Les sources convergent pour établir qu’après l’été 1940 l’Alsace est intégrée avec le pays de Bade au Gau Oberrhein, placé sous l’autorité de Robert WAGNER, à la fois Gauleiter et chef de l’administration civile. Les Archives d’Alsace et la Fondation de la Résistance rappellent que cette domination s’accompagne d’une politique systématique de germanisation et de nazification.
Sous cette autorité, les mesures contre les Alsaciens jugés insuffisamment loyaux sont nombreuses. Les sources consultées établissent la suppression des symboles français, l’imposition de la langue allemande, la transformation de l’état civil, la surveillance politique accrue et, à partir de 1942, l’incorporation de force dans la Wehrmacht. La Fondation de la Résistance précise aussi que Robert WAGNER rejeta des recours en grâce dans des affaires de résistance et voulut faire de certaines condamnations des exemples de terreur.
Le lien direct avec la Résistance est bien attesté à Strasbourg à travers le groupe de la Main Noire.
Le Musée de la Résistance en ligne établit que Marcel WEINUM fonde ce groupe clandestin à l’automne 1940 pour lutter contre l’autorité nazie.
La documentation mémorielle et historique retient en particulier l’attentat manqué contre la voiture de Robert WAGNER à Strasbourg en 1941, puis l’arrestation de Marcel WEINUM, sa condamnation et son exécution à Stuttgart le 14 avril 1942.
Circonstances
La situation alsacienne est particulière car le territoire ne relève pas du régime ordinaire de l’Occupation militaire appliqué au reste de la France. La Fondation de la Résistance, les Archives d’Alsace et le Mémorial Alsace-Moselle montrent qu’il s’agit d’une annexion de fait au Reich, avec volonté non pas seulement d’obtenir l’obéissance mais de produire une adhésion forcée à l’ordre nazi. Robert WAGNER se donne explicitement pour objectif de transformer les Alsaciens en « bons citoyens allemands » et en nationaux-socialistes convaincus.
Cette politique explique la précocité de la Résistance alsacienne, souvent juvénile, locale et très exposée. Les groupes clandestins naissent dans un environnement où l’espace public, l’école, les organisations de jeunesse et l’administration sont rapidement soumis à la nazification. La Fondation de la Résistance souligne que plusieurs jeunes résistants alsaciens furent délibérément frappés pour l’exemple.
Héros et figures marquantes
Marcel WEINUM est la figure la plus directement liée à cet objet. Le Musée de la Résistance en ligne le présente comme le fondateur de la Main Noire à Strasbourg. Son rôle consiste à organiser une résistance clandestine précoce contre l’autorité nazie en Alsace annexée ; il est arrêté, jugé et exécuté à Stuttgart le 14 avril 1942.
Charles LEBOLD, membre de la Main Noire, est associé par le Musée de la Résistance en ligne au parcours de Marcel WEINUM. Il appartient au même groupe clandestin strasbourgeois ; la source consultée confirme son engagement, même si la fiche ici mobilisée est centrée sur Marcel WEINUM.
Robert WAGNER, bien qu’il ne soit évidemment pas une figure de Résistance, est l’autorité allemande centrale de cette fiche. Son rôle comme Gauleiter et chef de l’administration civile en Alsace est établi par les Archives d’Alsace et par la Fondation de la Résistance ; sa responsabilité dans la germanisation, la nazification et la répression fait de lui l’un des principaux adversaires de la Résistance alsacienne.
Victimes
La victime la mieux documentée dans les sources consultées est Marcel WEINUM, exécuté à dix-huit ans après son procès. La Fondation de la Résistance précise qu’il fait partie des jeunes résistants alsaciens dont les nazis veulent faire un exemple. D’autres victimes alsaciennes sont mentionnées par la même source, comme Jean-Paul KREMER ou Fernand DEMOUGE, mais elles ne sont pas toutes directement rattachées à Strasbourg ou à un affrontement personnel avec Robert WAGNER.
Survivants
Les sources consultées pour cette fiche mettent surtout l’accent sur les victimes emblématiques plutôt que sur une liste fermée de survivants. Des membres de la Main Noire et d’autres groupes alsaciens ont survécu à la guerre, mais les résultats ici mobilisés ne permettent pas d’établir une liste nominative exhaustive répondant au même degré de précision que pour Marcel WEINUM.
Conséquences
L’action de Robert WAGNER a pour conséquence un durcissement constant de la répression et une transformation profonde de la société alsacienne sous domination nazie. Les sources consultées relient son administration à la germanisation, à la nazification et à l’incorporation de force, ainsi qu’à une politique répressive visant aussi les familles des réfractaires et des opposants.
Pour l’histoire de la Résistance, le cas WAGNER est important parce qu’il montre que l’Alsace annexée est un espace où s’affrontent directement une politique de nazification totale et des formes de refus précoces. L’exécution de Marcel WEINUM et la destruction de groupes comme la Main Noire ont eu une portée symbolique durable dans la mémoire alsacienne.
Mémoire et lieux commémoratifs
Strasbourg est le principal lieu de mémoire de cette fiche, en particulier à travers la mémoire de Marcel WEINUM et de la Main Noire.
Le Mémorial Alsace-Moselle à Schirmeck constitue également un lieu majeur pour comprendre le système de domination mis en place par Robert WAGNER en Alsace annexée.
Références bibliographiques
La Résistance alsacienne dossier thématique de la Fondation de la Résistance. Ce volume est l’une des synthèses les plus directement utiles pour relier la politique de Robert WAGNER à la naissance des premiers groupes de résistance en Alsace. On y trouve le cadre administratif, la description de la nazification et des notices précises sur les jeunes résistants frappés pour l’exemple. Il est indispensable pour comprendre Strasbourg dans le contexte de l’annexion de fait.
Une Alsace allemande livret pédagogique de la BNU de Strasbourg. Cette publication replace l’Alsace annexée dans son cadre administratif et idéologique, avec un intérêt particulier pour la nazification et les instruments de contrôle. Elle permet de situer Robert WAGNER dans l’appareil de domination et d’éclairer la réaction de certains Alsaciens face à cette politique. Elle est très utile pour la contextualisation institutionnelle.
Le procès de Robert Wagner, bourreau de l’Alsace publication conservée par les Archives d’Alsace. Cette référence éclaire la responsabilité pénale et politique de Robert WAGNER après la guerre. Elle est précieuse pour documenter la qualification de ses actes et la mémoire judiciaire de son administration en Alsace. Elle permet aussi de relier l’histoire de guerre à l’après-guerre judiciaire.
L’Alsace pendant l’annexion de fait (1940-1945). Lexique Archives d’Alsace. Ce lexique n’est pas une monographie, mais il fournit des définitions sûres et très utiles des institutions nazies mises en place en Alsace. Il permet de fixer rigoureusement les termes comme Gau, Gauleiter, CdZ et les principaux échelons de contrôle. C’est un outil de sécurisation terminologique indispensable.
Mémorial Alsace-Moselle album ou dossier général du mémorial. Cet ensemble documentaire offre une vision synthétique de la germanisation, de la nazification, des expulsions et de l’incorporation de force en Alsace et en Moselle. Il est particulièrement utile pour replacer l’autorité de Robert WAGNER dans le cadre comparatif Alsace-Moselle.
Références internet
Fondation de la Résistance Cette ressource est la synthèse la plus complète parmi les sources consultées pour comprendre la Résistance alsacienne sous Robert WAGNER. Elle décrit l’annexion de fait, les mesures de nazification et le destin de plusieurs jeunes résistants, dont Marcel WEINUM.
Musée de la Résistance en ligne Le site fournit les notices les plus directement liées au combat clandestin contre l’autorité de Robert WAGNER à Strasbourg, notamment celles sur Marcel WEINUM et la Main Noire. Il est essentiel pour le lien précis entre administration nazie et action résistante. https://museedelaresistanceenligne.org/media10336-Marcel-Weinum
Archives d’Alsace Les Archives d’Alsace apportent des définitions institutionnelles sûres et des repères archivistiques sur l’annexion de fait, la politique de Robert WAGNER et la documentation de la guerre en Alsace. Elles sont très utiles pour contrôler la terminologie et les cadres administratifs.
Mémorial Alsace-Moselle Le mémorial offre une synthèse institutionnelle et mémorielle sur la domination nazie en Alsace-Moselle. Il permet de replacer Robert WAGNER dans un ensemble plus vaste de germanisation, de nazification et de répression. https://www.memorial-alsace-moselle.com/
Archives d’Alsace, notice sur le procès de Robert Wagner Cette notice patrimoniale confirme l’existence d’une documentation spécifique sur le procès de Robert WAGNER après la guerre. Elle est particulièrement utile pour la mémoire judiciaire et pour l’après-guerre. https://archives68.alsace.eu/ark:/46858/4ftv7qgdw62h
Sources consultées : Mémoire Vive de la Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémorial Alsace-Moselle, Archives d’Alsace, BNU Strasbourg, SHD en repérage, Mémoire des Hommes en repérage, Ordre de la Libération en repérage, Gallica BnF en repérage, Wikipédia recoupée uniquement en contrôle complémentaire.