Roger WYBOT est né le 13 octobre 1912 à Paris et est décédé le 26 septembre 1997 dans la même ville.
Fils d’un inspecteur divisionnaire de la SNCF, Roger WYBOT effectue ses études au lycée Chaptal à Paris. Il intègre ensuite l’École polytechnique, d’où il sort diplômé. En 1936, il débute sa carrière militaire en tant qu’officier d’artillerie.
Engagement dans la Résistance
Pendant l’Occupation, Roger WYBOT est infiltré par la France Libre dans le service pétainiste des « menées antinationales », chargé de la lutte contre les communistes, résistants et francs-maçons. Il utilise cette position pour collecter des renseignements au profit de la Résistance.
En avril 1941, Roger WYBOT fonde le réseau de renseignements « Ronald », qui se subdivisera en plusieurs réseaux, dont « Ali », « Tir », « Tom », « Thermopyle », « Rondeau », « Sol », « Dur » et « Ajax ». Ces réseaux, rassemblant au total 52 agents, sont parmi les premiers à établir des liaisons aériennes et radio avec Londres depuis le sol français.
En 1942, il rejoint Londres et intègre le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), où il dirige la section du contre-espionnage. Il est responsable de l’interrogatoire des volontaires de la France Libre et de la constitution d’un vaste fichier des personnes hostiles ou sympathisantes en France.
Camarades de combat
Parmi les collaborateurs proches de Roger WYBOT figurent :
- Maurice ANDLAUER, qui prend la tête du réseau « Ali » en février 1942.
- Achille PERETTI, intégré au réseau « Ali » en 1942.
- Stanislas MANGIN, qui succède à WYBOT à la tête du réseau « Ali-Tir » après son départ pour Londres.
Retour à la vie civile
Le 16 novembre 1944, à seulement 32 ans, Roger WYBOT devient le premier directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), poste qu’il occupera jusqu’en 1958.
Sous sa direction, la DST joue un rôle crucial dans l’épuration, la lutte contre l’espionnage et les activités subversives pendant la guerre froide.
Par la suite, il se retire de la vie publique, se consacrant à l’écriture et à l’acupuncture, discipline dans laquelle il devient un praticien convaincu.
Décorations
Roger WYBOT a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles :
- Commandeur de la Légion d’honneur.
- Compagnon de la Libération (décret du 17 novembre 1945).
- Croix de guerre 1939-1945 avec quatre citations.
- Médaille coloniale.
- King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni).
- Officier de l’Ordre de la Couronne (Belgique).
- Wissam Alaouite (Maroc).
Références bibliographiques
- Roger Wybot et la bataille pour la D.S.T., Auteur : Philippe BERNERT, Éditeur : Presses de la Cité: 1975, Cet ouvrage, basé sur les propos de Roger WYBOT recueillis par Philippe BERNERT, retrace la création et les premières années de la DST, offrant un éclairage sur les méthodes et les défis du contre-espionnage français après la Seconde Guerre mondiale.
- Roger Wybot (1912-1997) : genèse d’un contre-espionnage français modernisé, Auteur : Olivier BRUN Éditeur : Thèse de doctorat, Sorbonne Université, Cette thèse explore la carrière de Roger WYBOT, mettant en lumière son rôle dans la modernisation du contre-espionnage français, depuis son engagement dans la Résistance jusqu’à la direction de la DST.
Références internet
- Ordre de la Libération : Fiche détaillée sur Roger WYBOT, incluant sa biographie, ses actions dans la Résistance et ses décorations.
- Musée de la Résistance en ligne : Informations sur les réseaux de la Résistance, notamment le réseau « Ali » fondé par Roger WYBOT.
- Chemins de mémoire : Article sur le BCRA, mentionnant le rôle de Roger WYBOT dans la section du contre-espionnage.
