Le réseau STATIONER, également désigné sous l’appellation HECTOR-STATIONER dans les sources britanniques, est un réseau de la section F du Special Operations Executive (SOE), service britannique chargé de l’action clandestine en Europe occupée.
Il est mis en place au début de l’année 1943, à la suite du parachutage de son chef, Maurice Southgate, en janvier 1943 en France occupée.
L’objectif initial du réseau est d’organiser des opérations de sabotage, de structurer des groupes de résistance locaux et de préparer l’action insurrectionnelle en vue d’un débarquement allié.
Organisation interne
Le réseau STATIONER fonctionne selon les principes classiques des réseaux SOE, reposant sur une organisation cloisonnée et cellulaire. Il comprend un chef de réseau, des opérateurs radio, des agents de liaison et des responsables locaux de groupes armés.
Le territoire couvert est particulièrement vaste, s’étendant notamment sur le Centre et le Sud-Ouest de la France, incluant des zones comme Châteauroux, Limoges, Toulouse, Clermont-Ferrand et leurs environs.
Le réseau s’appuie sur des relais locaux pour organiser les parachutages, la distribution d’armes et la coordination des maquis.
Actions menées pendant la Résistance
Le réseau STATIONER mène principalement des actions de sabotage contre les infrastructures de transport, en particulier les voies ferrées utilisées par l’armée allemande.
Il participe également à la réception de parachutages d’armes et de matériel, à l’encadrement et à l’armement de groupes de résistants locaux, ainsi qu’à la préparation d’opérations de harcèlement des troupes allemandes.
Son action s’intensifie à l’approche du débarquement allié, dans le cadre de la stratégie globale de désorganisation des communications ennemies.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le réseau STATIONER entretient des liens étroits avec d’autres réseaux de la section F du SOE, notamment le réseau SHIPWRIGHT dirigé par Amédée Maingard. Cette relation est particulièrement forte puisque Maingard est initialement intégré à STATIONER avant de prendre la direction de SHIPWRIGHT. Le réseau coopère également avec des groupes de résistance locaux relevant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et avec d’autres structures clandestines, dans une logique de coordination opérationnelle encouragée par le SOE.
Chefs et figures marquantes
Maurice SOUTHGATE Chef du réseau STATIONER. Parachuté en France en janvier 1943, il organise et dirige le réseau sur un vaste territoire. Il est arrêté par les autorités allemandes en 1944, déporté au camp de Buchenwald, puis survit à la guerre.
Amédée MAINGARD Agent du SOE, d’abord opérateur radio puis adjoint au sein de STATIONER. Il prend ensuite la direction du réseau SHIPWRIGHT. Il survit à la guerre.
Pearl WITHERINGTON Agent de liaison du SOE opérant dans le même secteur. Elle participe à l’organisation des maquis et aux opérations de sabotage. Elle survit à la guerre.
Jacqueline NEARNE Agent de liaison du SOE associée aux activités du réseau. Elle est arrêtée, déportée et survit à la guerre.
Victimes et morts
Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste exhaustive des membres du réseau STATIONER morts au combat, fusillés ou morts en déportation. Toutefois, comme la majorité des réseaux SOE, STATIONER a subi des pertes importantes liées aux arrestations et à la répression allemande.
Survivants identifiés
Plusieurs figures majeures du réseau ont survécu à la guerre, notamment Maurice Southgate, Amédée Maingard et Pearl Witherington. Leur témoignage a contribué à la connaissance historique du réseau.
Fin du réseau
Le réseau STATIONER est progressivement désorganisé à partir de 1944 à la suite des arrestations opérées par les services allemands, notamment celle de son chef. Ses structures sont en partie reprises ou relayées par d’autres réseaux du SOE et par les Forces françaises de l’intérieur. La libération progressive du territoire à partir de l’été 1944 met fin à ses activités clandestines.
Conséquences et mémoire
Le réseau STATIONER a contribué à la préparation du terrain pour les opérations alliées en France, notamment par ses actions de sabotage et l’armement des maquis.
Son rôle s’inscrit dans la stratégie globale du SOE visant à soutenir et coordonner la Résistance intérieure.
La mémoire du réseau est aujourd’hui principalement portée par les travaux historiques consacrés au SOE et par les commémorations locales dans les régions où il a opéré.
Références bibliographiques
M. R. D. Foot, SOE in France. Ouvrage de référence sur l’action de la section F du SOE en France occupée, décrivant en détail l’organisation, les missions et les réseaux, dont STATIONER, ainsi que leur rôle dans la préparation du débarquement.
Nigel Perrin, Maurice Southgate: SOE’s Grand Prix Saboteur. Biographie détaillée du chef du réseau STATIONER, permettant de reconstituer l’organisation et les opérations du réseau à partir du parcours de son dirigeant.
Références internet
Wikipédia. Notice « Réseau Hector-STATIONER » présentant l’organisation, la zone d’action et les missions du réseau STATIONER dans le cadre du SOE. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Hector-STATIONER
Wikipédia. Notice « Maurice Southgate » apportant des éléments biographiques détaillés sur le chef du réseau et sur son activité clandestine en France. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Southgate
Mémoire Vive de la Résistance. Fiche « Réseau Shipwright » mentionnant les liens opérationnels entre SHIPWRIGHT et STATIONER et leur coopération dans le Centre de la France. https://mvr.asso.fr/reseau-shipwright/
Sources consultées le 1 avril 2026
Maitron Résistance : recherche nominative et thématique, résultats non exploitables pour une fiche spécifique STATIONER.
Fondation de la Résistance : recherches sur les réseaux SOE, informations générales recoupées.
Musée de la Résistance en ligne : recherches par mots-clés, informations indirectes sur les réseaux SOE.
Ordre de la Libération : notices individuelles de membres du SOE, non spécifiques au réseau STATIONER.
Gallica BnF : recherches documentaires générales sur le SOE.
Service historique de la Défense : absence de cote directement accessible pour STATIONER dans les sources ouvertes.
Mémoire Vive de la Résistance : absence de fiche STATIONER ; présence d’une fiche SHIPWRIGHT mentionnant ses liens avec STATIONER.
Wikipédia : notices détaillées utilisées comme sources secondaires recoupées (réseau STATIONER et Maurice Southgate).