième à l’École polytechnique. Il choisit l’École polytechnique, qu’il intègre à dix-huit ans. Il en sortira quatrième de sa promotion.
Cette formation scientifique et technique jouera plus tard un rôle essentiel dans son activité résistante : BOLLIER ne se contente pas de diffuser des journaux clandestins, mais conçoit et organise matériellement de véritables ateliers d’impression capables d’atteindre une production industrielle tout en demeurant clandestins.
Carrière militaire et campagne de France
Mobilisé en septembre 1939 comme sous-lieutenant d’artillerie, André BOLLIER est envoyé à l’École d’application de l’artillerie de Fontainebleau. À sa sortie, en février 1940, il est affecté au 68e régiment d’artillerie divisionnaire, relevant de la 70e division d’infanterie et stationné en Alsace.
Le 21 juin 1940, alors qu’il effectue à motocyclette une mission de liaison auprès d’éléments avancés d’infanterie, il se retrouve encerclé par des soldats allemands. Il ouvre le feu mais est grièvement blessé. Un médecin allemand lui sauve la vie. Considéré comme grand blessé, il est libéré en novembre 1940.
Il rejoint alors la région lyonnaise et reprend sa seconde année à l’École polytechnique. Il achève ainsi sa formation tout en s’engageant progressivement dans la Résistance.
Engagement dans la Résistance
Dès le printemps 1941, André BOLLIER participe à la diffusion du journal clandestin Les Petites Ailes, publication liée aux premiers groupes qui donneront naissance au mouvement Combat. Son camarade de promotion polytechnicien Jean-Guy BERNARD joue un rôle dans son rapprochement avec les milieux clandestins.
Après ses études, il refuse de s’engager au service d’un État français dont il rejette les principes politiques. Il travaille comme ingénieur au service des études et recherches des Câbles de Lyon, activité professionnelle qui lui permet pendant un temps de conserver une couverture légale.
Sous le pseudonyme de Lefranc, il prend une place croissante dans l’organisation de la propagande du mouvement Combat, fondé et dirigé par Henri FRENAY. Son activité porte sur la fabrication des journaux clandestins, leur transport, leur diffusion et la production de faux papiers.
En juin 1941, Henri FRENAY lui confie des responsabilités directes dans l’organisation et la diffusion de Combat. Il devient rapidement l’un des principaux techniciens et organisateurs de la presse clandestine en zone sud.
Appartenance à un réseau ou mouvement
André BOLLIER appartient principalement au mouvement Combat. À partir de janvier 1943, après son passage complet dans la clandestinité, il devient chef national de la Propagande de Combat, particulièrement chargé de la fabrication et de la distribution du journal clandestin.
Son activité dépasse toutefois le seul mouvement Combat. L’appareil technique qu’il met progressivement en place produit également des journaux et tracts pour d’autres organisations de Résistance, parmi lesquelles Franc-Tireur, Défense de la France et La Voix du Nord.
Missions et actions
L’une de ses premières opérations majeures est liée à Berty ALBRECHT, cofondatrice de Combat. Après son arrestation et son internement, celle-ci simule des troubles psychiatriques et est transférée à l’hôpital psychiatrique de Bron. À la demande d’Henri FRENAY, André BOLLIER dirige le commando qui organise son évasion le 23 décembre 1942, avec notamment l’aide de Mireille ALBRECHT et du médecin traitant de sa mère.
À la suite de cette opération, André BOLLIER est arrêté par des gendarmes, mais réussit très rapidement à s’échapper. Désormais trop exposé pour continuer une existence légale, il abandonne son emploi et entre complètement dans la clandestinité. Il utilise alors successivement les pseudonymes Carton puis Vélin.
En janvier 1943, devenu responsable national de la propagande de Combat, il entreprend de donner au mouvement des moyens d’impression indépendants. Avec les fonds de Combat, il achète une machine qu’il fait installer dans une maison isolée située à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon. L’imprimeur MARTINET y produit le journal à partir de février 1943. L’atelier est découvert et détruit par la Gestapo en mai 1943.
BOLLIER ne renonce pas. Durant l’été 1943, il constitue un nouvel atelier avec une équipe comprenant notamment Marie GUÉZENNEC, Simone RIOTORD et Désiré CHATAIN. Une importante machine d’imprimerie est démontée à Grenoble, transportée clandestinement puis remontée pièce par pièce dans un local lyonnais de la rue Viala.
Pour dissimuler l’activité réelle du local, l’entreprise fictive prend le nom de « Bureau de recherches géodésiques et géophysiques ». La maîtrise technique de BOLLIER lui permet de transformer cet atelier en une véritable imprimerie clandestine professionnelle.
Au début de 1944, cette organisation produit plus d’un million et demi de journaux et de tracts par mois. L’imprimerie fournit Combat mais aussi plusieurs autres mouvements et publications des zones sud et nord. Cette production considérable fait d’André BOLLIER l’une des figures majeures de la presse clandestine résistante.
Arrestation, détention, torture et évasion
Le 8 mars 1944, André BOLLIER est arrêté par la Gestapo à Lyon. Il est incarcéré au fort Montluc. Les policiers allemands ne parviennent cependant pas à établir sa véritable identité ni l’importance exacte de son rôle dans l’appareil clandestin de Combat.
Il est interrogé et torturé à plusieurs reprises. La Fondation de la Résistance précise qu’il est conduit périodiquement à l’École de santé militaire de Lyon, où il subit notamment les interrogatoires de Klaus BARBIE.
Comprenant que sa situation devient critique, il feint de vouloir collaborer afin d’obtenir une occasion de s’évader. Le 2 mai 1944, conduit à l’École de santé militaire, il profite d’une faille dans la surveillance et parvient à s’échapper, selon le récit détaillé de la Fondation de la Résistance en passant par un vasistas.
Malgré les séquelles physiques de sa détention et des tortures, il reprend immédiatement ses responsabilités clandestines.
Combat et mort rue Viala
Le 17 juin 1944, l’imprimerie clandestine de la rue Viala est découverte et encerclée. La Gestapo et la Milice mobilisent des forces considérables ; l’Ordre de la Libération évoque environ 150 miliciens et agents ennemis autour de l’atelier.
André BOLLIER refuse de se rendre. Avec les résistants présents dans l’atelier, il engage le combat. Paul JAILLET et Francisque VACHER figurent parmi les hommes tués ce jour-là. BOLLIER réussit à sortir de l’imprimerie avec Marie GUÉZENNEC, mais tous deux sont atteints par les tirs.
Blessé et sachant ce qui l’attend s’il tombe de nouveau vivant entre les mains de la Gestapo, André BOLLIER se tire une balle dans le cœur. Il meurt à vingt-quatre ans. Marie GUÉZENNEC, grièvement blessée, survit.
Il est d’abord enseveli sous son identité clandestine au cimetière de la Guillotière. Sa dépouille est ensuite transférée à la nécropole nationale de la Doua à Villeurbanne, où il repose définitivement.
Camarades de combat
Henri FRENAY — fondateur de Combat, qui confie à BOLLIER la responsabilité de l’organisation et de la diffusion du journal clandestin et lui demande notamment d’organiser l’évasion de Berty ALBRECHT.
Berty ALBRECHT — cofondatrice de Combat ; André BOLLIER dirige le commando chargé de son évasion de l’hôpital de Bron le 23 décembre 1942.
Jean-Guy BERNARD — camarade de Polytechnique et membre important de Combat, lié aux débuts de l’engagement de BOLLIER dans la Résistance.
Marie GUÉZENNEC — membre de l’équipe de l’imprimerie clandestine ; elle se trouve avec BOLLIER lors de l’attaque du 17 juin 1944 et survit malgré ses blessures.
Simone RIOTORD et Désiré CHATAIN — membres de l’équipe qui participe à l’installation et au fonctionnement de l’imprimerie clandestine de la rue Viala.
Paul JAILLET et Francisque VACHER — membres du groupe de la rue Viala, tués le 17 juin 1944 lors de l’attaque de l’imprimerie.
Retour à la vie civile
André BOLLIER étant mort le 17 juin 1944, il ne connaît pas de retour à la vie civile.
Il était marié à Noëlle BOLLIER. La biographie familiale publiée par leur fils rappelle que son épouse partagea les risques de sa vie clandestine avant de devoir se mettre à l’abri. André BOLLIER laisse deux enfants ; son fils Vianney BOLLIER, né le 11 novembre 1944, naît plusieurs mois après la mort de son père.
Vianney BOLLIER consacrera ultérieurement un important travail historique et mémoriel à son père, aboutissant en 2023 à la publication de la biographie André Bollier « Vélin ». Artisan héroïque des journaux clandestins (1920-1944).
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — à titre posthume. Les actes du colloque publié par l’Ordre de la Libération indiquent une attribution le 7 mai 1946.
Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — à titre posthume — décret du 20 janvier 1946. Le dossier d’archives de l’Ordre de la Libération porte la cote 1 A 114 et conserve le mémoire de proposition ainsi que le décret.
Croix de guerre 1939-1945 avec étoile d’argent — confirmée par la notice de l’Ordre de la Libération. Les actes du colloque consacré à BOLLIER précisent que le groupe de la rue Viala reçut une Croix de guerre avec étoile d’argent par décret du 31 août 1945.
Croix de guerre 1939-1945 avec palme — les actes du colloque de l’Ordre de la Libération signalent également une Croix de guerre avec palme attribuée individuellement à André BOLLIER, distincte de la récompense collective du groupe de la rue Viala.
Croix de guerre liée à sa blessure de juin 1940 — les sources polytechniciennes et les actes du colloque indiquent qu’une première Croix de guerre lui fut attribuée pour sa conduite pendant la campagne de France. La Fondation de la Résistance indique au total trois citations.
Médaille de la Résistance française avec rosette — à titre posthume — décret du 3 août 1946 ; une source secondaire indique une publication au Journal officiel du 13 octobre 1946. L’attribution avec rosette est confirmée par l’Ordre de la Libération.
Mort pour la France — mention officielle signalée dans les actes du colloque consacré à André BOLLIER. Ses services résistants ont en outre été régularisés avec le grade de commandant.
Lieux de mémoire
André BOLLIER repose à la nécropole nationale de la Doua, à Villeurbanne. Les sources secondaires spécialisées situent sa tombe au carré A, rang 11, tombe n° 8.
Une rue André-Bollier existe à Lyon. Une autre rue porte son nom à Saint-Maur-des-Fossés, ville où il a passé une partie de sa jeunesse.
À Saint-Maur-des-Fossés, un bâtiment du lycée d’Arsonval porte également son nom ; cet hommage trouve son origine dans la décision prise après la guerre de donner son nom à un bâtiment de son ancien établissement scolaire.
Une plaque commémorative située 35 rue Viala à Lyon, sur le lieu de l’imprimerie clandestine et de son dernier combat, rappelle le sacrifice d’André BOLLIER ainsi que celui de Paul JAILLET et Francisque VACHER. Une cérémonie mémorielle y est régulièrement organisée autour du 17 juin.
Références bibliographiques
André Bollier « Vélin ». Artisan héroïque des journaux clandestins (1920-1944) — Vianney BOLLIER — Paris, Éditions du Félin, collection « Résistance – Liberté – Mémoire », 2023, 224 p. Biographie de référence consacrée spécifiquement à André BOLLIER, rédigée par son fils à partir d’archives familiales, de témoignages et de dossiers historiques. Elle renouvelle sensiblement la connaissance de son parcours personnel, de sa vie familiale et surtout de son rôle dans l’organisation de la presse clandestine.
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000. Ouvrage général de référence sur les Compagnons de la Libération permettant de replacer André BOLLIER parmi les résistants issus des grandes écoles et les responsables de la presse clandestine.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, éditions successives 2010 et 2023. Ouvrage biographique de référence sur les Compagnons, utile pour la vérification de l’état civil, des pseudonymes, de l’engagement et des distinctions d’André BOLLIER.
La Presse clandestine dans la Résistance française — travaux collectifs consacrés à la presse clandestine et aux mouvements de Résistance. Ces études permettent de replacer l’organisation technique mise en place par BOLLIER dans l’histoire plus générale de la production et de la diffusion des journaux clandestins.
Actes du colloque consacré à André BOLLIER et aux résistants lyonnais — Ordre de la Libération / partenaires mémoriels — publication disponible sur le site de l’Ordre de la Libération. Cette publication apporte des précisions particulièrement utiles sur les décorations, le groupe de la rue Viala, les distinctions collectives et les hommages posthumes.
Références internet
Ordre de la Libération — André BOLLIER. Notice institutionnelle principale : état civil, formation, campagne de 1940, engagement dans Combat, imprimeries clandestines, arrestation, évasion, mort et décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-bollier
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Instrument archivistique indiquant le dossier 1 A 114 et la cote SHD GR 16 P 69059, avec description des principales pièces conservées.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Fondation de la Résistance — André BOLLIER. Portrait historique particulièrement détaillé sur l’entrée dans la clandestinité, l’organisation de l’imprimerie, l’arrestation, les tortures, l’évasion du 2 mai 1944 et la mort rue Viala.
https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/andre-bollier/
Éditions du Félin — André Bollier « Vélin ». Présentation de la biographie publiée par Vianney BOLLIER en 2023, avec résumé, données éditoriales et présentation du rôle du résistant dans la presse clandestine.
https://editionsdufelin.com/livre/andre-bollier-velin
La Jaune et la Rouge — André Bollier (X 1938), dit « Vélin ». Article consacré au polytechnicien résistant, comportant notamment des précisions sur le groupe de la rue Viala, les décorations et la mémoire de BOLLIER.
https://www.lajauneetlarouge.com/andre-bollier-38-dit-velin/
La Jaune et la Rouge — André Bollier « Vélin », artisan héroïque des journaux clandestins. Présentation et compte rendu de la biographie de Vianney BOLLIER.
https://www.lajauneetlarouge.com/andre-bollier-velin-artisan-heroique-des-journaux-clandestins-1920-1944/
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mars 2023. Présentation de la parution de l’ouvrage de Vianney BOLLIER et rappel du rôle d’André BOLLIER dans l’organisation de l’imprimerie clandestine.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mars-2023
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2024. Mention du Prix AFCL attribué en 2024 à Vianney BOLLIER pour sa biographie d’André BOLLIER.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2024
Mémoire Vive de la Résistance — BOLLIER André William. Notice individuelle consultée dans le cadre de la comparaison documentaire ; elle contient plusieurs informations correctes mais également des erreurs chronologiques concernant notamment l’arrestation et l’évasion.
https://mvr.asso.fr/bollier/
Mémoire Vive de la Résistance — BOLLIER André. Seconde notice individuelle présentant plusieurs erreurs importantes d’état civil, de formation et de parcours ; elle justifie la révision de la fiche.
https://mvr.asso.fr/bollier-3/
Wikipédia — André Bollier. Notice secondaire utilisée uniquement pour recoupement et pour certains lieux de mémoire, les informations essentielles ayant été vérifiées dans des sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Bollier
Dossier d’homologation consulté
SHD GR 16 P 69059 — BOLLIER André. La cote est expressément mentionnée dans l’inventaire des archives de l’Ordre de la Libération. Celui-ci signale notamment une copie d’un certificat d’appartenance aux FFI daté de 1943, une proposition d’homologation de grade d’officier FFI du 18 juin 1944 ainsi que diverses attestations d’activité. Le contenu intégral du dossier SHD n’a pas été directement consulté en ligne ; la cote et la nature de plusieurs pièces sont cependant établies par l’inventaire institutionnel.
Ordre de la Libération — dossier 1 A 114. Le dossier personnel d’André BOLLIER comprend notamment le mémoire de proposition pour la Croix de la Libération, le décret du 20 janvier 1946, sa carte de Compagnon, des pièces d’état civil, un certificat de naturalisation et des copies de documents provenant du dossier SHD GR 16 P 69059.
Observations
L’identification d’André BOLLIER ne présente pas de difficulté majeure dans les sources institutionnelles : naissance le 30 mai 1920, formation à l’École polytechnique, participation à la campagne de France, engagement dans Combat, organisation de la presse clandestine, arrestation le 8 mars 1944, évasion le 2 mai 1944 et mort rue Viala le 17 juin 1944 sont solidement documentés.
En revanche, la coexistence de plusieurs notices MVR consacrées au même résistant a produit d’importantes contradictions. Les sources institutionnelles et la biographie récente de Vianney BOLLIER permettent de les résoudre sans ambiguïté sur les points essentiels.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la formation à l’École polytechnique, le service militaire, la blessure de juin 1940, l’appartenance au mouvement Combat, la direction de la propagande et des imprimeries clandestines, l’évasion de Berty ALBRECHT, l’arrestation du 8 mars 1944, l’évasion du 2 mai 1944, le combat et la mort du 17 juin 1944, la Croix de la Libération et la cote SHD GR 16 P 69059 sont établis par des sources institutionnelles et historiographiques concordantes, notamment l’Ordre de la Libération, la Fondation de la Résistance et les archives décrites dans le dossier 1 A 114.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 30 mai 1920 | Naissance à Paris, 16e arrondissement. |
| 1926-1927 | Acquisition de la nationalité française en complément de la nationalité suisse ; les sources diffèrent légèrement sur l’année exacte de la formalité. |
| 1938 | Reçu deuxième à l’École normale supérieure et sixième à l’École polytechnique ; choisit Polytechnique. |
| Septembre 1939 | Mobilisé comme sous-lieutenant d’artillerie. |
| Février 1940 | Affecté au 68e régiment d’artillerie divisionnaire. |
| 21 juin 1940 | Grièvement blessé pendant une mission de liaison en Alsace. |
| Novembre 1940 | Libéré comme grand blessé ; reprend ses études. |
| Printemps 1941 | Entre dans la Résistance et participe à la diffusion des Petites Ailes. |
| Juin 1941 | Henri FRENAY lui confie des responsabilités dans l’organisation et la diffusion de Combat. |
| 1941-1942 | Ingénieur aux Câbles de Lyon tout en développant ses activités clandestines. |
| 23 décembre 1942 | Dirige l’opération d’évasion de Berty ALBRECHT à Bron. |
| Fin 1942 | Arrêté par des gendarmes puis s’évade ; entre définitivement dans la clandestinité. |
| Janvier 1943 | Devient chef national de la Propagande de Combat. |
| Février 1943 | Mise en service d’une première imprimerie clandestine au nord de Lyon. |
| Mai 1943 | Cette imprimerie est repérée et détruite par la Gestapo. |
| Été 1943 | Installation de la nouvelle imprimerie clandestine rue Viala à Lyon. |
| Début 1944 | Production de plus d’un million et demi de journaux et tracts par mois. |
| 8 mars 1944 | Arrestation par la Gestapo à Lyon ; internement à Montluc et tortures. |
| 2 mai 1944 | Évasion depuis l’École de santé militaire de Lyon. |
| 17 juin 1944 | Attaque de l’imprimerie de la rue Viala ; André BOLLIER meurt après avoir été blessé. |
| 31 août 1945 | Attribution d’une Croix de guerre avec étoile d’argent au groupe de la rue Viala. |
| 20 janvier 1946 | André BOLLIER est fait Compagnon de la Libération à titre posthume. |
| 7 mai 1946 | Attribution posthume de la Légion d’honneur selon les actes du colloque de l’Ordre. |
| 3 août 1946 | Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume. |
| Après-guerre | Transfert de sa dépouille à la nécropole nationale de la Doua à Villeurbanne. |
Tableau des divergences entre sources
| Point concerné | Version(s) divergente(s) | Source institutionnelle ou historiographique retenue | Conclusion |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | Une notice MVR indique 30 mai 1912. | Ordre de la Libération : 30 mai 1920. | 30 mai 1920 retenu. |
| Formation | Une page MVR évoque les Arts et Métiers puis l’École supérieure d’électricité. | Ordre de la Libération : reçu ENS et École polytechnique en 1938, choisit Polytechnique. | École polytechnique retenue. |
| Arrestation de 1944 | Pages MVR : 25 février, 1er mai ou autres variantes. | Ordre de la Libération et Fondation de la Résistance : 8 mars 1944. | 8 mars 1944 retenu. |
| Évasion | Une notice MVR parle d’une évasion de Montluc le 2 avril ; une autre d’un saut depuis un véhicule. | Ordre de la Libération et Fondation de la Résistance : évasion le 2 mai 1944 depuis l’École de santé militaire de Lyon. | Version institutionnelle retenue. |
| Mort | Une page MVR affirme qu’il aurait été exécuté au fort de Côte-Lorette à Saint-Genis-Laval. | Ordre de la Libération, Fondation de la Résistance et sources polytechniciennes : mort rue Viala à Lyon le 17 juin 1944 après le combat de l’imprimerie. | Lyon, rue Viala, 17 juin 1944 retenu. |
| Nationalité | La notice de l’Ordre indique l’acquisition de la double nationalité en 1927, tandis que l’inventaire conserve un certificat de naturalisation daté de 1926. | Les deux documents peuvent correspondre à la procédure puis à sa prise d’effet. | La double nationalité pendant l’enfance est certaine ; l’année exacte doit être présentée avec prudence. |
| Croix de guerre | Notice de l’Ordre : Croix de guerre avec étoile d’argent ; Fondation de la Résistance : trois citations ; actes du colloque : récompense collective avec étoile d’argent, Croix de guerre personnelle avec palme et distinction liée à 1940. | Les différentes mentions semblent correspondre à plusieurs citations ou attributions distinctes. | Conserver les distinctions séparées et éviter de les réduire à une seule attribution. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — André BOLLIER.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-bollier
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Fondation de la Résistance — André BOLLIER.
https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/andre-bollier/
Éditions du Félin — André Bollier « Vélin ».
https://editionsdufelin.com/livre/andre-bollier-velin
La Jaune et la Rouge — André Bollier (38), dit « Vélin ».
https://www.lajauneetlarouge.com/andre-bollier-38-dit-velin/
La Jaune et la Rouge — André Bollier « Vélin ». Artisan héroïque des journaux clandestins.
https://www.lajauneetlarouge.com/andre-bollier-velin-artisan-heroique-des-journaux-clandestins-1920-1944/
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mars 2023.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mars-2023
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2024.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2024
Mémoire Vive de la Résistance — BOLLIER André William.
https://mvr.asso.fr/bollier/
Mémoire Vive de la Résistance — BOLLIER André.
https://mvr.asso.fr/bollier-3/
Wikipédia — André Bollier.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Bollier