La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Situation militaire sur le front de l’Est au 1er Octobre 1943 – J+832 de l’opération Barbarossa

À l’approche de l’hiver 1943–1944, la situation sur le front de l’Est est à l’avantage total de l’Union soviétique.

L’Armée rouge poursuit son avancée rapide vers l’ouest, brisant les tentatives allemandes de stabiliser une ligne de défense sur le Dniepr.

La Wehrmacht est contrainte à une retraite générale en Ukraine.

La reconquête du territoire soviétique par Staline s’accélère, et les forces soviétiques menacent désormais directement Kiev, la capitale ukrainienne.

Progrès effectués et territoires acquis

Durant le mois de septembre 1943, les Soviétiques ont franchi plusieurs obstacles naturels et lignes de défense ennemies :

  • L’Armée rouge atteint le fleuve Dniepr sur un large front entre Smolensk, Kremenchoug, Dnipropetrovsk et Zaporizhia.
  • Plusieurs têtes de pont sont établies sur la rive occidentale du fleuve dès fin septembre, notamment près de Kiev, Kaniv et Dniprodzerjynsk.
  • Les villes de Poltava, Kremenchoug, Tchernihiv, Romny, Konotop et Gloukhov sont reprises aux Allemands.
  • Plus de 150 000 km² sont reconquis par l’Union soviétique en un mois.

Résistances rencontrées

L’ennemi n’est pas totalement défait, mais en position de faiblesse :

  • La Wehrmacht tente de résister sur la ligne dite Panther–Wotan, mais cette ligne est inachevée, mal défendue et trop étendue.
  • Les tentatives allemandes de maintenir des positions fortes sur la rive ouest du Dniepr échouent partiellement face à la rapidité des percées soviétiques.
  • La résistance allemande est plus féroce autour de Zaporizhia et Dnipro, où les infrastructures industrielles sont jugées stratégiques.

Succès, échecs, pertes et prisonniers

URSS :

  • Grand succès stratégique. Objectif atteint : atteindre et franchir le Dniepr sur plusieurs secteurs avant l’hiver.
  • Les pertes restent lourdes, particulièrement dans les assauts fluviaux. On estime environ 150 000 à 180 000 soldats soviétiques tués ou blessés en septembre.
  • Matériellement, l’Armée rouge perd des centaines de chars dans les tentatives de franchissement mais les stocks sont désormais considérables.

Allemagne :

  • Les pertes allemandes s’élèvent à environ 100 000 hommes pour le mois (tués, blessés, disparus).
  • Plusieurs unités sont encerclées ou contraintes à des retraites désorganisées. Les pertes en véhicules et en artillerie sont significatives.
  • Les Allemands abandonnent des quantités importantes de matériel dans la précipitation.

État du terrain

Le début de l’automne n’entrave pas encore les opérations. Cependant :

  • La raspoutitsa (saison des pluies) approche. Les sols commencent à se détremper, notamment dans les zones basses et proches du Dniepr.
  • Les franchissements de fleuve sont ralentis, mais les Soviétiques utilisent des barges, radeaux, et construisent des ponts sous le feu.
  • La mobilité reste globalement possible, mais le ralentissement est perceptible dans les secteurs de plaine argileuse.

Points d’accrochage et batailles

  • Bataille du Dniepr (août–décembre 1943) : vaste offensive soviétique visant à franchir le fleuve sur plus de 1 000 km.
  • Bataille de Kremenchoug (fin septembre) : l’une des premières têtes de pont réussies par l’Armée rouge.
  • Combats continus dans le Donbass et sur le front de Zaporizhia, défendu par des unités de la 1ère Armée panzer.

Forces en présence

URSS :

  • Environ 6,9 millions de soldats engagés sur le front de l’Est.
  • Plus de 20 000 chars et véhicules blindés.
  • L’aviation soviétique domine progressivement le ciel dans les secteurs clés.

Allemagne :

  • Moins de 2,4 millions de soldats encore disponibles sur le front de l’Est.
  • Grande faiblesse logistique. Le nombre de divisions blindées opérationnelles est en forte baisse.
  • La Luftwaffe perd sa supériorité aérienne, surtout au centre et au sud du front.

Perspectives stratégiques et décisions militaires

URSS :

  • Ordre de Staline : ne pas laisser le temps aux Allemands de s’ancrer derrière le Dniepr.
  • Objectif à court terme : libérer Kiev avant la mi-novembre.
  • Stratégie : créer plusieurs têtes de pont solides à l’ouest du fleuve, renforcer la pression en Ukraine centrale, et manœuvrer vers la Biélorussie.

Allemagne :

  • Objectif initial : fixer une ligne de défense stable sur le Dniepr.
  • La réalité : la ligne Panther–Wotan n’est pas tenable sans réserves.
  • Les généraux demandent des replis stratégiques ; Hitler refuse.
  • Les décisions tactiques sont prises dans l’urgence, sans cohérence générale, menant à une défense fragmentée.

Conclusion au 1er octobre 1943

La dynamique de guerre a définitivement changé. L’Union soviétique avance sans interruption, franchit le Dniepr, et désorganise toute tentative de défense allemande sur le front sud.

L’année 1943 s’achèvera très probablement par la reprise de Kiev et la perte par l’Allemagne de l’ensemble de la rive orientale du fleuve.

Pour l’Armée rouge, la reconquête de l’Ukraine et la marche vers l’Europe centrale sont désormais engagées.

Pour la Wehrmacht, 1943 devient l’année de la retraite généralisée.

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