Sabotage ferroviaire de Vercheny (Drôme),
Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1943, à l’instigation d’Alfred SIMONOT, chef de gare par intérim à Vercheny, un groupe de résistants de Saillans–Vercheny organise un sabotage sur la ligne Livron–Briançon, au PK 41,890, entre Vercheny et Pontaix
Sous la responsabilité militaire de Georges DUJET, instituteur et responsable local FTP, le commando (incluant des cheminots, étudiants, un docteur et divers volontaires) déboulonne et rippe la voie sur près de 100 m. Faute d’explosifs, l’opération se fait de nuit simplement à la masse, avec outils fournis par Simonot
Au matin, vers 7h, un train de permissionnaires allemands déraille : la loco et 14 wagons s’enflamment, notamment un wagon-citerne d’essence et deux wagons de munitions, provoquant une explosion extrêmement violente. On dénombre au moins 19 tués (12 sur place, 7 morts à l’hôpital à Valence) et une quarantaine de blessés.
La voie restera hors service pendant huit jours, complétant le remplacement de la grue endommagée lors du nettoyage des débris .
Répression et conséquences
Le 23 décembre, les autorités allemandes réquisitionnent le personnel médical local (médecins, infirmières) pour soigner les victimes . Parmi eux figurent André SAVIARD, ambulancier, et Odette MALOSSANE, infirmière, qui seront plus tard arrêtés et déportés.
Le 27 décembre, pour chaque soldat allemand tué, trois otages sont raflés dans les communes alentour (Barsac, Pontaix, Sainte-Croix, Vercheny) : 57 hommes sont déportés, dont 38 ne reviendront pas .
Acteurs principaux et victimes
- Alfred SIMONOT : chef de gare par intérim, organisateur logistique du sabotage
- Georges DUJET : instituteur, responsable militaire local (FTP)
- Résistants impliqués : Beltrandi (SNCF), René Abonnenc (23 ans, mort en déportation), Docteur Hilaire (FTP), Marcel Samuel, étudiants Henri Genevès (fusillé plus tard) et Serge Basset dit « Alexis » (mort accidentellement à l’explosion)
Lieux de mémoire
- Monument aux déportés de Vercheny, situé à Vercheny-le-Haut, énumérant les victimes et distinct entre morts au combat et déportés
- Autres stèles/mémoriaux dans les communes touchées : Barsac, Pontaix, Sainte-Croix, Saillans, commémorant les rafles et déportations
- Quelques plaques locales rendant hommage à la mémoire des civils et résistants.
Références bibliographiques
Pour l’amour de la France – Drôme‑Vercors 1940‑1944, Fédération des Unités Combattantes de la Résistance et des FFI de la Drôme, éd. Peuple Libre, 1989. Synthèse régionale retraçant les principales actions de résistance, incluant de nombreux témoignages liés à Vercheny, aux rafles et à la répression.
De la Drôme aux camps de la mort – Les déportés politiques de la Drôme, Robert Serre, éd. Peuple Libre / Notre Temps, avril 2006. Recueil minutieux de destinées individuelles, dont celles d’André Saviard, Odette Malossane, René Abonnenc et Henri Genevès, enrichi d’archives BCRA et préfectorales.
La Résistance dans le département de la Drôme (1940‑1944), Patrick Martin, thèse Doctorat Université Paris IV-Sorbonne, 2001. Étude universitaire contextualisant les réseaux FTPF locaux, les sabotages ferroviaires et les politiques de répression dans la vallée de la Drôme.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=2&media=540
Galerie de photographies du sabotage à Vercheny et récit détaillé des actions, victimes, répression et résistants impliqués museedelaresistanceenligne.orgmuseedelaresistanceenligne.org+3museedelaresistanceenligne.org+3museedelaresistanceenligne.org+3
Geneawiki – Les déportés Diois du 27 décembre 1943 : https://fr.geneawiki.com/wiki/Les_d%C3%A9port%C3%A9s_Diois_du_27_d%C3%A9cembre_1943
Liste nominative des 57 raflés, avec détails sur les arrestations, professions, destins en camps fr.geneawiki.commuseedelaresistanceenligne.org
KilroyTrip (mémorial Saillans Drôme) : https://www.kilroytrip.fr/memoriaux/memorial-saillans-drome
Localisation et description du mémorial principal avec indication des dates, lieux et victimes kilroytrip.fr