Après la percée fulgurante de janvier, l’Armée rouge ralentit provisoirement pour consolider ses lignes, stabiliser la logistique et nettoyer les poches de résistance.
L’objectif est double : prendre Berlin dès que possible tout en liquidant les derniers bastions allemands à l’Est et au Sud-Est (Budapest, Poznań, Königsberg, Breslau).
Situation territoriale
- Budapest tombe le 13 février, après 50 jours de siège.
- L’Armée rouge atteint l’Oder sur presque toute sa longueur, à 60–70 km de Berlin.
- En Silésie, la bataille pour Breslau débute : la ville est encerclée le 15 février.
- En Prusse orientale, Königsberg est partiellement isolée.
- En Poméranie, les forces allemandes tentent de contre-attaquer pour dégager Berlin : échec sanglant.
Opérations majeures
1. Fin du Siège de Budapest (13 février)
- Capitulation allemande et hongroise dans la ville.
- Plus de 80 000 soldats ennemis capturés ou tués.
- La ville est en ruines, plus de 40 000 civils morts, famine et chaos total.
2. Offensive de Haute-Silésie et siège de Breslau (15 février – mai)
- Encerclement de Breslau, déclarée « forteresse » par Hitler.
- Combats intenses dans les banlieues et infrastructures industrielles.
- Objectif : prise de la dernière grande zone industrielle du Reich.
3. Bataille de Poméranie orientale (préliminaires)
- Les Soviétiques repoussent une contre-attaque allemande vers Stargard et Küstrin.
- Nettoyage des flancs en vue de l’assaut sur Berlin prévu en avril.
4. Prusse orientale (suite)
- Combat autour de Pillau, Elbing, Heiligenbeil.
- La ville de Königsberg reste encerclée mais résiste.
Pertes et forces en présence
- URSS :
- Pertes en février : environ 200 000 hommes (tués, blessés).
- Effectifs déployés à l’Ouest de l’Oder : 2,5 à 3 millions d’hommes.
- Allemagne :
- Pertes : 300 000 hommes environ (tous fronts orientaux).
- Les forces allemandes sont sur-étendues, épuisées, démoralisées.
- Les pertes civiles deviennent massives dans les fuites de Prusse orientale (exode par mer).
État du terrain
- Hiver rude, gel maintenu : favorable aux blindés et aux franchissements.
- Destruction systématique des infrastructures par les Allemands en retraite.
- Crises logistiques sévères pour les Allemands (manque de carburant, munitions, communications).
Points d’accrochage et batailles
- Budapest : combats rue par rue jusqu’au château royal.
- Breslau : la ville est fortifiée et encerclée — résistance féroce.
- Poznań : combats de rue intenses dans la citadelle allemande (prise le 23 février).
- Königsberg : encerclement de la ville ; contre-attaques allemandes échouent.
Résistances rencontrées
- Défense acharnée dans Breslau, Königsberg, Poznań.
- Hitler refuse toute retraite, condamnant des dizaines de milliers de soldats à l’encerclement.
- Les divisions SS défendent avec acharnement les zones urbaines désignées « forteresses ».
Succès soviétiques
- Destruction de la 9e armée SS et des restes hongrois à Budapest.
- Élimination progressive des poches ennemies à l’Est.
- Prise de Poznań et encerclement de Breslau, privant le Reich de ressources industrielles.
- Stabilisation du front sur l’Oder, prélude au saut final vers Berlin.
Échecs soviétiques ou ralentissements
- Königsberg, Breslau et la poche de Courlande tiennent toujours.
- Résistance allemande dans certaines zones coûte cher en pertes humaines.
- L’assaut sur Berlin est repoussé à avril, pour regrouper les troupes et nettoyer les flancs.
Décisions stratégiques
URSS :
- Ordre de finaliser la prise des dernières forteresses de l’Est avant Berlin.
- Lancement planifié de l’offensive de Poméranie pour dégager les arrières.
- Coordination avec les Alliés sur la progression simultanée (Elbe).
Allemagne :
- Hitler s’entête à défendre des villes entières sans intérêt stratégique (Budapest, Breslau).
- Mobilisation de jeunes recrues, Volkssturm, unités de fortune.
- Tentative de préparer la défense de Berlin, désormais priorité ultime.
Perspectives
Février 1945 est le mois de l’étranglement final du Reich à l’Est.
Les grandes villes forteresses sont encerclées.
L’Armée rouge est massée sur l’Oder, à quelques heures de route de Berlin.
Le dernier acte approche. Il reste au IIIe Reich moins de 90 jours.