La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Situation militaire sur le front de l’Est au 1er Septembre 1943 – J+802 de l’opération Barbarossa

Au 1er septembre 1943, l’Armée rouge est en pleine offensive générale.

Après l’échec de l’opération Citadelle en juillet, la Wehrmacht bat en retraite sur tous les secteurs critiques du front sud.

L’URSS libère chaque semaine des dizaines de kilomètres carrés de territoire. L’initiative stratégique est désormais entièrement soviétique. Le front, de l’Ukraine orientale à la Biélorussie, recule inexorablement vers l’ouest.

L’armée allemande, affaiblie, désorganisée par ses pertes et par la dispersion de ses forces, passe à une posture essentiellement défensive.

Progrès effectués et territoires acquis

Entre début août et fin août 1943, l’Armée rouge a accompli des progrès impressionnants :

  • Belgorod est libérée le 5 août.
  • Kharkov est définitivement reprise le 23 août après des combats violents, marquant la fin de la bataille de Belgorod-Kharkov.
  • Le front est enfoncé dans la région du Donbass, notamment autour d’Izioum, Sloviansk, Horlivka.
  • L’objectif soviétique est désormais clair : atteindre le Dniepr et créer des têtes de pont sur sa rive ouest.

La libération de toute la région industrielle du Donbass est engagée.

Résistances rencontrées

Les forces allemandes offrent encore une forte résistance locale :

  • À Kharkov, les combats de rue sont acharnés ; les divisions blindées SS infligent de lourdes pertes aux Soviétiques avant de se replier.
  • Dans le Donbass, les Allemands utilisent le terrain urbain et industriel pour ralentir l’avance soviétique, mais ne peuvent tenir durablement.

Les unités allemandes sont affaiblies, souvent en sous-effectif, mal soutenues par une logistique dépassée et sans réelle possibilité de contre-attaque majeure.

Succès, échecs, pertes et prisonniers

URSS :

  • Succès stratégique clair : la prise de Kharkov ouvre la voie vers le Dniepr.
  • Environ 100 000 à 150 000 pertes soviétiques (tués, blessés) dans l’ensemble des opérations d’août.
  • Pertes matérielles importantes en chars dans les combats de Kharkov, mais compensées par la supériorité industrielle soviétique.
  • Captures : plusieurs milliers de prisonniers allemands au cours des encerclements partiels dans le Donbass.

Allemagne :

  • Échec total de la stabilisation du front après Citadelle.
  • Pertes estimées à 70 000 à 90 000 soldats pour août, selon les secteurs.
  • De nombreux matériels lourds (chars, artillerie) abandonnés lors des replis précipités.
  • Perte de Kharkov est un désastre symbolique et tactique.

État du terrain

Le terrain reste favorable à la guerre mécanisée :

  • Sol sec, routes dégagées.
  • Les steppes de l’Ukraine permettent des offensives rapides, bien que ralenties localement par la densité urbaine et industrielle du Donbass.
  • L’automne approche, mais les conditions restent bonnes pour les opérations offensives jusqu’à fin octobre.

Points d’accrochage et batailles

  • Kharkov (5–23 août) : l’un des derniers succès défensifs tactiques allemands avant un repli général.
  • Région de Poltava–Izioum : bataille en cours contre les forces allemandes en repli.
  • Donbass : combats intenses dans les villes minières, souvent maison par maison.
  • Approche du Dniepr : les avant-gardes soviétiques atteignent la rive est dans plusieurs secteurs fin août.

Forces en présence

URSS :

  • Environ 7 millions de soldats déployés sur l’ensemble du front de l’Est.
  • Renforcement constant des unités blindées et d’artillerie.
  • Supériorité aérienne croissante grâce à la montée en puissance de l’aviation tactique.

Allemagne :

  • Environ 2,3 millions de soldats encore engagés à l’Est.
  • Fatigue, manque de ravitaillement, pertes continues.
  • Diminution de la mobilité stratégique faute de carburant, de chars et de remplacement.

Perspectives stratégiques et décisions militaires

Union soviétique :

  • Objectif immédiat : atteindre et franchir le Dniepr.
  • Ordre de Staline : ne pas laisser aux Allemands le temps de créer une ligne défensive solide.
  • Le haut commandement soviétique (Stavka) planifie des franchissements multiples du fleuve à partir de fin septembre.
  • La reconquête de Kiev devient l’un des objectifs principaux de l’automne.

Allemagne :

  • Hitler ordonne la constitution d’une ligne défensive sur le Dniepr, appelée « ligne Panther–Wotan ».
  • En réalité, cette ligne est largement inachevée et mal positionnée.
  • Les divisions allemandes reçoivent l’ordre de tenir à tout prix, mais les moyens manquent.
  • Aucune offensive d’envergure n’est envisagée : tout est focalisé sur la défense et le gain de temps.

Conclusion au 1er septembre 1943

Le front de l’Est est désormais totalement sous contrôle stratégique soviétique.

 L’Allemagne est sur la défensive, incapable de reprendre l’initiative.

La chute de Kharkov marque la fin des contre-attaques tactiques allemandes de 1943.

L’Armée rouge avance, reconquiert l’Ukraine, et s’apprête à franchir le Dniepr. La phase de guerre d’attrition est terminée ; c’est une guerre de reconquête rapide et de désintégration progressive de la puissance militaire allemande à l’Est.

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