La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

VERDIER Émile alias Girard,

Émile VERDIER, alias Girard, né le 19 août 1891 à Sauveterre-de-Comminges, Haute-Garonne, France, mort le 23 octobre 1977 à Izaourt, Hautes-Pyrénées, France.

Émile Verdier naît le 19 août 1891 à Sauveterre-de-Comminges, dans le département de la Haute-Garonne. Il est le fils de François Verdier, né en 1848, et de Françoise Grange, née en 1852. Les sources consultées ne permettent pas de documenter précisément sa jeunesse, sa formation ou son parcours professionnel avant la Seconde Guerre mondiale.

Au moment de l’Occupation allemande, il exerce les fonctions de chef de gare à Saléchan, dans la vallée de la Barousse, secteur frontalier stratégique entre le Comminges et les Pyrénées.

Engagement dans la Résistance

Durant l’Occupation, Émile Verdier devient l’un des acteurs essentiels des filières d’évasion pyrénéennes reliant le Comminges et la Barousse à l’Espagne. Son activité clandestine est attestée sous le pseudonyme « Girard ».

La gare de Saléchan constitue alors un point de passage discret mais capital pour de nombreux fugitifs cherchant à quitter la France occupée. Résistants, aviateurs alliés, Juifs persécutés, réfractaires au Service du travail obligatoire, Belges, Anglais ou familles poursuivies par les autorités allemandes arrivent souvent par train avant d’être pris en charge clandestinement.

Grâce à sa position de chef de gare, Émile Verdier peut faciliter les arrivées discrètes, organiser les relais et assurer les premières protections nécessaires avant le départ vers les chemins de montagne.

Avec son épouse, il accueille et protège les évadés avant leur départ vers les itinéraires pyrénéens empruntés de nuit afin d’éviter les patrouilles allemandes.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Les sources consultées permettent de rattacher Émile Verdier au réseau Dutch-Paris, organisation spécialisée dans les filières d’évasion vers l’Espagne et la Suisse.

Il est également signalé comme appartenant aux Forces françaises combattantes et aux Forces françaises de l’intérieur.

Mémoire des Hommes mentionne :

• Famille Résistance ; • FFC ; • FFI ; • réseau Dutch-Paris ; • pseudonyme : Girard.

La cote de son dossier au Service historique de la Défense est indiquée sous la référence : GR 16 P 589072.

Missions et actions

Émile Verdier joue un rôle déterminant dans l’organisation des passages clandestins vers l’Espagne.

Son activité consiste notamment à :

  • réceptionner les évadés arrivant par train à Saléchan ;
  • organiser leur prise en charge discrète ;
  • assurer leur hébergement temporaire ou leur mise à l’abri ;
  • faciliter les liaisons entre la gare et les réseaux de passeurs ;
  • orienter les groupes vers les itinéraires pyrénéens ;
  • contribuer à la coordination des départs nocturnes.

Les itinéraires utilisés conduisent notamment vers :

• Cazarilh ; • Mauléon-Barousse ; • le Port de Balès ; • puis l’Espagne.

Les passages s’effectuent dans des conditions particulièrement difficiles. Les chemins empruntés sont souvent les plus escarpés afin d’éviter les contrôles allemands et les surveillances de la frontière.

La gare de Saléchan représente ainsi un véritable « kilomètre zéro » des chemins de la liberté pyrénéens.

Sans ces relais ferroviaires clandestins, une grande partie des évacuations vers l’Espagne aurait été matériellement impossible.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune source consultée ne permet actuellement de confirmer une arrestation, un internement ou une déportation concernant Émile Verdier.

Les recherches disponibles demeurent incomplètes sur ce point.

Des investigations complémentaires dans les archives de la SNCF, du Service historique de la Défense ou des dossiers FFC et FFI pourraient permettre de préciser davantage son parcours clandestin.

Camarades de combat

Parmi les personnes associées aux filières d’évasion pyrénéennes figurent notamment :

• Louis Bordes ;

• Marcelle Bordères.

Émile Verdier appartient à cette catégorie de résistants de l’ombre dont l’action reposait avant tout sur la discrétion, l’organisation des relais et la protection des fugitifs.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Émile Verdier reprend une existence discrète.

Comme de nombreux acteurs des réseaux pyrénéens, il évoque peu son engagement clandestin après-guerre.

Son rôle dans les filières d’évasion demeure longtemps méconnu du grand public malgré l’importance stratégique de son action.

Il meurt le 23 octobre 1977 à Izaourt, dans les Hautes-Pyrénées.

Décorations

Aucune décoration précisément documentée par décret et Journal officiel n’a été retrouvée dans les bases consultées.

La presse régionale mentionne toutefois une reconnaissance officielle de son engagement résistant après-guerre.

Lieux de mémoire

L’ancienne gare de Saléchan constitue aujourd’hui un lieu mémoriel lié aux chemins de la liberté pyrénéens.

Une cérémonie d’hommage y a été organisée avec dévoilement :

• d’une plaque commémorative dédiée à Émile Verdier ;

• d’une borne symbolique du « kilomètre zéro des chemins de la liberté ».

La plaque a été dévoilée par Many Verdier, sa belle-fille.

Lors de cette cérémonie, le président des résistants de la SNCF rappela que ces résistants « n’étaient pas des héros, mais des hommes et des femmes comme tout le monde qui ont vécu des événements hors du commun ».

Références bibliographiques

Megan Koreman, Dutch-Paris, le plus grand réseau européen de résistance : la filière d’évasion, un héritage pour les combats d’aujourd’hui, éditions Ampelos, 2024.
Ouvrage de synthèse récent consacré au réseau Dutch-Paris, fondé autour de Johan Weidner. L’auteur exploite de nombreuses archives européennes et retrace le fonctionnement des filières d’évasion entre la France, la Suisse et l’Espagne, ainsi que les réseaux de soutien locaux. Ce livre constitue aujourd’hui l’un des travaux de référence sur Dutch-Paris.

Thomas Ferrer, Passeurs et évadés dans les Pyrénées : franchir la frontière franco-espagnole durant la Seconde Guerre mondiale, Cairn éditions, 2018.
Étude historique détaillée consacrée aux passages clandestins dans les Pyrénées durant la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage analyse les itinéraires, les réseaux de passeurs, les conditions matérielles des traversées et le rôle des relais locaux, notamment dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées centrales.

André-Louis Sanguin, « La fuite des Juifs à travers les Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale, une géographie de la peur et de la survie », Annales du Midi, tome 126, n°287, 2014.
Article universitaire important sur les itinéraires d’évasion pyrénéens empruntés par les Juifs cherchant à rejoindre l’Espagne. L’auteur étudie notamment les réseaux Dutch-Paris, Akak et plusieurs filières du sud-ouest.

Luc Tillard, Les chemins d’évasion dans les Pyrénées-Atlantiques lors de la Seconde Guerre mondiale, mémoire universitaire, Université de Pau et des Pays de l’Adour.
Travail très documenté consacré aux chemins de la liberté dans les Pyrénées occidentales, aux itinéraires de passage et aux lieux de mémoire liés aux évadés de France. Le mémoire s’appuie sur des archives départementales et des témoignages locaux.

Claude Laharie, Réseaux de renseignement et d’évasion ayant opéré dans les Basses-Pyrénées, publication historique en ligne de la Bibliothèque de la mémoire des Pyrénées et de la Seconde Guerre mondiale.
Étude synthétique des réseaux de renseignement et d’évasion actifs dans les Pyrénées, utile pour replacer les filières du Comminges et de la Barousse dans le contexte plus large des passages transfrontaliers clandestins.

Références internet

Mémoire des Hommes. Base officielle du ministère des Armées mentionnant l’appartenance d’Émile Verdier aux Forces françaises combattantes, aux Forces françaises de l’intérieur ainsi qu’au réseau Dutch-Paris, avec indication du pseudonyme « Girard » et de la cote SHD GR 16 P 589072. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

La Dépêche. Articles consacrés à Émile Verdier et à la mémoire des réseaux d’évasion pyrénéens autour de Saléchan et de la Barousse. https://www.ladepeche.fr/

Comminges Actu. Articles mémoriels relatifs aux chemins de la liberté et aux hommages organisés autour de l’ancienne gare de Saléchan. https://www.comminges-actu.com/

Blog Babone. Témoignage mémoriel local consacré à Émile Verdier, chef de gare résistant impliqué dans les passages clandestins vers l’Espagne. https://babone5go2.blogspot.com/

Dutch-Paris. Documentation historique consacrée au réseau d’évasion Dutch-Paris et à ses membres. https://www.dutch-paris.com/

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — dossier GR 16 P 589072.

Le dossier lui-même n’a pas été consulté directement dans le cadre de cette recherche.

Observations Fiabilité B

Émile Verdier appartient à cette catégorie de résistants longtemps restés dans l’ombre : les cheminots des réseaux d’évasion.

Son rôle illustre l’importance stratégique des personnels ferroviaires dans l’organisation des passages clandestins vers l’Espagne.

Aucune divergence majeure d’identité n’a été relevée entre les principales sources consultées.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
19 août 1891Naissance à Sauveterre-de-Comminges, Haute-Garonne, France
Années 1940Chef de gare à Saléchan
1942-1944Participation aux filières d’évasion vers l’Espagne
1942-1944Activités clandestines sous le pseudonyme « Girard »
1942-1944Collaboration avec le réseau Dutch-Paris et les passeurs pyrénéens
Après 1945Retour à la vie civile
23 octobre 1977Décès à Izaourt, Hautes-Pyrénées, France
2019Hommage officiel à l’ancienne gare de Saléchan

Sources consultées le 11 mai 2026

Mémoire Vive de la Résistance : vérification préalable d’absence de notice individuelle au nom exact d’Émile Verdier.

Mémoire des Hommes : identification du résistant, pseudonyme Girard, appartenance FFC, FFI et réseau Dutch-Paris.

Documentation Dutch-Paris : confirmation de l’appartenance au réseau d’évasion.

Presse régionale commingeoise et haut-pyrénéenne : informations relatives aux hommages mémoriels et au rôle joué à la gare de Saléchan.

Sites mémoriels locaux consacrés aux chemins de la liberté pyrénéens : contextualisation historique des filières d’évasion.

Aucune photographie retrouvée dans les bases officielles consultées.

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