À partir de la fin 1943, le maquis de l’Ain et du Haut-Jura, commandé par Henri Romans‑Petit avec la création d’une école des cadres à Montgriffon, organise des actions coordonnées contre l’infrastructure ferroviaire allemande. En lien avec le plan Vert, planifié par les Alliés, la Résistance intensifie les sabotages dès début 1944.
Actions principales :
- 28 mai 1944 – Dépôt de Bellegarde : sabotage de 12 locomotives, plaque tournante et aiguillage
- 2 juin 1944 – Bourg‑en‑Bresse : sabotage d’au moins 15 locomotives et d’une plaque tournante
- 6–7 juin 1944 – Ambérieu‑en‑Bugey : le plus spectaculaire, sabotant 52 locomotives, trois rotondes, une plaque tournante et des machines‑outils; blessé léger, 3 Allemands tués, nombreux blessés
Ces actions étaient souvent coordonnées entre maquisards, cheminots complices, enfants de troupe (École d’Autun) et pilotes du plan Vert
2. Enjeux stratégiques et conséquences
- Paralysie logistique allemande : l’Ain étant un carrefour ferroviaire crucial vers l’Italie, Lyon, Strasbourg, etc., ces sabotages ralentissent sérieusement la mobilité des troupes et ravitaillements nazis
- Synergie avec le débarquement allié : les attaques de début juin ciblent précisément la redéploiement allemand après le D‑Day .
- Riposte allemande violente : campagnes d’opérations (Frühling, Caporal), arrestations, déportations, représailles contre civils, destruction de villages (Dortan, Ugna…)
3. Acteurs et pertes
- Dirigeants : Henri Romans‑Petit, Noël Perrotot, Henri Girousse, cadres formés dès 1943
- Participants : maquisards FTP, AS, Groupes Francs, cheminots résistants, cadets de l’École militaire d’Autun
- Victimes : au dépôt d’Ambérieu – un maquisard blessé, 3 Allemands tués et plusieurs blessés Côté civil, rafles massives et répression sévère .
4. Lieux de mémoire
- Ambérieu‑en‑Bugey :
- Stèle aux 52 locomotives sabotées, inaugurée lors de commémorations régulières impliquant anciens combattants, élèves d’Autun, cheminots et élus.
- Bellegarde‑sur‑Valserine :
- Plaque commémorative évoquant le sabotage du 28 mai 1944.
- Musée départemental de la Résistance et Déportation de l’Ain et du Haut‑Jura (Nantua) :
- Expositions traitant de la Bataille du rail et présentant documents originaux.
- Villages martyrs :
- Dortan, Ugna, Lavancia… marqués par stèles et plaques en mémoire des civils victimes de la répression.
5. Références bibliographiques
- Maquis de l’Ain et du Haut‑Jura, Henri Romans‑Petit, [Éditeur non précisé]. Récit de première main : création des camps, formation des cadres, plan Vert, sabotages ferroviaires et libération du département.
- La bataille du rail dans l’Ain, Pierre Marcault, Editions Cantarini. Étude détaillée des sabotages, rôle des cheminots et impact sur l’occupation.
- Henri Romans‑Petit, un chef de maquis, Jean Vaudan, Éditions du CNRS. Biographie militaire retraçant les opérations, la structure du maquis et la stratégie.
- Les combats de l’Ain 1943‑1944, Gérard Morel, Éditions des Hautes‑Montagnes. Contexte régional, sabotages, répression et mémoire.
- Les villages martyrs de l’Ain, collectif sous la direction de Jacques Gindrey, Presses universitaires – mémoire locale des destructions—villages et civils en répression.
6. Références internet
- Maquis de l’Ain et du Haut‑Jura (site officiel)
détaillé et riche en archives, raconte les sabotages, plan Vert et mémoire du maquis ain.fr+4maquisdelain.org+4fr.wikipedia.org+4fr.wikipedia.org. - Mémoire‑Déportation Ain
présentation du rôle actif des cadets de l’École d’Autun lors du sabotage du dépôt d’Ambérieu ain.fr+11memoire-deportation-ain.fr+11leprogres.fr+11. - Le Progrès (articles)
plusieurs articles relatent notamment les sabotages de juin 1944 à Ambérieu avec détails historiques et couvertures photos leprogres.fr+2leprogres.fr+2leprogres.fr+2maquisdelain.org+1ain.fr+1. - Préfecture de l’Ain (Twitter / communiqué)
mention du sabotage des 52 locomotives comme geste fort de Résistance chroniquesdebresse.fr+10x.com+10leprogres.fr+10.