Situation militaire sur le front de l’Est au 1er Mars 1943 – J+617 de l’opération Barbarossa
Au 1er mars 1943, le front de l’Est reste en plein bouleversement à la suite de la capitulation allemande à Stalingrad (2 février 1943). L’Armée rouge a lancé une vaste offensive d’hiver sur tout le front sud, bousculant les troupes allemandes et leurs alliés.
Pourtant, à la toute fin février, les Allemands contre-attaquent autour de Kharkov dans ce qui deviendra l’une des dernières victoires tactiques du Reich avant l’érosion définitive de leur capacité offensive.
Progrès effectués et territoires acquis
Depuis janvier 1943, les Soviétiques ont libéré des centaines de kilomètres de territoire dans le sud-ouest de la Russie :
- Stalingrad est entièrement reprise, la 6e armée allemande est détruite.
- L’Armée rouge a avancé jusqu’au Donbass, libérant Rostov, Vorochilovgrad (Luhansk), et Koursk.
- Le 18 février, Kharkov est repris par les Soviétiques, tout comme Krasnodar dans le Caucase.
- En tout, l’URSS a récupéré plusieurs centaines de villes et une vaste portion du territoire occupé.
Résistances rencontrées
La retraite allemande de janvier-février s’est faite sous une pression constante :
- Les restes du Groupe d’armées Sud, réorganisé, cherchent à établir de nouvelles lignes défensives.
- Les Allemands évitent parfois l’encerclement de justesse, mais subissent de lourdes pertes.
- Les troupes hongroises, italiennes et roumaines ont été détruites ou désorganisées, laissant des secteurs entiers sans défense.
- Au nord, autour de Rzhev, les Allemands tiennent encore des positions fortifiées.
Contre-attaques soviétiques, leurs résultats
Les grandes offensives soviétiques lancées après Stalingrad ont permis d’immenses gains :
- Succès : reconquête de la région du Don, du bassin du Donetz, du Caucase du Nord.
- Échec partiel : à la fin février, les offensives soviétiques sont à bout de souffle. L’Armée rouge s’est avancée loin, trop vite, avec des lignes logistiques étirées. Certaines unités sont épuisées.
Le 26 février 1943, les Allemands déclenchent une contre-attaque dans la région de Kharkov, dirigée par le général Hoth avec le corps blindé SS sous le commandement de Hausser. C’est le début de la troisième bataille de Kharkov.
État du terrain
L’hiver est encore en cours. Le gel nocturne permet certains mouvements, mais la boue (raspoutitsa) commence à réapparaître par endroits en journée :
- Le terrain est difficile pour les blindés.
- Les conditions de vie des soldats sont extrêmement rudes, surtout pour les unités allemandes en retraite ou encerclées.
Pertes et prisonniers
Les combats depuis janvier ont été très coûteux pour les deux camps :
- Allemagne et alliés : plus de 500 000 hommes perdus entre novembre 1942 et mars 1943 (Stalingrad, Don, Caucase, etc.). Parmi eux, près de 91 000 faits prisonniers à Stalingrad. Les armées italiennes et hongroises ont été anéanties.
- Union soviétique : pertes estimées à 500 000 à 700 000 hommes pour les offensives hivernales. Les combats sont très violents, souvent en terrain découvert ou urbain.
Points d’accrochage, batailles principales
- Stalingrad : combat terminé le 2 février avec la reddition totale des forces allemandes.
- Caucase : combats de repli, avec les Allemands évacuant les zones les plus exposées.
- Kharkov : la ville a changé de mains le 16 février, reprise par les Soviétiques, mais la contre-attaque allemande est en cours fin février.
- Koursk, Belgorod, Voronej : zones de combats intenses, future ligne de front pour la bataille à venir.
Forces en présence
- URSS : environ 6,7 millions de soldats mobilisés sur l’ensemble du front de l’Est en mars 1943. L’armée est mieux organisée, équipée par la production industrielle de guerre soviétique et les livraisons américaines via le prêt-bail.
- Allemagne et alliés : environ 3,5 à 4 millions de soldats, avec des pertes massives subies en janvier-février. Le Groupe d’armées Sud est affaibli, le Groupe d’armées Centre plus stable.
Informations transmises à Hitler et Staline
- À Hitler : les rapports du front sont alarmants. La défaite de Stalingrad est officiellement minimisée. Hitler interdit toute retraite supplémentaire. Il exige une contre-attaque, d’où l’opération de Kharkov. La propagande met en avant l’héroïsme de la 6e armée.
- À Staline : la victoire de Stalingrad est célébrée, mais l’état-major est conscient que les unités avancent trop vite. Staline approuve la pause opérationnelle prévue après mars, en préparation de l’été.
Objectifs immédiats
- Pour l’Allemagne : reprendre Kharkov, stabiliser le front du Donetz, préparer une contre-attaque au printemps.
- Pour l’URSS : exploiter les percées, encercler les groupes allemands affaiblis, menacer les arrières du Groupe d’armées Centre.
Éléments imprévus
- La contre-attaque allemande à Kharkov surprend les Soviétiques mal préparés à la défensive. Elle redonne temporairement l’initiative aux Allemands.
- L’épuisement logistique de l’Armée rouge freine les gains plus à l’ouest. La guerre éclair soviétique est freinée par ses propres limites.
Conclusion au 1er mars 1943
Le front est en mouvement. La victoire soviétique à Stalingrad a brisé l’élan allemand et permis une libération massive de territoire. L’Armée rouge a mené une offensive fulgurante, mais elle se heurte désormais aux limites physiques et logistiques. Les Allemands, bien que en recul, reprennent l’initiative localement à Kharkov. La guerre d’usure bascule peu à peu en faveur des Soviétiques, mais la lutte est loin d’être terminée.