Jean ROSENTHAL, né le 5 septembre 1906 à Paris (1er), mort le 2 août 1993 à Garches (Hauts-de-Seine)
Issu d’une famille de joailliers, Jean Rosenthal travaille très tôt dans la joaillerie familiale avant de se mettre à son compte en 1935. Mobilisé comme lieutenant de réserve en septembre 1939 à la 8e escadre aérienne, il est démobilisé à l’été 1940 et se replie à Megève où il demeure jusqu’à son entrée en mission clandestine. Ces éléments figurent dans sa notice officielle de Compagnon de la Libération.
Engagement dans la Résistance / France libre
Il rejoint la France libre et est incorporé au BCRA le 1er septembre 1943. Sous le nom de guerre « Cantinier et Aphothème » , il est envoyé en zone R1 pour une mission interalliée conjointe avec le SOE britannique. La notice officielle précise son rôle de chef de mission BCRA et son départ pour la France occupée à l’automne 1943.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Rosenthal est l’élément français de la mission interalliée « Musc », en binôme avec le lieutenant-colonel Richard Heslop (« Xavier ») du SOE, chargée d’évaluer, d’armer et de coordonner les maquis de Haute-Savoie, de l’Ain, du Jura et de l’Isère. Cette association BCRA/SOE et la tournée d’inspection des maquis sont confirmées par l’Ordre de la Libération et par des synthèses institutionnelles (patrimoines de l’Ain ; Chemins de mémoire).
Missions et actions
Parachuté fin septembre 1943 sur un terrain de la région Rhône–Ain–Saône-et-Loire, Rosenthal installe notamment un poste radio à la gendarmerie de Megève pour liaisons Londres/maquis.
Il sillonne ensuite R1 afin d’homologuer des terrains et d’organiser les parachutages d’armes. Au début de mars 1944, il monte au plateau des Glières et, via la liaison radio, annonce de grands parachutages et la nécessité de tenir, ce qui nourrit l’élan — et les risques — des Glières.
Après un aller-retour à Londres début mai 1944, il revient en mission. Ces points sont attestés par l’Ordre de la Libération, par des dossiers du Musée de la Résistance en ligne (Haute-Savoie) et par des synthèses « Chemins de mémoire » et Association des Glières.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation ni déportation n’est mentionnée dans ses notices institutionnelles ; il poursuit ses missions et survivra à la guerre.
Camarades de combat
Il travaille étroitement avec Richard H. Heslop (« Xavier », chef du réseau SOE Marksman) et coopère avec les responsables FFI locaux, notamment Henri Romans-Petit. Les sources publiques rappellent ce binôme Heslop/Rosenthal et la coordination avec l’AS/FFI.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Rosenthal reprend une vie publique active ; il devient une figure reconnue (Compagnon de la Libération) et est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.
Décorations
- Légion d’honneur : Grand officier (date non précisée sur la notice). Source : Ordre de la Libération.
- Compagnon de la Libération : par décret du 20 novembre 1944 (France). Source : Ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1939-1945 (six citations) (France). Source : Ordre de la Libération.
- Médaille coloniale (France). Source : Ordre de la Libération.
- Military Cross (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Sépulture : cimetière du Montparnasse (Paris). Présence et rôle rappelés dans les institutions nationales (Chemins de mémoire ; Ordre de la Libération).
Références bibliographiques
SOE en France, Michael R. D. Foot (trad. : Des Anglais dans la Résistance), Tallandier, 2008. Synthèse de référence sur la Section F et ses interactions avec le BCRA ; l’ouvrage éclaire les missions interalliées comme « Musc » et replace Rosenthal dans l’écosystème SOE/FFI.
Les Glières, Jean-Louis Crémieux-Brilhac (articles et études), divers éditeurs. Analyse l’épisode des Glières et les dimensions de guerre psychologique, permettant de resituer les messages et injonctions transmis par « Cantinier ».
Montagnes en résistance, Antoine de Baecque (dir.), Presses universitaires de Rennes, 2012. Regards croisés sur les maquis alpins ; mentionne le tandem Heslop/Rosenthal et les décisions opérationnelles R1.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice officielle « Jean Rosenthal » (bio, missions, décorations). https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-rosenthal Musée de l’Ordre de la Libération
Musée de la Résistance en ligne. Fiche « Jean ROSENTHAL (Haute-Savoie) » extraite du CD-ROM régional. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail_pdf.php?id=39078 museedelaresistanceenligne.org
Chemins de mémoire. Synthèse sur Rosenthal et sur les Glières. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/jean-rosenthal Chemins de Mémoire
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD non retrouvée en ligne
Observations orthographiques / divergences
Le nom de guerre de Jean Rosenthal est « Cantinier » (parfois imprimé « Cantinnier » dans des publications locales) ; nous retenons la forme « Cantinier » utilisée par l’Ordre de la Libération et les sites institutionnels. Aucune divergence constatée sur l’état civil ; les dates 1906–1993 sont homogènes dans les sources officielles.