Le Groupe Manouchian, officiellement connu sous le nom de Groupe Manouchian-Boczov-Rayman, était une unité de résistants étrangers, principalement communistes, opérant à Paris sous la bannière des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI). Dirigé par Missak Manouchian, ce groupe est devenu emblématique de la Résistance française
Formation et engagement dans la Résistance
Composé majoritairement d’immigrés, notamment d’Arméniens, de Juifs d’Europe de l’Est, d’Italiens et d’Espagnols, le groupe s’est formé au sein des FTP-MOI, une branche des FTP dédiée aux travailleurs immigrés. En juillet 1943, Missak Manouchian est nommé commissaire technique des FTP-MOI parisiens, puis commissaire militaire en août, succédant à Boris Holban. Sous sa direction, le groupe est structuré en plusieurs détachements, dont le Troisième détachement dirigé par Joseph Boczov, spécialisé dans les sabotages ferroviaires, et une équipe spéciale chargée des actions ciblées .
Missions et actions
Le groupe a mené de nombreuses opérations de sabotage et d’attentats contre l’occupant nazi et les collaborateurs. Parmi les actions les plus notables
- L’attentat contre le général SS Julius Ritter, responsable du Service du travail obligatoire, exécuté le 28 septembre 1943 par une équipe composée de Marcel Rajman, Leo Kneler, Spartaco Fontanot et Celestino Alfonso
- Des sabotages ferroviaires orchestrés par le détachement de Joseph Boczov, visant à perturber les transports militaires allemands
Ces actions ont été menées avec un courage remarquable, malgré les risques élevés et les moyens limités.
Arrestations et exécutions
À partir de juillet 1943, les membres du groupe sont surveillés par la Brigade spéciale 2 des Renseignements généraux français, collaborant avec la Gestapo. Une série de filatures et d’arrestations entre juillet et novembre 1943 conduit au démantèlement du groupe. Le 16 novembre 1943, Missak Manouchian est arrêté à Évry-Petit-Bourg. Au total, 68 personnes sont appréhendées, dont 23 seront jugées et condamnées à mort. Le 21 février 1944, les 23 membres du groupe sont fusillés au Mont-Valérien
Lieux de mémoire
La mémoire du Groupe Manouchian est honorée à travers divers lieux en France :
- Rue du Groupe-Manouchian dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, inaugurée en 1955.Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Fresque commémorative à l’angle des rues du Surmelin et Darcy, représentant Missak Manouchian et des extraits de sa dernière lettre .Paris Lights Up
- Square Marcel Rajman dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, en hommage à l’un des membres exécutés.Wikipédia, l’encyclopédie libre+2Paris Lights Up+2Wikipédia, l’encyclopédie libre+2
- Mémorial du Mont-Valérien à Suresnes, lieu d’exécution des membres du groupe.éduscol
- Le 21 février 2024, Missak Manouchian est panthéonisé, devenant ainsi le premier résistant étranger à recevoir cet honneur national .Wikipédia, l’encyclopédie libre+1manouchian-au-pantheon.org+1
Références bibliographiques
- Pages de gloire des 23, David Diamant,Éditions sociales, 1951.
- Anatomie de l’Affiche rouge, Annette Wieviorka,Éditions du Seuil, 2014.
- Avec le groupe Manouchian – Les immigrés dans la Résistance, Didier Daeninckx, Oskar Éditions, 2010.
- Les FTP-MOI dans la Résistance, Denis Peschanski, CNRS Éditions, 2019.
Références internet
- Wikipedia – Groupe Manouchian-Boczov-Rayman : Article détaillé sur la formation, les actions et la mémoire du groupe.https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Manouchian-Boczov-Rayman
- Paris Lights Up – Les lieux dédiés à la mémoire du Groupe Manouchian : Présentation des sites commémoratifs à Paris.
- Eduscol – Missak Manouchian entre au Panthéon : Informations sur la panthéonisation de Missak Manouchian.https://eduscol.education.fr/3736/missak-manouchian-entre-au-pantheon
