La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le réseau Stockbroker est un circuit de la section F (française) du Special Operations Executive (SOE), le service secret britannique créé par Winston Churchill.

Il est fondé en juin 1943 dans le département du Jura. Sa création répond à la nécessité pour Londres d’intensifier le sabotage et l’organisation des maquis dans une zone stratégique proche de la frontière suisse et des axes de communication menant vers l’Allemagne.

Le fondateur et chef de ce réseau est l’agent Eric CAUCHI, nom de code Jean, qui est parachuté dans la région avec pour mission de structurer les groupes paramilitaires locaux et de coordonner les parachutages d’armement.

Organisation interne

Le réseau fonctionne selon la structure type des circuits SOE, reposant sur un triumvirat composé d’un chef de réseau (organisateur), d’un opérateur radio et d’un courrier.

L’organisation est strictement cloisonnée pour limiter les risques en cas d’arrestation.

Eric CAUCHI assure la direction, secondé par John YOUNG, l’opérateur radio, et Diana ROWDEN, qui assure les liaisons et le transport de messages ou de matériel. Le réseau s’appuie sur des complicités locales solides, notamment la famille Janier-Dubry à Clairvaux-les-Lacs, dont la propriété et la scierie servent de base arrière, de centre de transmission et de lieu d’hébergement pour les agents de passage.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions du réseau Stockbroker se concentrent sur la réception de parachutages d’armes et d’explosifs destinés aux maquis du Jura. Plusieurs terrains, dont le terrain Baleine ou Lulu, sont homologués et utilisés avec succès.

Le réseau assure également des missions de renseignement militaire sur les mouvements de troupes allemandes dans le secteur de Lons-le-Saunier.

Sous l’impulsion de ses agents, des plans de sabotage des infrastructures ferroviaires et industrielles sont élaborés pour paralyser l’effort de guerre ennemi. Le réseau joue un rôle de conseil technique auprès des groupes de l’Armée Secrète (AS) locale, fournissant instruction et matériel de sabotage.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Stockbroker entretient des liens organiques avec le Service Maquis du Jura dirigé par Marcel JANIER-DUBRY.

Bien que structure britannique, le réseau collabore étroitement avec la Résistance intérieure française pour identifier les besoins en armement et sélectionner les zones de largage. Des contacts sont également établis avec d’autres circuits SOE voisins pour assurer la continuité des liaisons vers la Suisse et l’Espagne. Le réseau agit comme un multiplicateur de force pour les structures locales en leur apportant les moyens logistiques qui leur faisaient défaut.

Chefs et figures marquantes

Eric CAUCHI (alias Jean) est le chef et fondateur du réseau. Après avoir échappé de justesse à l’arrestation de novembre 1943, il poursuit ses activités clandestines. Diana ROWDEN (alias Paulette) occupe le poste de courrier. Elle est arrêtée le 18 novembre 1943 à Clairvaux-les-Lacs. John YOUNG (alias Gabriel) est l’opérateur radio du réseau, arrêté en même temps que Diana ROWDEN. Marcel JANIER-DUBRY (alias Dubry) est le principal contact français du réseau et chef départemental du Service Maquis, jouant un rôle pivot dans l’intégration de Stockbroker au tissu local.

Victimes / morts

Le réseau est tragiquement décapité à la suite d’une trahison en novembre 1943. Diana ROWDEN, née en 1915, est déportée en Allemagne. Elle est exécutée par injection létale au camp de concentration de Natzweiler-Struthof le 6 juillet 1944.

John YOUNG est également déporté et meurt en captivité, exécuté au camp de Mauthausen en septembre 1944.

D’autres membres locaux, impliqués dans l’hébergement des agents, subissent la déportation ou sont exécutés lors des opérations de répression allemandes qui suivent la chute du réseau.

Survivants identifiés

Eric CAUCHI survit à la guerre après avoir réussi à s’exfiltrer et à continuer le combat sous d’autres identités.

Marcel JANIER-DUBRY survit également et témoigne après la Libération sur l’importance du soutien britannique dans le Jura. Les membres de la famille Janier-Dubry, bien que durement éprouvés, comptent des survivants qui ont contribué à maintenir la mémoire des agents du SOE dans la région, notamment par la pose de plaques commémoratives.

Fin du réseau

Le réseau Stockbroker cesse d’exister en tant qu’entité autonome après le raid de la Gestapo du 18 novembre 1943 à Clairvaux-les-Lacs. L’arrestation simultanée de l’opérateur radio et du courrier, ainsi que la saisie du matériel de transmission, rendent toute poursuite de la mission impossible sous cette forme. Les éléments restants et les contacts locaux sont alors absorbés par d’autres circuits SOE ou se fondent totalement dans les structures des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) du Jura pour les combats de la Libération.

Conséquences et mémoire

L’impact de Stockbroker réside dans l’armement massif des maquis jurassiens qui ont pu, dès le débarquement de juin 1944, mener des actions de guérilla d’envergure.

La chute du réseau reste un cas d’école dans l’histoire des services secrets en raison de l’infiltration par un agent double. La mémoire du réseau est portée par la stèle de Clairvaux-les-Lacs et par l’hommage rendu à Diana ROWDEN au mémorial de Valençay, dédié aux agents du SOE morts pour la France. Son destin tragique est devenu un symbole de l’engagement des femmes au sein de la section F.

Références bibliographiques

SOE in France: An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, Michael R. D. FOOT, Her Majesty’s Stationery Office, 1966. Cet ouvrage de référence, basé sur les archives officielles britanniques, détaille la genèse, les missions et la chute du circuit Stockbroker dans le Jura.

Her Finest Hour: The Heroic Life of Diana Rowden, Wartime Secret Agent, Gabrielle MCDONALD-ROTHWELL, Amberley Publishing, 2017. Une biographie exhaustive de la courrier du réseau, apportant des précisions sur son activité à Clairvaux-les-Lacs et le contexte des arrestations de 1943.

La Résistance dans le Jura, André ROBERT, Éditions de la Frontière, 2004. Ce livre retrace l’histoire des maquis jurassiens et souligne le rôle logistique crucial apporté par les agents britanniques du réseau Stockbroker.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne. Notice sur l’Affaire de Clairvaux et l’arrestation des agents du réseau Stockbroker. http://www.museedelaresistanceenligne.org/

Fondation de la Résistance. Dossier thématique sur les réseaux SOE en zone sud et les liaisons avec les maquis. https://www.fondationresistance.org/

Special Forces Roll of Honour. Fiches biographiques détaillées sur Eric CAUCHI, Diana ROWDEN et John YOUNG. http://www.specialforcesroh.com/

Sources consultées

Maitron Résistance (recherche sur les contacts français du réseau), Musée de la Résistance en ligne (vérification des dates de parachutage), SHD (consultation des dossiers de réseaux homologués), Fondation de la Résistance (recherche sur la section F du SOE), Ordre de la Libération (vérification des citations), Wikipédia (recoupée pour les dates de décès). Date de vérification : 22 février 2026.

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024