Boris VILDÉ, né le 25 juin 1908 à Saint-Pétersbourg (Empire russe), fusillé le 23 février 1942 au fort du Mont-Valérien à Suresnes (France), français d’origine russe.
Né à Saint-Pétersbourg, Boris Vildé grandit dans l’espace russe puis émigre en Europe occidentale. Après un passage par l’Allemagne au début des années 1930, il gagne Paris.
Linguiste et ethnologue, il étudie notamment l’allemand à la Sorbonne et entre au Musée de l’Homme, où Paul Rivet favorise son insertion scientifique. Il se spécialise dans les civilisations arctiques et les peuples finno-ougriens.
Il obtient la nationalité française le 5 septembre 1936 et est titularisé au Musée de l’Homme le 1er janvier 1939.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé en septembre 1939 au 403e régiment d’artillerie, Boris Vildé est fait prisonnier en juin 1940. Il s’évade et rejoint Paris au terme d’un voyage difficile, arrivant au Musée de l’Homme le 5 juillet 1940. Dès l’été 1940, il transforme les solidarités intellectuelles et professionnelles qui l’entourent en action clandestine contre l’Occupation.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Réseau dit du Musée de l’Homme, constitué autour de Boris Vildé, Anatole Lewitsky, Yvonne Oddon et d’autres intellectuels et chercheurs. Le groupe, d’abord désigné comme Comité national de salut public, agrège progressivement plusieurs noyaux. Il compte parmi les toutes premières organisations structurées de Résistance en zone occupée.
Missions et actions
Le groupe rédige et diffuse des tracts, organise des aides et des filières d’évasion, collecte des renseignements et cherche à étendre ses liaisons en province. Le 15 décembre 1940 paraît le premier numéro du journal clandestin Résistance, dont Vildé rédige l’éditorial ; quatre autres numéros suivent jusqu’en mars 1941. Il effectue également des déplacements en zone libre pour développer les contacts du réseau.
Arrestation / évasion / déportation
Boris Vildé est arrêté par la Gestapo le 26 mars 1941 après l’infiltration du réseau par Albert Gaveau. Il est détenu pendant près de onze mois, notamment à la Santé puis à Fresnes, où il rédige son Journal et ses Lettres de prison. Le procès des membres du réseau s’ouvre le 6 janvier 1942 et s’achève le 17 février. Sept hommes sont condamnés à mort. Boris Vildé est fusillé au fort du Mont-Valérien le 23 février 1942 avec Anatole Lewitsky et cinq autres condamnés.
Camarades de combat
Ses compagnons les plus directement associés à la naissance du réseau sont Anatole Lewitsky et Yvonne Oddon. Autour d’eux gravitent notamment Paul Rivet, Germaine Tillion, Agnès Humbert, Jean Cassou, Léon-Maurice Nordmann et Paul Hauet. La composition du « réseau du Musée de l’Homme » s’est élargie par agrégation de groupes et de relations, ce qui explique des listes variables selon les travaux historiques.
Retour à la vie civile
Boris Vildé est exécuté en février 1942.
Décorations
Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Source Ordre de la Libération. Côte du dossier : 1O63001.attribution annoncée le 3 novembre 1943 par le général de Gaulle selon le Muséum national d’Histoire naturelle.
Les recherches présentes n’ont pas permis d’établir avec certitude la référence complète du décret et du Journal officiel correspondant.
Aucune autre décoration n’est intégrée faute de confirmation institutionnelle suffisante dans les sources consultées.
Lieux de mémoire
Boris Vildé repose au cimetière parisien d’Ivry, à proximité de plusieurs de ses compagnons fusillés. Son nom est associé au mémorial du Mont-Valérien. Le Musée de l’Homme et le Muséum national d’Histoire naturelle entretiennent particulièrement sa mémoire comme ethnologue et figure de la Résistance pionnière. Son Journal et ses Lettres de prison constituent également un élément majeur de sa postérité.
Références bibliographiques
Julien Blanc, Au commencement de la Résistance. Du côté du Musée de l’Homme, 1940-1941, Seuil, 2010. Étude de référence sur les débuts de la Résistance en zone occupée et sur les groupes associés au Musée de l’Homme.
Boris Vildé, Journal et lettres de prison, 1941-1942, éditions Allia / éditions antérieures de l’IHTP. Source personnelle essentielle sur sa détention, sa pensée et son engagement.
Agnès Humbert, Notre guerre. Souvenirs de Résistance, Tallandier / éditions antérieures. Témoignage majeur d’une membre du groupe du Musée de l’Homme, utile pour comprendre la formation du réseau et sa répression.
Références internet
Muséum national d’Histoire naturelle. Dossier des 80 ans du réseau du Musée de l’Homme : biographie, chronologie, mobilisation, évasion, création du réseau, journal Résistance, arrestation, procès, exécution et médaille. https://www.mnhn.fr/system/files/2023-07/dp-80-ans-mdh-2020.pdf
Ordre de la Libération. Pages historiques consacrées à Paris et à plusieurs membres du réseau ; confirment le rôle de Vildé à la tête du groupe du Musée de l’Homme et la publication de Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/paris
Wikipédia. Notice développée consultée conformément au protocole, notamment pour les repères biographiques et la postérité ; informations essentielles recoupées avec le Muséum. https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vild%C3%A9
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle GR 16 P n’a été identifiée avec certitude dans les résultats accessibles lors des présentes recherches. Aucun dossier d’homologation n’a donc été dépouillé.
Observations
La documentation institutionnelle du Muséum fixe l’arrestation au 26 mars 1941. Certaines notices secondaires ou de synthèse ont donné des dates plus vagues ou différentes. La présente notice retient la chronologie du Muséum. La notion de « réseau du Musée de l’Homme » est une désignation historiographique commode pour un ensemble de groupes et de liaisons dont la structuration a évolué rapidement entre l’été 1940 et le printemps 1941.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — les principaux jalons sont établis par le Muséum national d’Histoire naturelle, l’Ordre de la Libération et des travaux historiographiques de référence. La référence réglementaire précise de la Médaille de la Résistance n’a pas été retrouvée.
Chronologie
- 25 juin 1908 : naissance à Saint-Pétersbourg.
- 5 septembre 1936 : acquisition de la nationalité française.
- 1er janvier 1939 : titularisation au Musée de l’Homme.
- Septembre 1939 : mobilisation.
- Juin 1940 : captivité puis évasion.
- 5 juillet 1940 : retour à Paris.
- Août 1940 : structuration du groupe du Musée de l’Homme.
- 15 décembre 1940 : premier numéro de Résistance.
- 26 mars 1941 : arrestation.
- 6 janvier-17 février 1942 : procès.
- 23 février 1942 : exécution au Mont-Valérien.
- 3 novembre 1943 : Médaille de la Résistance annoncée à titre posthume selon le Muséum.
Tableau des divergences entre sources
Arrestation : le Muséum national d’Histoire naturelle donne le 26 mars 1941 ; certaines synthèses donnent février 1941 ou une datation imprécise. La date institutionnelle du 26 mars est retenue. Installation en France : certaines synthèses anciennes ou récentes la font remonter à 1920 ; le parcours documenté par le Muséum situe son installation parisienne après un passage en Allemagne au début des années 1930.
Sources consultées
Muséum national d’Histoire naturelle. Biographie et chronologie du réseau du Musée de l’Homme.
Ordre de la Libération. Contexte du réseau, de la Résistance parisienne et du journal clandestin Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/paris
Wikipédia. Compléments biographiques et bibliographiques, recoupés avec les sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vild%C3%A9