André RONDENAY, né le 26 août 1913 à Saint-Germain-en-Laye, mort le 15 août 1944 à Domont.
Fils d’un général, André RONDENAY suit son père au gré des affectations (Constantine, Paris, Saint-Maixent). Bachelier, il prépare les grandes écoles au lycée Janson-de-Sailly et intègre l’École polytechnique (promotion 1933). Il choisit l’artillerie, passe par l’École d’application de Fontainebleau, puis est affecté au 39e régiment d’artillerie à Metz en 1938.
Engagement dans la Résistance
Fait prisonnier dans les Vosges le 20 juin 1940, interné successivement dans plusieurs Oflags, il tente à plusieurs reprises de s’évader. Après un passage par Colditz, il s’évade le 19 décembre 1942 de l’Oflag de Lübeck grâce à de faux papiers, rejoint la France puis franchit la frontière espagnole le 25 janvier 1943. Après de nouveaux épisodes d’évasion et un passage par le Portugal, il gagne l’Angleterre le 4 avril 1943, s’engage dans les Forces françaises libres sous le nom d’emprunt « André Claude » et est affecté au BCRA, où il se porte volontaire pour des missions spéciales.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son appartenance au BCRA est explicitement établie par la biographie officielle de l’Ordre de la Libération, qui le rattache aux « missions spéciales » et à l’organisation du Plan Tortue (mission « Lemniscate »), puis à des fonctions de délégué militaire de la Résistance (DMR) en région parisienne et en Zone Nord.
Missions et actions
Déposé en France par opération Lysander le 13 septembre 1943 près de Tours avec Noël PALAUD, il gagne Paris, recrute, organise et prépare la mise en œuvre du Plan Tortue visant à neutraliser les Panzer-Divisions au moment du Jour J. Il s’appuie sur des réseaux locaux pour la réception, le stockage et la distribution d’armes, et coordonne des actions de sabotage afin de réduire l’intérêt militaire de sites industriels et d’éviter des bombardements aux conséquences civiles lourdes.
De février à mars 1944, il participe à des coups de main contre des usines de la région parisienne avec le groupe de la mission « Patchouli ». En avril 1944, devenu délégué militaire de la Zone Nord, il prend contact avec des organisations des PTT (Plan Violet) et des cheminots (Plan Vert). En mai-juin 1944, il rejoint les maquis de l’Aube, de l’Yonne et de la Nièvre, participe à des sabotages (voies ferrées, écluses) et, le 13 juin 1944, attaque à la tête de groupes francs trois compagnies allemandes encerclant des unités FFI à Lorme, permettant le décrochage du maquis.
Arrestation / évasion / déportation / exécution Arrêté le 27 juillet 1944 au métro La Muette à Paris sous le nom de « Jean-Louis Lebel », il est interrogé durement sans livrer ses informations. Destiné à la déportation le 15 août 1944, il est identifié au dernier moment et extrait du convoi en gare de Pantin avec plusieurs compagnons. Conduit à Domont (Val-d’Oise), au lieu-dit des « Quatre Chênes », il est assassiné par la Gestapo le 15 août 1944. Il est inhumé après la Libération au cimetière du Montparnasse à Paris.
Camarades de combat Les sources officielles citent notamment Noël PALAUD (compagnon d’évasion et de mission), André BOULLOCHE (rencontré en Espagne, remplacé comme DMR), Jean PÉTRI (organisation des parachutages/BOA), ainsi que des membres de la mission « Patchouli » (Marcel SUARÈS, Pierre BRIOUT, François FOUQUAT) et Alain de BEAUFORT, arrêté avec lui et assassiné à Domont.
Décorations officielles
- Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 28 mai 1945.
- Chevalier de la Légion d’honneur.
- Croix de guerre 1939-1945.
- Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 3 août 1946)
- Médaille des Évadés.
- Distinguished Service Order (Royaume-Uni).
Ces décorations et attributions sont listées sur la notice officielle de l’Ordre de la Libération, qui fait autorité pour le titre de Compagnon, et récapitulées dans la notice.
Lieux de mémoire associés au résistant
À Domont, le lieu-dit « Carrefour des Quatre Chênes » est associé à son assassinat et une stèle y marque la mémoire des fusillés, la notice Maitron localisant explicitement le site mémoriel et la cérémonie commémorative.
À Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), une rue porte le nom « Anselme Rondenay » (dénomination confirmée par des sources publiques de toponymie urbaine, sans que l’année d’attribution ne soit indiquée dans les pages consultées).
Références bibliographiques
Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo. André Rondenay, agent de la France libre, Joël Drogland, Fondation de la Résistance (édition signalée par l’Association des amis de la Fondation), ISBN indiqué dans la notice de présentation. L’ouvrage est centré sur la mission, la mise en place du Plan Tortue, la coordination des maquis du Morvan et la traque par la Gestapo, en replaçant Rondenay dans la chaîne BCRA-DMR et dans les tensions d’organisation de la Résistance intérieure.
La Lettre de la Fondation de la Résistance n°105 (dossier), Fondation de la Résistance, PDF. Le numéro comporte un article consacré à la « traque » d’André Rondenay, contextualise ses fonctions de DMR et reproduit des éléments iconographiques, tout en renvoyant à des sources d’archives (dont une référence SHD associée à son dossier).
Références internet
Ordre de la Libération, notice « André RONDENAY », biographie détaillée, dates, alias, chronologie des évasions, mission Lemniscate/Plan Tortue, fonctions DMR, arrestation et assassinat, liste des décorations. URL : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-rondenay
Maitron (Résistance / Fusillés 40-44), notice « RONDENAY André… », qui confirme l’exécution sommaire à Domont et rappelle l’attribution du titre de Compagnon (décret) et des décorations, avec mise en contexte biographique. URL : https://fusilles-40-44.maitron.fr/rondenay-andre-louis-claude-sapeur-lemniscate-jarry/
Musée de la Résistance en ligne (AERI), page « André Rondenay », centrée sur son action au printemps-été 1944 dans les maquis (Aube, Yonne, Nièvre) et les sabotages (voies ferrées, écluses), et sur l’action du 13 juin 1944 à Lorme. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media4826-Andr-Rondenay
Archives départementales de l’Yonne, page de présentation d’un contenu consacré à Rondenay et à la traque (piste utile pour approfondissements archivistiques locaux). URL : https://archives.yonne.fr/n/andre-rondenay-delegue-militaire-du-general-de-gaulle-traque-par-un-agent-double/n:348