Jean Charles Marie Alexandre VINCENT fondateur et chef des groupes Vény.
né le 17 janvier 1888 à Saint-Émilion (Gironde), décès le 30 mars 1958 à Nice (Alpes-Maritimes)
Jean VINCENT est issu d’une famille notable : son père, Louis-Alexandre VINCENT, était médecin en chef de la Marine, et sa mère, Mélicie Fourcaud-Laussac, était la fille aînée de Jean Fourcaud-Laussac, propriétaire du château Cheval Blanc.
Il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion du centenaire d’Austerlitz (1904-1906). Il est le père du général Pierre VINCENT (1914-2015) et du colonel Alain VINCENT (1920-1995).
Engagement dans la Résistance
Dès août 1940, Jean VINCENT tente de regrouper d’anciens officiers et combattants républicains. En 1942, il est chargé par le groupement Froment, sur ordre du général de Gaulle, d’organiser et de commander des groupes paramilitaires à Marseille.
Sous le pseudonyme de « colonel Vény », il structure ces groupes dans plusieurs départements de la zone sud.
Les groupes Vény, sous la direction de Jean VINCENT, mènent des actions de sabotage, de renseignement et de soutien aux maquis.
Ils collaborent avec le Special Operations Executive (SOE) britannique, recevant des parachutages d’armes et d’agents.
En 1944, ces groupes participent activement à la libération de plusieurs villes du sud-ouest de la France, notamment Agen, Carmaux et Langon.
En décembre 1943, à la suite de dénonciations, plusieurs membres des groupes Vény sont arrêtés. Jean VINCENT échappe de justesse à la Gestapo, mais sa fille est arrêtée à sa place. Il se replie alors dans le Lot, d’où il continue à diriger les groupes Vény jusqu’à la Libération.
Camarades de combat
- Lieutenant-colonel Boiseaux : Ancien camarade, il collabore avec VINCENT dans l’organisation des groupes paramilitaires.
- Maître André Boyer : Avocat, il joue un rôle clé dans la structuration des groupes Vény.
- Gaston Defferre (alias Danvers) : Futur homme politique, il participe à la coordination des actions de résistance.
- Jean Verlhac : Chef d’état-major des groupes Vény.
- Henri Collignon : Responsable régional des groupes Vény pour Toulouse.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Jean VINCENT est nommé général de brigade le 5 novembre 1945.
En 1946, il adhère au Parti communiste français (PCF) et devient vice-président de l’Association des anciens volontaires de l’Espagne républicaine (AVER).
Il est écarté de cette association en 1953 pour avoir refusé d’approuver l’exclusion d’André Marty, exigée par la direction du PCF.
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur (1946)
- Compagnon de la Libération
- Croix de guerre 1914-1918
- Croix de guerre 1939-1945
- Médaille de la Résistance (1947)
- Médaille coloniale
- Médaille commémorative de la guerre d’Espagne
- Étoile de brigade Garibaldienne (Italie)
- Berikadnik Praha (Croix des Barricades, Tchécoslovaquie)
Rues ou lieux de mémoire
- À Carennac (Lot), une stèle commémore le parachutage de George HILLER et de Cyril Watney le 7 janvier 1944.
- À Magnagues, une plaque commémorative est fixée sur la maison ayant servi d’hôpital de campagne pour soigner George HILLER le 25 juillet 1944.
Références bibliographiques
- Raymond Picard et Jean Chaussade, Ombres et espérances en Quercy. Armée secrète et Groupes Vény du Lot 1940-1945, Éditions Privat, 1980.
- Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d’Action (SOE) en France 1940-1944, Tallandier, 2008.
- E. H. Cookridge, Mettez l’Europe à feu. Organisation et action du S.O.E. en Europe occidentale, Fayard
Références internet
Wikipédia – Jean Vincent (résistant)
Fiche complète et bien documentée retraçant la biographie militaire de Jean VINCENT, sa participation à la guerre d’Espagne, sa formation à Saint-Cyr, son engagement dans la Résistance et la fondation des groupes Vény. On y trouve aussi ses distinctions et son engagement politique après-guerre.Adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Vincent_(r%C3%A9sistant)
Le Maitron – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier
Notice biographique détaillée dans le cadre de son engagement politique et militaire. Le Maitron insiste sur son passage par les Brigades internationales, son opposition à l’intégration des groupes Vény aux MUR, son rôle dans le maquis et sa relation avec le Parti communiste français après la guerre.Adresse : https://maitron.fr/spip.php?article134814
Musée de la Résistance en ligne
Le site du Musée virtuel de la Résistance revient sur les grandes figures de la Résistance régionale, dont Jean VINCENT. Il éclaire ses actions dans le sud-ouest et donne un aperçu des opérations des groupes Vény, ainsi que de leur contribution aux sabotages et à la libération locale.
Adresse : https://museedelaresistanceenligne.org
Livres d’histoire sur la Résistance – Site Livraddict (ouvrage de référence)
Ce site présente l’ouvrage « Ombres et espérances en Quercy » de Raymond Picard et Jean Chaussade, où Jean VINCENT figure de manière centrale. Il y est décrit comme l’organisateur et l’âme des groupes Vény, avec un focus sur la période 1940-1945 dans le Lot.
Adresse : https://www.livraddict.com/biblio/livre/ombres-et-esperances-en-quercy-armee-secrete-et-groupes-veny-du-lot-1940-1945.html
Cahiers de la Résistance R4
Publications historiques numérisées (Revue de l’association Mémoire Vive) revenant sur la genèse des maquis en région R4. Des numéros de 1977 et 1984 évoquent directement Jean VINCENT, son organisation des maquis et ses désaccords avec les MUR.
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