La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est Service Hotton. Les variantes relevées sont service de sabotage Hotton et, pour l’une de ses composantes les mieux documentées, Groupe D du service de sabotage Hotton. Les bases institutionnelles belges le définissent comme un mouvement armé de la Résistance intérieure belge.

Création du réseau

La base Resistance in Belgium date sa fondation entre le 1 octobre 1943 et le 30 décembre 1943. Le CegeSoma précise que le service est créé à l’initiative des autorités belges et britanniques en 1943, et que la mission est lancée par le Special Operations Executive britannique avec l’accord du ministère belge de la Défense nationale à la fin de l’été 1943. La même source ajoute que l’organisation ne prend réellement forme qu’au début de 1944, avec la nomination de Albéric MAISTRIAU à sa tête.

Organisation interne

Le Service Hotton a pour objectif de harceler militairement l’occupant en s’attaquant surtout à ses voies de communication et à ses télécommunications. Le CegeSoma indique qu’Albéric Maistriau rallie des groupes déjà existants et qu’il dispose rapidement d’équipes à Morlanwelz, Belgique, dans la région de Chimay-Mariembourg, Belgique, à Ottignies, Belgique, Fosses, Belgique, Eghezée, Belgique, Namur, Belgique, Melreux, Belgique, Vielsalm, Belgique, Liège, Belgique et Bruxelles, Belgique, pour un total d’environ 350 résistants. La base Resistance in Belgium mentionne en outre plusieurs responsables, dont Albéric Maistriau, Marcel Franckson, Jean Franckson, Adhémar Delplace, Léon Joye, François Mathot, Célestin Evrard, Robert Van Gremberghe, Pierre Lamin, Arthur Cacheux et René Dineur.

Actions menées pendant la Résistance

Le but principal du service est la désorganisation des communications ennemies par des actes de sabotage. Le Groupe D, ancien groupe Franckson, est la composante la mieux documentée. Dans la région boisée de Thiérache, ses actions s’intensifient entre juin 1944 et septembre 1944. Le bilan donné par Belgium WWII mentionne l’incendie de trains de marchandises, la destruction de locomotives, de lignes de télécommunication, d’installations industrielles, de carburant, de matériel militaire, ainsi que la mise hors service d’avions, de postes d’écoute et de signalisations ferroviaires et routières.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le Service Hotton naît d’une coopération entre les autorités belges et britanniques, avec une implication directe du SOE. Le Groupe D provient pour sa part du groupe Franckson, lui-même d’abord lié au Front de l’Indépendance dans la région de Chimay-Mariembourg, avant d’être intégré à la structure Hotton. La mission relève donc d’une coordination entre groupes préexistants, autorités belges de Londres et structures britanniques d’action clandestine.

Chefs et figures marquantes

Albéric MAISTRIAU est présenté par les sources institutionnelles comme le chef du Service Hotton au moment où il prend forme au début de 1944. Son rôle consiste à fédérer rapidement des groupes capables de sabotage dans un plan coordonné.

Marcel FRANCKSON est l’une des figures majeures du Groupe D. La documentation du CegeSoma et de Belgium WWII distingue le père et le fils. Le père dirige le groupe à partir de 1942 puis est arrêté en mai 1944. La légende archivistique citée par Belgium WWII indique qu’il meurt à Buchenwald,Allemagne.

Jean FRANCKSON figure parmi les personnes en charge dans la base Resistance in Belgium. Les sources ouvertes consultées ne permettent pas ici de préciser davantage son rôle exact ni son sort pendant la guerre.

Camille SERVAIS apparaît dans la documentation du Groupe D comme collaborateur direct de Marcel Franckson. La légende archivistique citée sur Belgium WWII le donne comme mort à Buchenwald, Allemagne.

France DESMEDT est citée parmi les capturés de Seron le 27 mai 1944. La même source indique qu’elle meurt des suites de sa captivité.

Victimes et morts

Les sources du CegeSoma indiquent que, pour le Groupe D, 8 membres meurent dans les combats ou actions entre juin et septembre 1944, tandis que 61 autres sont arrêtés par les polices allemandes, dont 23 meurent, exécutés ou d’épuisement dans les camps. Une autre synthèse de Belgium WWII précise que, de 1941 à 1944, 86 membres du groupe sont arrêtés, 15 condamnés à mort, 35 déportés hors de Belgique et 35 résistants du Groupe D meurent des suites de leur activité résistante. Ces chiffres concernent le Groupe D, non l’ensemble complet du Service Hotton, et cette distinction doit être conservée.

Survivants identifiés

Le Groupe D se constitue en Fraternelle dès 1946, ce qui atteste l’existence d’un noyau de survivants. Les sources ouvertes nomment notamment des survivants du groupe dans les légendes et la mémoire de la fraternelle, mais elles ne permettent pas ici d’en dresser une liste exhaustive et rigoureusement vérifiée pour l’ensemble du Service Hotton.

Fin du réseau

Les sources ouvertes consultées ne donnent pas une date unique de dissolution pour le Service Hotton dans son ensemble. Elles montrent cependant que ses actions culminent à l’approche de la Libération et que la mémoire organisée des anciens se structure en Fraternelle à partir de 1946. La fin opérationnelle du service doit donc être rattachée à la Libération de la Belgique en 1944, sans qu’une date juridique précise puisse être avancée ici pour l’ensemble du réseau.

Conséquences et mémoire

Le CegeSoma considère les archives du Service Hotton comme très précieuses pour l’histoire de la résistance armée en Wallonie. La mémoire du Groupe D s’est prolongée dans une Fraternelle, dans la création d’un musée Entre occupation et résistance à Brûly-de-Pesche, Belgique, d’une chapelle Notre-Dame du maquis, ainsi que de plaques commémoratives à l’Université libre de Bruxelles et à Ixelles, Belgique, rue Van Volsem.

Références bibliographiques

Marcel Franckson et Jacques Burniat, Chronique de la guerre subversive. Le service Hotton en Thiérache, Bruxelles, FDM Édition, 1996. Cet ouvrage est directement cité par le CegeSoma comme référence majeure. Il traite de l’activité du service en Thiérache, de ses sabotages, de son implantation et de ses acteurs. Il constitue la référence la plus précise pour le Groupe D et son environnement.

José Béroudia et Marcel Franckson, Les outils de la lutte clandestine, 1914-44 : l’armement du Service Hotton, Bruxelles, FDM Édition, 2000. Ce livre permet d’approcher le matériel, les techniques et les conditions concrètes de l’action clandestine. Il est utile pour comprendre la nature militaire et technique du service. Il éclaire les moyens de sabotage employés par le groupe.

Laurent Deconinck, La résistance en Belgique : analyse sociologique du Groupe D du Service de Sabotage Hotton, mémoire de master en histoire, Université libre de Bruxelles, 2019-2020. Ce travail universitaire est signalé dans la bibliographie de Belgium WWII. Il apporte un éclairage analytique sur la composition sociale, le fonctionnement et les trajectoires du Groupe D. Il est précieux pour dépasser le seul récit mémoriel.

Henri Bernard, La Résistance en Belgique 1940-1945, Bruxelles, 1971. Cette synthèse générale permet de replacer le Service Hotton dans le paysage plus large des résistances armées belges. Elle est utile pour le contexte stratégique et politique. Elle sert de référence d’élargissement quand on passe du Groupe D au réseau plus large.

Emmanuel Debruyne, La guerre secrète des espions belges 1940-1944, Bruxelles, Racine, 2008. L’ouvrage n’est pas centré exclusivement sur Hotton, mais il aide à situer les relations entre services belges, autorités de Londres et action clandestine. Il éclaire le contexte des missions liées au sabotage. Il est utile pour le lien avec les autorités belges et britanniques.

Références internet

Resistance in Belgium fournit la notice structurée du Service Hotton, avec nature du mouvement, aire d’activité, datation de fondation et liste des principaux responsables. Cette base est essentielle pour la définition archivistique du service.  : https://data.arch.be/wiki/Item:Q6635

CegeSoma présente les archives du service Hotton et de sa fraternelle. Cette page est capitale pour comprendre la mission générale du service, son origine belgo-britannique, son implantation géographique, ses effectifs approximatifs et la valeur de ses archives.  https://www.cegesoma.be/fr/archives-du-service-hotton-et-de-sa-fraternelle

Belgium WWII / CegeSoma consacre une synthèse au Groupe D du service de sabotage Hotton. Cette page documente concrètement les sabotages, les arrestations, les pertes humaines et les formes de mémoire de la fraternelle. Elle est indispensable pour approcher la composante la mieux connue du service. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/groupe-d-du-service-de-sabotage-hotton-le.html

Belgium WWII / CegeSoma consacre aussi une page au Groupe Franckson, ancêtre du Groupe D. Cette synthèse est utile pour comprendre la généalogie du groupe, ses liens avec l’ULB, le Front de l’Indépendance, puis le SOE. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/groupe-franckson-le-des-experts-en-guerilla.html

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance, Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica (BnF), Service Historique de la Défense (SHD), Belgium WWII / CegeSoma, Resistance in Belgium / Archives de l’État en Belgique, sites d’associations mémorielles locales, Wikipédia uniquement à titre de contrôle complémentaire. Date de vérification : 17 mars 2026.

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