L’Armée rouge a atteint l’Oder depuis février.
Avant de lancer l’assaut final sur Berlin, elle mène des opérations cruciales pour dégager ses arrières, anéantir les dernières poches allemandes, et sécuriser la Poméranie, la Silésie et la Hongrie occidentale.
L’Allemagne tente dans un ultime acte de désespoir une offensive autour du lac Balaton, dans l’espoir d’arrêter les Soviétiques.
Situation territoriale
- Pologne : totalement libérée.
- Budapest : occupée depuis mi-février.
- Silésie : la majorité est sous contrôle soviétique.
- Prusse orientale : Königsberg est encerclée.
- Poméranie : encore partiellement aux mains des Allemands.
- Hongrie occidentale : dernier secteur en cours de libération.
L’Armée rouge est en position sur l’Oder, face à Berlin, prête à frapper.
Opérations majeures
1. Offensive de Poméranie orientale (1er – 30 mars)
- Objectif : dégager l’arrière du 1er Front de Biélorussie en vue de la bataille de Berlin.
- Villes prises :
- Köslin, Kolberg, Gdynia, Dantzig (Gdańsk).
- Fin de la résistance organisée entre la Vistule et l’Oder.
- Élimination des dernières forces allemandes dans le couloir de la Baltique.
2. Opération Frühlingserwachen (« Éveil du printemps ») – offensive allemande du lac Balaton (6–15 mars)
- Dernière offensive stratégique de la Wehrmacht.
- Objectif : repousser l’Armée rouge pour sécuriser les champs pétrolifères hongrois.
- Échec total : contre-attaque soviétique dès le 16 mars.
- Les Allemands reculent jusqu’à Vienne.
3. Offensive en Slovaquie et en Autriche
- Prise de Bratislava (30 mars).
- Approche de Vienne, combats en banlieue sud dès fin mars.
- Passage de la frontière autrichienne.
Pertes et forces en présence
- URSS :
- Pertes estimées pour mars : 200 000 hommes (tous fronts).
- L’ensemble des Fronts de Biélorussie et Ukrainiens est désormais concentré pour le choc final.
- Allemagne :
- Pertes : 300 000 hommes (tués, blessés, capturés).
- L’armée hongroise est quasiment anéantie, les SS mènent la défense dans la région du lac Balaton.
- Des milliers de civils sont déplacés ou massacrés dans les évacuations forcées.
État du terrain
- Dégel progressif : apparition de boue (raspoutitsa), ralentissement logistique.
- L’Armée rouge maîtrise les routes et l’ingénierie de franchissement (ponts mobiles, chemins de fer réparés).
- Les combats urbains ralentissent mais n’arrêtent pas la progression.
Points d’accrochage et batailles
- Kolberg : défense urbaine violente par les troupes allemandes, prise le 18 mars.
- Dantzig : prise le 30 mars après combats de rue.
- Lac Balaton : offensive blindée allemande écrasée par la supériorité soviétique.
- Approches de Vienne : combats dans les faubourgs de Schwechat.
Résistances rencontrées
- Défense tenace en Poméranie : port de Kolberg transformé en forteresse.
- Offensives désespérées autour du Balaton, avec appui de la 6e armée SS Panzer.
- Résistance fanatique des SS dans certaines villes polonaises et allemandes.
Succès soviétiques
- Nettoyage complet de la Poméranie : flanc nord sécurisé.
- Échec de la dernière offensive allemande (Balaton).
- Entrée en Autriche, prise de Bratislava.
- L’Armée rouge contrôle désormais tout le front Est jusqu’à l’Oder-Neisse.
Échecs soviétiques ou ralentissements
- La prise de Königsberg est encore repoussée (tombera en avril).
- Difficultés logistiques liées au dégel dans certaines zones.
- Résistance urbaine à Kolberg et Dantzig coûteuse en vies humaines.
Décisions stratégiques
URSS :
- Finalisation des plans pour l’assaut contre Berlin : prévu pour avril.
- Coordination entre les 1er Front de Biélorussie (Joukov), 1er Front d’Ukraine (Koniev), 2e Front de Biélorussie (Rokossovski).
- L’attaque sera lancée sur une largeur de 200 km avec plus de 2,5 millions d’hommes.
Allemagne :
- Hitler exige la défense de Vienne, Berlin, Königsberg et Breslau jusqu’au dernier homme.
- Aucune retraite autorisée, malgré les pertes.
- Des enfants-soldats et civils sont mobilisés pour tenir les dernières lignes.
Perspectives
Mars 1945 est le dernier mois de guerre avant l’effondrement total.
L’Armée rouge a terminé ses « travaux préparatoires » : Berlin, Vienne, Königsberg et Breslau sont encerclées ou à portée immédiate.
L’Allemagne est militairement, logistiquement et politiquement anéantie.
Le coup de grâce est prévu pour avril. Il sera total.