La forme principale attestée est « Union des étudiants patriotes », abrégée UEP. Il s’agit d’une organisation clandestine fédérative de la Résistance étudiante. Elle ne doit pas être confondue avec les FUJ ou les FUJP, auxquelles elle est liée.
L’UEP est constituée en octobre 1943 par le rassemblement de plusieurs composantes de la Résistance étudiante. Les sources universitaires attribuent notamment un rôle à Ginette CROS, Claude WIENER, représentant les Étudiants catholiques combattants, et François d’HUMIÈRES, représentant l’OCM-Jeunes.
Organisation interne
L’UEP rassemble des étudiants de plusieurs origines politiques et confessionnelles : OCM-Jeunes, Étudiants catholiques combattants, Étudiants protestants patriotes, Front national étudiant, étudiants de Défense de la France, étudiants communistes et étudiants liés aux MUR.
Une Union féminine universitaire est également constituée parallèlement.
Actions menées pendant la Résistance
L’organisation diffuse des tracts et mène une propagande clandestine dans les facultés et lycées. Des archives conservent notamment un tract intitulé « Avis aux traîtres » signé par l’Union des étudiants patriotes ainsi qu’une lettre adressée en 1944 au recteur de l’Académie de Lyon.
L’UEP développe également des revendications propres aux étudiants, tout en les inscrivant dans le combat contre Vichy et l’occupation allemande.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
L’UEP rejoint le rassemblement des Forces unies de la Jeunesse patriotique. Un tract clandestin lyonnais postérieur à octobre 1943 énumère explicitement parmi les composantes des FUJP les jeunes des MUR, les Jeunes communistes, les Jeunes chrétiens résistants, le Front patriotique de la jeunesse, l’Union des étudiants patriotes et l’Union des jeunes Juifs.
Chefs et figures marquantes
Ginette CROS est une responsable de la Résistance de jeunesse et participe à la structuration du rassemblement étudiant. Elle survit à la guerre.
Claude WIENER représente les Étudiants catholiques combattants lors du processus d’unification.
François d’HUMIÈRES représente l’OCM-Jeunes.
Gilbert DRU participe à Lyon à la Résistance chrétienne étudiante. Il est exécuté par les Allemands place Bellecour à Lyon le 27 juillet 1944. Son rôle doit toutefois être distingué de celui des responsables nationaux formels de l’UEP.
Victimes et morts
Il n’existe pas, dans les sources consultées, de liste nationale exhaustive des morts de l’UEP. Les victimes appartiennent souvent simultanément à plusieurs structures de Résistance étudiante.
Survivants identifiés
Ginette CROS et plusieurs acteurs du mouvement étudiant clandestin survivent à la guerre.
Fin du réseau
Après la Libération, les structures étudiantes sont réorganisées. Les sources indiquent qu’une Union patriotique des organisations étudiantes est constituée le 15 février 1945, dans un contexte où les organisations universitaires issues de la Résistance cherchent une nouvelle forme de représentation.
Conséquences et mémoire
La BnF conserve notamment Le Lycéen combattant, présenté comme l’organe national des comités lycéens de l’Union des étudiants patriotes. Les archives de l’Humathèque Condorcet conservent également plusieurs tracts et documents de l’UEP.
Fiabilité A pour l’existence, la création à l’automne 1943 et l’intégration aux FUJP ; fiabilité B pour la reconstitution exhaustive de la direction nationale.
Références bibliographiques
L’UNEF, les étudiants pendant la guerre de 1939-1945 et sous l’Occupation : attentismes, collaborations et résistances dossier des Cahiers du GERME, n° 25, consacré à l’histoire des organisations étudiantes pendant l’Occupation.
Références internet
GERME travaux historiques consacrés à l’Union des étudiants patriotes et aux organisations étudiantes de la Résistance. GERME — Résistance étudiante et UEP
Humathèque Condorcet inventaire de tracts et documents clandestins de l’Union des étudiants patriotes. Humathèque Condorcet — fonds de la Résistance française
Bibliothèque nationale de France catalogue du Lycéen combattant, organe des comités lycéens de l’UEP. BnF — collections clandestines de l’UEP
Sources consultées
MVR ; Maitron ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica/BnF ; SHD ; Humathèque Condorcet ; GERME.