Pierre Achille Julien RIVAULT, alias « Bebia-James » ou « James », né le 6 mai 1920 à Tours (Indre-et-Loire), exécuté le 20 juillet 1944 à La Maurelière, commune de Senez (Basses-Alpes, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence), français.
Pierre Rivault travaille comme ouvrier à l’usine des Bormettes, à La Londe-les-Maures. Les sources mémorielles locales indiquent qu’il quitte son emploi et son lieu de résidence pour échapper au Service du travail obligatoire. Il rejoint le maquis en mars 1943. Le répertoire du Service historique de la Défense confirme son identité complète, sa naissance le 6 mai 1920 à Tours et l’existence d’un dossier administratif de résistant.
Engagement dans la Résistance
Réfractaire au STO, Rivault s’engage dans les Francs-tireurs et partisans français. Une ressource mémorielle locale le donne chef du détachement « Santerre » à Brue-Auriac ; une étude de Jean-Marie Guillon confirme qu’un ouvrier de La Londe nommé Pierre Rivault, dit « Bibbia », prend la direction de ce détachement à la fin de 1943. Son parcours le conduit ensuite dans les Basses-Alpes.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Pierre Rivault appartient aux FTPF. Au début de juin 1944, un groupe de la 2e compagnie installé dans le secteur Barrême–Saint-André devient le noyau de la 13e compagnie FTPF. Le Musée de la Résistance en ligne donne Rivault, alias « Bebia-James », comme commandant de cette compagnie. Son dossier SHD GR 16 P 512987 indique une homologation FFI et une homologation DIR.
Missions et actions
Les sources lui attribuent plusieurs responsabilités opérationnelles. À Brue-Auriac, il commande le détachement Santerre et participe à des actions armées. Dans les Basses-Alpes, la 13e compagnie mène des sabotages et des opérations de harcèlement. Le 13 juillet 1944, un détachement sabote le pont métallique de Senez sur la RN 85 en cisaillant trois de ses quatre cornières. Le 14 juillet, les FTP et le maquis Fort-de-France participent à une manifestation commune à Barrême. Rivault reste le commandant de compagnie jusqu’à sa capture.
Arrestation / évasion / déportation
Le 20 juillet 1944, Pierre Rivault est capturé avec neuf autres FTPF près de La Maurelière, sur la commune de Senez. Les sources locales et le Musée de la Résistance en ligne rapportent qu’ils sont brutalisés puis exécutés au bord de l’Asse de Blieux. Le corps de Rivault n’est identifié qu’en 1945, puis son décès est transcrit dans l’état civil de Senez.
Camarades de combat
Il commande les hommes de la 13e compagnie FTPF du secteur Barrême–Saint-André. Les sources photographiques et mémorielles associent notamment à cette compagnie Rémy Primault et d’autres combattants dont les noms figurent sur la stèle de Senez. Les relations opérationnelles avec le maquis Fort-de-France sont attestées par les actions et cérémonies communes de juillet 1944.
Retour à la vie civile
Sans objet : Pierre Rivault est exécuté le 20 juillet 1944, à vingt-quatre ans.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Lieux de mémoire
Une stèle sur la RN 85, près du pont de La Maurelière à Senez, porte le nom de Pierre Rivault parmi dix résistants tombés le 20 juillet 1944. À La Londe-les-Maures, la place Pierre-Rivault, dans le quartier des Bormettes, porte son nom depuis le 9 février 1945 ; une stèle des Bormettes rappelle également son sacrifice.
Références bibliographiques
Mémoires d’un maquis, Fort-de-France, Basses-Alpes, Michel Truffet et Bernard Valentini (dir.), Le Manuscrit, 2009. Recueil mémoriel consacré au maquis Fort-de-France, à ses cadres, à ses combattants et à ses opérations dans les Basses-Alpes.
Histoire du maquis Fort-de-France, Alpes-de-Haute-Provence : Le pont est voûté, Bernard Valentini et coll., Le Manuscrit, 2014. Travail fondé sur témoignages et archives locales, utile pour la formation du maquis, les actions du secteur Barrême–Saint-André et la mémoire de ses membres.
Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence, 1939-1945. Ouvrage de référence régional utilisé par les ressources du Musée de la Résistance en ligne pour documenter les compagnies FTP et les combats des Basses-Alpes.
Jean-Marie Guillon, Les artisans de la lutte armée : les FTP en Provence. Étude historique universitaire sur les FTP provençaux ; elle mentionne Pierre Rivault, ouvrier de La Londe, à la tête du détachement Santerre avant son transfert dans les Basses-Alpes.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. Notice photographique sur le détachement de la 2e/13e compagnie FTPF à La Melle ; confirme le commandement de Pierre Rivault, le pseudonyme Bebia-James, le sabotage du 13 juillet et l’exécution du 20 juillet. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/pageDoc/pageDoc_theme.php?id_expo=49&id_media=1623&id_sstheme=439
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Répertoire GR 16 P, lettre R : cote GR 16 P 512987, identité complète, naissance à Tours et homologations FFI et DIR.
Destination Côte d’Azur France. Notice de la stèle des Bormettes : naissance, emploi aux Bormettes, départ au maquis, exécution et place Pierre-Rivault. https://cotedazurfrance.fr/offres/stele-des-bormettes-la-londe-les-maures-fr-3001654/
Visit Var. Notice mémorielle sur les résistants londais ; confirme la mort de Rivault le 20 juillet 1944 à Senez. https://www.visitvar.fr/fiche/stele-des-martyrs-de-la-resistance-5327270
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense : GR 16 P 512987, RIVAULT Pierre Achille Julien, né le 6 mai 1920 à Tours ; répertoire public indiquant une homologation FFI et une homologation DIR.
Observations
Le pseudonyme est orthographié de plusieurs manières : « Bebia-James » dans le Musée de la Résistance en ligne, « Bibbia » dans l’étude de Jean-Marie Guillon, et « James » dans le récit de la fin de la compagnie. Ces variantes sont compatibles avec une transcription fluctuante d’un nom de guerre. La concordance de l’état civil, de la profession et de la trajectoire permet d’écarter les homonymes Pierre Rivault.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Le SHD établit l’identité et les homologations ; le Musée de la Résistance en ligne et les ressources mémorielles locales concordent sur le commandement de la 13e compagnie, les actions et l’exécution.
Chronologie
| Date | Événement |
| 6 mai 1920 | Naissance à Tours. |
| Mars 1943 | Quitte La Londe-les-Maures pour échapper au STO et rejoint le maquis. |
| Fin 1943-début 1944 | Responsabilité au détachement FTP « Santerre ». |
| Début juin 1944 | Prend le commandement de la 13e compagnie FTPF du secteur Barrême–Saint-André. |
| 13 juillet 1944 | Sabotage par un détachement de la compagnie du pont métallique de Senez sur la RN 85. |
| 14 juillet 1944 | Manifestation commune des FTP et du maquis Fort-de-France à Barrême. |
| 20 juillet 1944 | Capture, torture et exécution à La Maurelière, Senez. |
| 1945 | Identification du corps et transcription à l’état civil de Senez. |
Sources consultées le 31 août 2026
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Répertoire GR 16 P, lettre R, cote GR 16 P 512987 ; apporte l’identité complète, la naissance et les homologations FFI/DIR.
Musée de la Résistance en ligne. Notice « Détachement Toto de la 2e compagnie FTPF à La Melle en juillet 1944 » ; apporte le pseudonyme, le commandement, le sabotage de Senez, la mort et la stèle. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/pageDoc/pageDoc_theme.php?id_expo=49&id_media=1623&id_sstheme=439
Destination Côte d’Azur France. Notice « Stèle des Bormettes » ; apporte la profession, le départ au maquis, le détachement Santerre, l’exécution et la place Pierre-Rivault. https://cotedazurfrance.fr/offres/stele-des-bormettes-la-londe-les-maures-fr-3001654/
Jean-Marie Guillon / Var 1939-1945. Étude « Les artisans de la lutte armée : les FTP » ; apporte la mention de Rivault, dit Bibbia, ouvrier de La Londe et responsable du détachement Santerre.