La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

TOUNY Alfred Georges Jean René alias Langlois, Murat, Mortier, Latour,

Alfred Georges Jean René TOUNY, alias « Langlois », « Murat », « Mortier » et « Latour », né le 24 octobre 1886 à Paris (Seine), mort vraisemblablement le 5 avril 1944 à Arras (Pas-de-Calais), français.

Fils d’Émile Touny, directeur de la police municipale de Paris, Alfred Touny fait ses études au lycée Henri-IV puis entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1904. Il sort major en 1906 de la promotion « Centenaire d’Austerlitz ». Officier de cavalerie, il poursuit parallèlement des études et obtient des licences de lettres et de droit.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il sert notamment dans la cavalerie puis dans les états-majors. Promu capitaine en 1917, il termine la guerre titulaire de plusieurs citations. Après le conflit, il quitte l’armée, s’inscrit au barreau de Paris puis rejoint le monde industriel.

Engagement dans la Résistance

Lieutenant-colonel de réserve, Touny est rappelé en 1939 et sert notamment au Deuxième Bureau de l’état-major de la IVe Armée. Démobilisé après l’armistice, il regagne Paris et refuse la défaite. Dès novembre 1940, il entreprend de rechercher des renseignements et d’établir des contacts clandestins.

Il rencontre Jacques Arthuys et participe à la constitution de l’Organisation civile et militaire. Son expérience du renseignement militaire le conduit naturellement à prendre la responsabilité du service de renseignements du mouvement.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Alfred Touny appartient à l’OCM, au réseau Centurie et au Bureau central de renseignements et d’action. Il est engagé dans les Forces françaises libres le 20 avril 1942.

Après l’arrestation de Jacques Arthuys en décembre 1941, il prend la direction de l’OCM. Sous son autorité, le mouvement se développe considérablement et renforce sa structure militaire.

Missions et actions

Touny organise un réseau de renseignement couvrant une grande partie du Nord et de l’Ouest de la zone occupée. Il recrute des agents, centralise leurs rapports et organise les liaisons. Les relations nouées avec Gilbert Renault, dit colonel Rémy, permettent d’acheminer les renseignements vers le Bureau central de renseignements et d’action de la France libre. Le dispositif prend le nom de réseau Centurie.

Il participe également à l’organisation des parachutages destinés à armer les formations clandestines. Sous le pseudonyme de « Langlois », il siège au Conseil central de la Résistance puis au Conseil national de la Résistance, où il préside la commission militaire. Il contribue à la constitution de l’Armée secrète en zone Nord et maintient les contacts entre les responsables régionaux et les délégués militaires envoyés de Londres.

Arrestation / évasion / déportation

Malgré l’intensification de la répression contre l’OCM en 1943, Touny refuse de quitter la France. Il est arrêté à son domicile parisien le 25 février 1944 selon la notice de l’Ordre de la Libération, conduit au siège de la Gestapo avenue Foch puis emprisonné à Fresnes avant son transfert à Arras.

Il est fusillé dans les fossés de la citadelle d’Arras avec Jean Cavaillès et d’autres résistants, vraisemblablement le 5 avril 1944.

Camarades de combat

Jacques Arthuys, Véra Obolensky, Maxime Blocq-Mascart, Marcel Berthelot, Gilbert Renault dit colonel Rémy, Pierre Brossolette, Charles Delestraint et les cadres de l’OCM et de Centurie figurent parmi les principaux résistants avec lesquels son activité clandestine le met en relation.

Retour à la vie civile

Alfred Touny est exécuté en 1944.

Son corps, retrouvé et identifié en janvier 1945, est choisi pour représenter la Résistance intérieure parmi les quinze combattants honorés solennellement à Paris en novembre 1945. Il est ensuite inhumé au Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.

Décorations

Officier de la Légion d’honneur — Source : Ordre de la Libération.

Compagnon de la Libération, à titre posthume — décret du 13 novembre 1945 — Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1914-1918, avec six citations — Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1939-1945, avec deux citations — Source : Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance française par décret du 15 octobre 1945 JO 20 octobre 1945 Source : Ordre de la Libération. Côte du dossier : 1O60715

Croix de guerre 1914-1918 belge — Source : Ordre de la Libération.

Lieux de mémoire

La citadelle d’Arras est directement associée à son exécution. Son corps repose au Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, à Suresnes.

Références bibliographiques

Arthur Calmette, L’OCM. Histoire d’un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, Presses universitaires de France, 1961. L’ouvrage constitue une référence majeure pour replacer Alfred Touny dans l’histoire de l’OCM.

Références internet

Ordre de la Libération. Notice biographique institutionnelle particulièrement détaillée, utilisée pour l’état civil, la carrière militaire, l’OCM, Centurie, le CNR, l’arrestation, l’exécution, les lieux de mémoire et les décorations. Alfred Touny – Ordre de la Libération

Musée de la Résistance en ligne. Ressource biographique confirmant notamment sa carrière militaire et son rôle à la tête du renseignement de l’OCM. Alfred Touny – Musée de la Résistance en ligne

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote SHD nominative n’a pu être confirmée dans les sources directement consultées.

Observations

La date exacte de l’exécution appelle une formulation prudente : l’Ordre de la Libération retient le 5 avril 1944 tout en indiquant dans son récit qu’il fut fusillé « vraisemblablement » à cette date. Cette réserve est conservée ici.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — L’identité, la carrière militaire, le rôle dirigeant dans l’OCM et Centurie, l’appartenance aux Forces françaises libres, l’arrestation, l’exécution et les décorations sont établis par une source institutionnelle majeure et des sources concordantes.

Chronologie

DateÉvénement
24 octobre 1886Naissance à Paris
1904Entrée à Saint-Cyr
1906Sort major de la promotion « Centenaire d’Austerlitz »
1914-1918Première Guerre mondiale
1939-1940Service au Deuxième Bureau de la IVe Armée
Novembre 1940Début de l’activité clandestine
1940-1941Participation à la création de l’OCM
Décembre 1941Succède à Jacques Arthuys à la tête de l’OCM
20 avril 1942Engagement dans les Forces françaises libres
1942-1943Développement du réseau Centurie
25 février 1944Arrestation
5 avril 1944Exécution vraisemblable à Arras
13 novembre 1945Compagnon de la Libération à titre posthume

Sources consultées  

Ordre de la Libération. Notice « Alfred Touny » : état civil, carrière militaire, Résistance, OCM, Centurie, CNR, arrestation, exécution, sépulture et décorations. Ordre de la Libération

Musée de la Résistance en ligne. Ressource consacrée à Alfred Touny : carrière militaire et constitution du service de renseignements de l’OCM. Musée de la Résistance en ligne

Mémoire Vive de la Résistance. Page consacrée à l’Organisation civile et militaire : composition de la direction de l’OCM, succession d’Arthuys par Touny et développement du mouvement. Organisation civile et militaire – MVR

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