La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Pau, située dans les Basses-Pyrénées (aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques), apparaît dès la fin juin 1940 comme l’un des premiers foyers de la Résistance du département. Une réunion clandestine y réunit le 20 juin 1940, autour du café‑brasserie du Centre, des acteurs pionniers comme Ambroise Bordelongue, Honoré Baradat, Joseph Santaoloria, Robert Lacoste et Louis Ducau. Cet événement, commémoré dès 1946 par une plaque, marque symboliquement le début de la Résistance locale

Réseaux de Résistance : émergence, structures, actions

Le réseau Alliance est fondé dès l’été 1940 à Pau par le général Georges Loustaunau‑Lacau. Spécialisé dans le renseignement, il est d’abord affilié au Service de renseignement britannique, puis, à partir de mars 1944, au BCRA. À la suite de l’arrestation de son fondateur, la direction passe à Marie‑Madeleine Méric (juillet 1941 – juillet 1943), qui dirige remarquablement ce réseau historiquement significatif, comprenant une forte proportion de femmes. Le réseau transmet des renseignements cruciaux à Londres via radio et subit une répression sévère à partir de 1942. Des arrestations massives, condamnations à mort et déportations ont lieu jusqu’en 1944

Le réseau Alibi est créé à Pau par Georges Charaudeau, résistant et journaliste. Dès la mi‑1940, il établit une ligne de renseignement vers l’Intelligence Service britannique grâce à ses contacts et connaissances dans la région, puis en Espagne

Figures marquantes

  • Georges Loustaunau‑Lacau, natif de Pau (1894–1955), ancien militaire, fonde le réseau Alliance. Arrêté en 1941 puis déporté à Mauthausen, il survit à la guerre et devient député des Basses-Pyrénées après la Libération
  • Georges Charaudeau, créateur du réseau Alibi, rend des services de renseignement précieux à l’Intelligence Service britannique de 1940 à 1944. Il occupe ensuite divers postes administratifs et sportifs à la Libération
  • Boris Delocque‑Fourcaud, né à Pau, commande en août 1941 une unité de transport et de liaison du réseau Brutus, avant de rejoindre les Forces aériennes françaises libres et de servir dans le SDECE après la guerre
  • François Récaborde, ancien joueur de rugby local, résistant du réseau Alibi, est fait prisonnier par la Wehrmacht mais s’évade ; il est décoré de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur. Une place dans Pau porte désormais son nom en hommage
  • Henriette Bidouze, alias Ginette, milite dans des actions d’entraide aux internés, organise des comités féminins, assure des liaisons avec les maquis et participe activement à la Résistance locale

Événements marquants

La réunion du 20 juin 1940 est le premier acte connu de résistance organisée à Pau, attestant d’une mobilisation précoce et structurée dès l’armistice

Mémoire et lieux commémoratifs

  • La plaque du café de la rue de la République (n° 5) rappelle la réunion du 20 juin 1940, considéré comme le point de départ symbolique de la Résistance locale
  • Des cérémonies commémoratives ont eu lieu autour du 80ᵉ anniversaire de la Libération en août 2024. Elles incluaient des hommages au charnier du Pont‑Long, au carré des fusillés, et au Mémorial de la Résistance et de la Déportation place Albert 1er, suivis d’animations populaires au parc Beaumont

Références bibliographiques

  • La Résistance dans le Sud-Ouest au regard d’autres espaces européens (1940 à nos jours) Sous la direction de Laurent Jalabert et Stéphane Le Bras, Éditions Cairn, Pau, 2016 Cet ouvrage collectif explore les résistances locales dans l’ensemble du Sud-Ouest (dont le Béarn) et les met en perspective avec d’autres régions européennes. Il inclut des communications d’historiens sur les réseaux, les modes de répression et la mémoire. On y trouve des chapitres sur les réseaux de passage, l’organisation locale et des études de cas dans les Basses-Pyrénées.
  • La Résistance à Pau (Basses-Pyrénées) et le passage des Pyrénées Marcelle Flach, réédition numérique (original paru vers 1946) Ed Eyrolles Cet ouvrage ancien, centrée sur les résistances locales autour de Pau et le passage clandestin des Pyrénées, offre témoignages, récits de filières de passage et actions locales. Bien que difficile à obtenir en version imprimée, il constitue une source directe sur la Résistance paloise.
  • Les Basses-Pyrénées dans la Seconde Guerre mondiale (Édition académique / universitaire, consultable via catalogue universitaire) Ce travail présente la multiplicité des réseaux résistants, les actions de renseignement et de passage, les structures départementales. Il sert de cadre de référence pour le département des Basses-Pyrénées (actuels Pyrénées-Atlantiques).

Références internet

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