Le sabotage du convoi de munitions à Laluque (Landes) le 27 juillet 1944, mené par Henri Ferrand avec les FFI du réseau de Pontonx, est l’un des actes de Résistance les plus marquants de l’été 1944.
Contexte
Dès 1942, les Allemands implantent un immense dépôt de munitions à Taller, relié à Laluque, destiné à alimenter leurs lignes en Normandie et Bretagne .
L’homme-clef : Henri Ferrand
Instituteur de 24 ans, refusé au STO, il travaille sur les voies à Laluque, tout en étant résistant depuis octobre 1943, sous l’égide de Robert Labeyrie et Léonce Dussarrat .
Constitution du train
Entre le 24 et 27 juillet, un train de 69 wagons est mis en place à Laluque, chargé de munitions et armes pour Rennes. Ferrand attend l’ordre : le train doit atteindre 70 wagons
- Sabotage en action
- Le 27 juillet, vers 18h, Ferrand installe deux charges de plastic dans deux wagons (via les petits tôles latérales), puis se mêle aux voyageurs pour s’échapper. Les explosions débutent à 19h35 et durent jusqu’à 1h du matin, détruisant 21 wagons et en incendiant 50. Aucun mort humain, quelques poules brûlées.
- Conséquences militaires
- Ce sabotage prive l’armée allemande d’un approvisionnement décisif, affaiblissant fortement son artillerie à Rennes et dans le Cotentin, facilitant la percée d’Avranches (prise le 30 juillet). Le général Patton écrit :
« La destruction du train de Laluque a provoqué… l’asphyxie de l’artillerie allemande… » et Churchill le qualifiera d’« un des sabotages les plus spectaculaires de l’été 44 »
- Après le sabotage
Ferrand retourne la nuit sur les lieux, aide au secours, participe ensuite à la réparation des voies, puis à plusieurs autres sabotages en août (y compris à Taller). Il rejoint ensuite le 34e RI et participe aux combats de libération (St-Paul-lès‑Dax, Castets, Pointe de Grave)
Lieux de mémoire à Laluque
- Plaque commémorative en gare de Laluque
Rappelle l’exploit du 27 juillet 1944, inaugurée en 2008. - Place du « 27‑Juillet‑1944 »
Odonyme local dédiée à l’événement - École Henri‑Ferrand
À Laluque, école primaire portant son nom avec plaque sur façade - Mémorial de la Résistance à Téthieu
Sculpture de Alain Huth représentant le déraillement du train. Inauguré en 2008, situé au pied de l’église, gravant 350 noms de résistants landais, dont Ferrand est central
Références bibliographiques
- La Résistance dans les Landes, 1940‑1945 : visages et témoins de résistants, par Gilbert Dupau, Éditions Gascogne, 2008.Ce livre offre des études détaillées de résistants landais, dont Henri Ferrand, avec témoignages sur le sabotage de Laluque et son impact régional
- Le Train dans les Landes de Gascogne : Le sabotage de Laluque le 27 juillet 1944, par Jean‑Pierre Mabille, Mémoire en Marensin n°20.Bulletin local présentant l’opération, les acteurs, les conséquences tactiques et stratégiques, enrichi de témoignages d’H. Ferrand
Références Internet
- Centre Pédagogique de la Résistance et de la Déportation (Landes) – Article « Il y a 80 ans : l’explosion du train de Laluque ».Récit détaillé du sabotage, témoignages, photos originales, portée militaire et sociale cprd-landes.org+5fr.wikipedia.org+5fr.wikipedia.org+5.
- Wikipédia – Sabotage du train de munitions de Laluque Encyclopédie en ligne : chronologie complète, contexte opérationnel, biographie de Ferrand, impact sur la Libération fr.wikipedia.org+4fr.wikipedia.org+4fr.wikipedia.org+4.
- Landes en vrac (blog) – « Le sabotage de Laluque en 1944 ».
Récit détaillé, extrait de témoignage direct de Ferrand :«[…], je suis allé au WC de la gare de Laluque et j’ai préparé mes explosifs…» fr.wikipedia.org+3landesenvrac.blogspot.com+3blogs.mediapart.fr+3. - Archives départementales des Landes – Documents (rapports policiers, dossier d’histoire locale). Rapports d’enquête, plan de gare, estimation des dégâts .