Jacques VOYER né le 27 décembre 1922 à Marseille (Bouches-du-Rhône, France), mort le 27 juin 1944 à Lèves (Eure-et-Loir, France)
Jacques Voyer est élève au lycée de Toulon jusqu’en 1940. La notice officielle précise qu’il se destine alors au sacerdoce.
Trop jeune pour être mobilisé en 1939, il décide, après l’appel du général de Gaulle, de rallier l’Angleterre. Le 22 juin 1940, il s’embarque à Marseille sur le Capo Olmo, navire finalement dérouté vers Gibraltar puis Liverpool, où il arrive le 15 juillet 1940. Il s’engage dans les Forces françaises libres le 27 juillet 1940.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son appartenance est confirmée aux réseaux Sussex, Ali-Tir et Mithridate, ainsi qu’au BCRA. L’alias Lucien Boyer est confirmé, de même que l’alias opérationnel Emeraude.
Missions et actions
Formé d’abord dans les chasseurs puis dans les transmissions, Jacques Voyer devient sergent-radio en juin 1941. Affecté aux services de renseignement de la France libre, il est ensuite parachuté en France pour des missions clandestines.
Les sources retenues convergent pour le présenter comme opérateur radio et agent de liaison dans des réseaux de renseignement. Son action est liée aux réseaux Sussex, Ali-Tir et Mithridate, dans le cadre des missions conduites par le BCRA.
La documentation locale permet en outre de préciser son rôle d’observation des mouvements allemands après le Débarquement, mais cette précision reste ici un complément secondaire par rapport à la notice officielle.
Arrestation / évasion / déportation
Son arrestation et son exécution sont solidement confirmées. Il est arrêté en juin 1944, torturé, puis exécuté à Lèves le 27 juin 1944. La date et le lieu du décès sont confirmés par la notice officielle. Les détails précis du procès et de la procédure allemande reposent surtout sur la documentation mémorielle locale.
Camarades de combat
Parmi les compagnons explicitement nommés dans les sources consultées figurent Pierre Messmer et Jean Simon parmi les clandestins du Capo Olmo. La documentation locale mentionne également André Guillebaud dans le cadre d’une mission de 1944.
Décorations
- Compagnon de la Libération à titre posthume — décret du 20 janvier 1946
- Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume — décret du 11 mars 1947 — Journal officiel du 27 mars 1947
- Légion d’honneur — Chevalier — décret exact non retrouvé dans cette recherche
- Croix de guerre 1939-1945 — trois palmes
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
- Distinguished Service Cross — États-Unis
Lieux de mémoire
Deux lieux de mémoire ont été confirmés. La commune de Lèves a consacré un parcours mémoriel lié aux événements de 1944 et une place Jacques-Voyer y est signalée. Une source réglementaire nationale confirme en outre l’existence de l’École élémentaire Jacques Voyer à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane.
Références bibliographiques
Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Tallandier, 2010.
Cet ouvrage permet de replacer Jacques Voyer dans le cadre des Français libres précoces, du BCRA et des agents clandestins tombés en mission. Il éclaire le sens de son engagement dès l’été 1940 et la place qu’il occupe parmi les Compagnons.
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006.Cet ouvrage fournit le cadre indispensable pour comprendre les réseaux de renseignement, l’organisation du BCRA et les formes de répression allemandes. Il est particulièrement utile pour replacer Jacques Voyer dans le système clandestin de la Résistance française.
Références internet
Ordre de la Libération Notice officielle avec état civil, alias, réseaux d’appartenance, date de décès et décorations. Cette source constitue l’ossature principale de la fiche.https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-voyer
Maitron, Fusillés 1940-1944 La notice consacrée à Jacques Voyer permet de croiser la mémoire combattante avec la documentation prosopographique des fusillés. Elle est particulièrement utile pour confirmer le contexte répressif de sa mort. https://fusilles-40-44.maitron.fr/voyer-jacques-louis-daniel-pseudonyme-boyer-lucien/
Lèves 1944 Ce site mémoriel local apporte des précisions sur l’arrestation, les tortures, le procès et l’exécution de Jacques Voyer. Il s’agit d’une source secondaire locale utile, mais exploitée avec prudence.https://www.leves1944.fr/leves-1944/jacques-voyer/
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Oui — SHD GR 16 P 599392 ; SHD GR 28 P 4/216/22.
Observations La convergence entre la notice officielle, le Maitron et la documentation mémorielle locale permet une fiche solide. Le risque d’homonymie est limité grâce à la convergence entre les trois prénoms, l’alias Lucien Boyer, l’alias Emeraude, la date de naissance et le lieu de décès. Les détails les plus fins concernant l’arrestation et le procès proviennent surtout de la documentation locale ; ils doivent donc être distingués des éléments strictement garantis par la notice officielle.