Ida STERNO, alias « Jeanne », née en 1902 à Bucarest (Roumanie), morte le 14 mai 1964 à Bruxelles (Belgique), d’origine juive roumaine.
Arrivée en Belgique avant la Première Guerre mondiale selon les sources secondaires, Ida Sterno se forme au travail social. En 1936, elle travaille au service de l’Éducation des grands magasins À l’Innovation, puis s’engage dans l’aide aux enfants réfugiés de la guerre d’Espagne. Elle devient ensuite surintendante d’un service social industriel dans le Hainaut, emploi qu’elle doit quitter en raison des mesures antijuives.
Engagement dans la Résistance
Face aux rafles et aux déportations, Ida Sterno entre au Comité de défense des Juifs par l’intermédiaire d’Yvonne Jospa. Elle met son expérience professionnelle au service du sauvetage clandestin des enfants. Son pseudonyme de travail est « Mademoiselle Jeanne » ou « Jeanne ».
Appartenance à un réseau ou mouvement
Elle appartient à la section Enfance du Comité de défense des Juifs, rattachée au Front de l’Indépendance. Elle est responsable du groupe chargé du placement des enfants dans des familles ou institutions sûres.
Missions et actions
Ida Sterno identifie des lieux d’accueil, organise les placements et coordonne des convoyeurs et assistantes sociales. Elle recrute notamment Andrée Geulen et Paule Renard. Avec Yvonne Jospa, Maurice et Estera Heiber et d’autres membres de la section Enfance, elle contribue à un dispositif qui cache environ 3 000 enfants. Une partie de son fichier, reliant les identités véritables aux identités clandestines et aux lieux d’accueil, a été conservée.
Arrestation / évasion / déportation
Le 29 mai 1944, Ida Sterno est arrêtée alors qu’elle échange des informations dans un café avec Fela Liwer-Perelman. Elle parvient à dissimuler ou abandonner des documents compromettants et ne livre pas le réseau pendant les interrogatoires. Transférée à la caserne Dossin à Malines, elle y reste détenue environ quatre mois. L’avancée alliée et la Libération empêchent sa déportation.
Camarades de combat
Yvonne Jospa ; Maurice et Estera Heiber ; Andrée Geulen ; Paule Renard ; Fela Liwer-Perelman ; Suzanne Moons-Lepetit ; et les nombreuses familles et institutions d’accueil associées au CDJ.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Ida Sterno poursuit le travail social auprès des survivants juifs, notamment dans le cadre de l’Aide aux Israélites victimes de la guerre. Elle maintient des liens avec plusieurs enfants cachés et meurt à Bruxelles le 14 mai 1964, apparemment d’une crise cardiaque.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant qu’Ida Sterno n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Lieux de mémoire
Ses archives et photographies sont conservées notamment au Musée juif de Belgique, à Kazerne Dossin, à la Wiener Holocaust Library et au United States Holocaust Memorial Museum. Son action est évoquée dans les expositions relatives aux enfants cachés et au Comité de défense des Juifs.
Références bibliographiques
Sarah Belli, « Assistantes sociales en Résistance. Note sur Yvonne Jospa et Ida Sterno », Les Cahiers de la Mémoire contemporaine, no 7, 2006. Étude biographique et professionnelle essentielle sur les deux assistantes sociales.
Suzanne Vromen, Hidden Children of the Holocaust, Oxford University Press, 2008. Analyse du sauvetage des enfants en Belgique.
Mordecai Paldiel, Saving One’s Own: Jewish Rescuers During the Holocaust, University of Nebraska Press, 2017. Replace Ida Sterno parmi les sauveteurs juifs.
Références internet
OpenEdition Journals. Article de Sarah Belli sur Yvonne Jospa et Ida Sterno, source scientifique centrale. https://journals.openedition.org/cmc/787
Wiener Holocaust Library. Témoignage d’Ida Sterno sur le placement des enfants et son arrestation. https://www.testifyingtothetruth.co.uk/viewer/metadata/105651/1/
United States Holocaust Memorial Museum. Portrait et notice biographique d’Ida Sterno après sa libération. https://collections.ushmm.org/search/catalog/pa1143043
EHRI Portal. Notice photographique et archivistique la présentant comme l’une des dirigeantes du CDJ. https://portal.ehri-project.eu/units/us-005578-irn521086
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier d’homologation français n’a été retrouvé. Les pièces les plus importantes sont des témoignages et fonds d’archives belges, britanniques et américains.
Observations
La date de naissance complète n’a pas été retrouvée. Certaines informations de jeunesse reposent sur des sources secondaires concordantes. Le nom de code « Jeanne » est solidement attesté. Aucune photographie n’est reproduite ici, bien que des portraits soient conservés par l’USHMM et l’EHRI.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité et l’engagement résistant sont établis par des archives de témoignages, des institutions mémorielles et une étude scientifique ; certains détails d’état civil restent incomplets.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1902 | Naissance à Bucarest. |
| 1936 | Travail social et aide aux enfants réfugiés espagnols. |
| 1942-1943 | Entrée au CDJ et responsabilité du placement des enfants. |
| 29 mai 1944 | Arrestation. |
| Mai-septembre 1944 | Détention à la caserne Dossin. |
| 14 mai 1964 | Mort à Bruxelles. |
Sources consultées
OpenEdition Journals, Sarah Belli, « Assistantes sociales en Résistance », pour la formation, l’expérience professionnelle et l’action clandestine. https://journals.openedition.org/cmc/787
Wiener Holocaust Library, témoignage d’Ida Sterno, pour le fonctionnement du placement et l’arrestation. https://www.testifyingtothetruth.co.uk/viewer/metadata/105651/1/
United States Holocaust Memorial Museum, notice photographique, pour son rôle de dirigeante du CDJ. https://collections.ushmm.org/search/catalog/pa1143043
Belgium WWII, article « Comité de Défense des Juifs », pour le cadre collectif et l’ampleur du sauvetage. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/comite-de-defense-des-juifs.html