Le réseau Shipwright est un réseau d’action de la Section F du Special Operations Executive (SOE) britannique. Il est créé au printemps 1943 par l’officier mauricien Amédée MAINGARD, envoyé de Londres. Sa zone d’action principale est le département de l’Indre, avec des extensions vers la Vienne et la Haute-Vienne. Son objectif est d’organiser des sabotages industriels et ferroviaires pour affaiblir la logistique allemande dans le centre de la France.
Organisation interne
Shipwright fonctionne selon le modèle rigoureux du SOE : un chef de réseau, un officier instructeur en armes et explosifs, et un opérateur radio. Le réseau s’appuie sur des groupes locaux de l’Armée Secrète et des maquisards de l’Indre. Il dispose d’un réseau dense de terrains de parachutage (Drop Zones) homologués par Londres.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions de Shipwright sont particulièrement intenses à partir de juin 1944. Le réseau orchestre de nombreux parachutages d’armes, dont l’opération Pectoral. Il réalise des sabotages spectaculaires sur la ligne ferroviaire Paris-Toulouse et contre des installations de télécommunications. Le réseau participe activement au harcèlement des troupes allemandes lors de leur retraite vers le nord, facilitant la libération de Châteauroux.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Shipwright collabore étroitement avec le réseau Stationer dirigé par Maurice SOUTHGATE. Il travaille également en coordination avec les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) du Berry pour la répartition de l’armement parachuté.
Amédée MAINGARD (alias Samuel), fondateur et chef du réseau, officier d’une grande habileté tactique.
Harry RÉE (alias César), instructeur en sabotage, connu pour ses actions audacieuses dans l’Est avant de rejoindre le secteur.
Pearl WITHÉRINGTON (alias Pauline), qui a repris une partie du secteur après l’arrestation de Southgate et a collaboré avec Shipwright.
Victimes / morts
Plusieurs agents de liaison et membres des comités de réception des parachutages ont été arrêtés et déportés. Certains ont été exécutés lors des massacres perpétrés par les troupes allemandes en retraite en août 1944.
Survivants identifiés
Amédée MAINGARD survit à la guerre et devient une personnalité marquante à l’Île Maurice.
Pearl WITHÉRINGTON, survivante, est devenue l’une des figures les plus décorées de la Résistance, témoignant longuement de ses actions au sein du SOE.
Fin du réseau
Le réseau est officiellement dissous après la libération totale du département de l’Indre en septembre 1944. Ses personnels britanniques et mauriciens sont rapatriés à Londres pour d’autres missions ou démobilisés.
Conséquences et mémoire
Shipwright a joué un rôle déterminant dans la paralysie des transports ennemis dans le Centre de la France.
Une stèle commémorative à Dun-le-Poëlier rappelle l’importance des parachutages reçus. La figure d’Amédée MAINGARD est régulièrement honorée lors des commémorations dans l’Indre.
Références bibliographiques
SOE in France, M.R.D. Foot, Her Majesty’s Stationery Office, 1966. L’ouvrage de référence officiel sur les réseaux britanniques en France, incluant Shipwright.
La Résistance dans l’Indre, Jean-Louis Laubry, Éditions Alan Sutton, 2005. Une étude locale exhaustive mentionnant les parachutages et sabotages du réseau.
Références internet
Amédée Maingard sur Ordre de la Libération. Biographie détaillée mentionnant la création du réseau Shipwright. https://www.ordredelaliberation.fr
Le SOE dans l’Indre sur Musée de la Résistance en ligne. Présentation des réseaux britanniques actifs dans le Centre. https://www.museedelaresistanceenligne.org
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
SHD (Série 17 P), Fondation de la Résistance, National Archives (UK), Musée de la Résistance en ligne.