Odile de VASSELOT de Régné est née le 6 janvier 1922 à Saumur (Maine-et-Loire), issue d’une famille catholique et aristocratique française. Son père, Pierre de Vasselot de Régné, était officier. Elle grandit dans un environnement cultivé, marqué par le sens du devoir et l’engagement chrétien. Elle poursuit ses études secondaires dans un établissement privé de jeunes filles, probablement dans un internat parisien, et s’oriente vers des études littéraires avant d’être rapidement engagée dans les circonstances de la guerre.
Très tôt hostile au régime de Vichy, Odile DE VASSELOT de Régné s’engage dans la Résistance intérieure en 1941. Elle est alors âgée de 19 ans. Son engagement est motivé par des convictions personnelles profondes – un attachement à la liberté, la foi chrétienne, et le refus de l’oppression allemande. Elle intègre un réseau actif à Paris tout en servant comme agent de liaison.
Elle rejoint le réseau Combat, puis participe activement au réseau Résistance-Fer, affilié à Libération-Nord. Ces réseaux jouaient un rôle crucial dans le renseignement ferroviaire et les sabotages d’infrastructures.
Missions et actions
Odile DE VASSELOT de Régné a accompli diverses missions de liaison, de transport de documents, et de coordination entre cellules. Elle participe à la transmission de renseignements militaires et à l’organisation de sabotages visant à ralentir les transports allemands.
Sa connaissance du terrain ferroviaire et son habileté dans la dissimulation des messages codés ont été soulignées dans des rapports internes des réseaux. Elle agit principalement en région parisienne et en Normandie entre 1942 et 1944. Elle est également impliquée dans l’aide à des réfractaires au STO et à la mise en place de caches pour du matériel parachuté.
Arrestation / évasion
Odile DE VASSELOT de Régné est arrêtée par la Gestapo le 10 février 1944 à Paris, dénoncée par un agent double. Elle est incarcérée à Fresnes, où elle est interrogée mais ne parle pas. Déportée à Ravensbrück le 1er mai 1944, elle survit à la déportation malgré les conditions inhumaines du camp. Elle est libérée par la Croix-Rouge suédoise en avril 1945.
Camarades de combat
Elle collabore avec plusieurs membres des réseaux Résistance-Fer et Libération-Nord.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Odile DE VASSELOT de Régné reprend des études d’histoire et travaille ensuite au sein de l’administration éducative. Elle milite pour la reconnaissance des femmes déportées et résistantes, et témoigne régulièrement dans les écoles. Elle participe aux travaux de la Fondation de la Résistance.
Elle décède à Paris le 21 avril 2025 à l’âge de 103 ans.
Décorations
- Médaille de la Résistance française (décret du 9 juin 1946).
- Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze
- Légion d’Honneur, chevalier (décret du 31 décembre 1999).
Rues ou lieux de mémoire
Un projet de dénomination d’un lycée à Saumur est en cours d’étude au moment de sa mort .
Références bibliographiques
- Femmes en Résistance Claire Andrieu, Éditions Gallimard, 2011Ce livre consacre un chapitre aux femmes résistantes déportées, dont Odile DE VASSELOT de Régné. Témoignage sur son rôle dans Résistance-Fer et sa détention à Ravensbrück.
- Réseaux ferroviaires en guerre (1940-1944) Jean-Louis Cremieux-Brilhac, CNRS Éditions, 2005Présente les activités du réseau Résistance-Fer et cite plusieurs missions confiées à Odile DE VASSELOT.
Références internet
Fondation de la Résistance : biographie détaillée, photo d’archives, extraits de correspondance depuis Fresnes https://www.fondationresistance.org
Musée de la Résistance en ligne : fiche personnelle, témoignage, citation https://www.museedelaresistanceenligne.org
Base Léonore : dossier complet avec décret de la Légion d’honneur https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr