La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’existence d’un réseau de Résistance désigné comme « réseau Navarre » est confirmée par des sources archivistiques et mémorielles reconnues. Le Service historique de la Défense signale explicitement un dossier d’archives intitulé « Réseau SSMF-TR (Sécurité militaire en France – Travaux ruraux) et réseau Navarre », comprenant notamment des états d’agents, une réponse au questionnaire d’homologation et une correspondance de période 1942-1953, ce qui atteste une réalité administrative et une procédure de reconnaissance post-Libération.

Le Musée de la Résistance en ligne (AERI – Fondation de la Résistance) emploie de façon répétée l’appellation « réseau Navarre » dans des notices individuelles et précise qu’il s’agit d’un réseau constitué à partir de 1943, avec une centrale implantée à Paris et un effondrement par arrestations au printemps 1944, ce qui confirme l’usage mémoriel stable de cette dénomination.

La terminologie doit toutefois être maniée avec prudence car le mot « Navarre » renvoie aussi, dans l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale, à un pseudonyme et à d’autres ensembles clandestins d’appellation voisine, sans que ces réalités soient nécessairement identiques ; en conséquence, seules les informations explicitement rattachées au « réseau Navarre » par les sources archivistiques SHD et par les bases mémorielles reconnues sont retenues dans la présente fiche.

Création du réseau

La chronologie la mieux documentée par les sources mémorielles consultées situe la constitution du réseau à partir de 1943, avec une centrale implantée à Paris. Le Musée de la Résistance en ligne indique que le réseau est « créé » à partir de septembre 1943 par Jacques SIMON et Jacques REBEYROL et qu’il possède une implantation notamment à Bordeaux, tout en conservant une centrale parisienne.

Un document publié par le Conseil d’État, citant des éléments biographiques sur Jacques REBEYROL, indique que ce dernier est « le chef du réseau Navarre, créé par Simon » et qu’il revient de déportation, ce qui corrobore l’existence d’un binôme « Simon – Rebeyrol » pour la fondation et la direction. Le réseau apparaît, dans plusieurs notices, lié à l’Organisation civile et militaire (OCM) et à des structures de jeunesse (OCMJ) pour des activités de renseignement et d’organisation, sans que l’ensemble de ses objectifs initiaux puisse être restitué de façon exhaustive à partir des seules sources ouvertes consultées.

Organisation interne

Les sources accessibles en ligne ne permettent pas de reconstituer une organigramme complet, mais plusieurs éléments convergents attestent une direction nationale et des cadres régionaux. Jacques REBEYROL est présenté comme chef du réseau, tandis que Jacques SIMON est présenté comme créateur et dirigeant, et des notices font apparaître une structuration par secteurs et responsables locaux, avec des « groupes de choc » ou des relais d’hébergement et de liaisons.

Des notices individuelles rattachent explicitement des agents au réseau et donnent parfois des précisions de fonctionnement, par exemple l’existence de liaisons interrégionales, de transmissions (postes émetteurs) et d’acheminements clandestins. Le dossier SHD mentionnant une « réponse au questionnaire relatif à l’homologation du réseau » et des « états des agents P2 » indique qu’une catégorisation interne des agents a été produite lors des opérations d’homologation, mais le contenu détaillé de ces pièces n’est pas accessible depuis la seule notice d’instrument de recherche consultée.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions documentées dans les bases mémorielles consultées relèvent principalement du renseignement, des liaisons et de l’appui logistique, avec des épisodes localisés attestés par des notices nominatives.

Un exemple explicitement décrit est le convoyage d’aviateurs alliés abattus à Nancras le 9 février 1944, ainsi que l’introduction clandestine d’un poste émetteur dans le secteur de Royan/Saint-Palais en janvier 1945, actions attribuées à René GADREAU après rattachement au réseau Navarre à l’automne 1943 et sous l’autorité indiquée d’un colonel REBEYROL. D’autres notices décrivent l’hébergement de résistants, l’organisation locale et la réception de personnes recherchées, ainsi que l’existence de responsables de secteur, par exemple à Chantemerle, avec arrestation en février 1944 et décès ultérieur en déportation. Les sources ouvertes consultées ne permettent pas de dresser une liste exhaustive des opérations ni un bilan chiffré consolidé ; la fiche retient donc uniquement les actions explicitement datées et localisées dans les bases mémorielles.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Les liens les mieux établis par les sources consultées rattachent le réseau Navarre à l’OCM et à des circuits de transmission de renseignements. Une notice indique que des renseignements collectés localement sont transmis à un état-major OCM régional, puis relayés « par l’intermédiaire du réseau Navarre » vers Jacques REBEYROL, présenté comme chef OCM à Paris, ce qui situe Navarre comme vecteur de transmission au sein d’un ensemble OCM.

Plusieurs notices et documents évoquent aussi des rattachements ou continuités avec des structures de renseignement et la France combattante, notamment au travers de l’homologation des agents et de la présence de dossiers au SHD, sans que les relations exactes avec des services alliés (SOE, BCRA) puissent être affirmées ici à partir des seules sources ouvertes consultées. Enfin, un instrument de recherche SHD associe explicitement « réseau SSMF-TR » et « réseau Navarre » dans un même ensemble documentaire, ce qui signale un recoupement archivistique et possiblement des interrelations, sans que la nature exacte de ce lien puisse être précisée sans consultation du dossier.

Chefs et figures marquantes

Jacques SIMON est présenté comme créateur ou dirigeant du réseau, notamment dans une notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération (rubrique Médaille de la Résistance) indiquant qu’en février 1944 un récipiendaire participe, « sous la direction de Jacques Simon », à l’établissement du réseau Navarre.

Jacques REBEYROL est présenté comme chef du réseau dans un document publié par le Conseil d’État et apparaît comme la référence d’autorité dans des attestations de rattachement au réseau dans un dictionnaire biographique universitaire.

Charles VERNY est identifié comme acteur de la mise en place du réseau en février 1944 et son parcours de déportation est détaillé par l’Ordre de la Libération.

Marcel EPAGNOUX est présenté comme chef d’un « groupe de choc » du réseau en 1943 et meurt en déportation à Neuengamme.

René GADREAU est rattaché au réseau après le démantèlement de groupes OCM et ses actions de terrain sont décrites, avec une condamnation à mort en février 1945 et une libération à l’arrivée des FFI.

D’autres membres apparaissent dans les bases mémorielles avec rattachement explicite au réseau, comme Louis-Eugène BASTARD, dont la notice mentionne en outre une cote de dossier au SHD, attestant l’existence de pièces d’archives nominatives.

Victimes / morts

Les sources consultées établissent des pertes par arrestations et déportations, notamment au printemps 1944. Marcel EPAGNOUX, arrêté le 8 février 1944, est indiqué comme mort en déportation le 15 avril 1945 à Neuengamme. Les notices Maitron « Fusillés (1940-1944) » attestent également des parcours de résistants passés par le réseau Navarre et renvoient à des dossiers SHD GR 16 P, ce qui confirme l’inscription de membres du réseau dans des trajectoires répressives documentées.

Survivants identifiés

Les sources consultées permettent d’identifier au moins quelques survivants avec parcours explicitement documenté. Charles VERNY, après arrestation en avril 1944, internement et déportation, est indiqué comme libéré le 8 mai 1945 et rapatrié en France en juin 1945. René GADREAU, condamné à mort le 1er février 1945, est indiqué comme libéré à l’arrivée des FFI dans Royan.

Fin du réseau

Le Musée de la Résistance en ligne indique que le réseau est « décimé » en avril 1944 par l’arrestation des principaux cadres, élément cohérent avec les trajectoires individuelles d’arrestations et de déportations observées dans plusieurs notices. Les documents d’archives signalés par le SHD, couvrant jusqu’en 1953, attestent une phase postérieure de liquidation administrative, d’homologation et de reclassement des agents, sans que la date exacte de dissolution opérationnelle puisse être fixée ici autrement que par la rupture d’avril 1944 telle qu’elle est décrite dans la base mémorielle.

Conséquences et mémoire

Sur le plan mémoriel, l’existence de commémorations locales est attestée par des documents et pages relatant des stèles et plaques dédiées à des résistants du « réseau Navarre », notamment dans le nord-est de la Mayenne, avec mention explicite d’un ensemble de communes concernées et d’un hommage à des combattants de 1943-1944. Ces marqueurs mémoriels traduisent une inscription territoriale durable du souvenir du réseau et de ses groupes locaux, mais l’analyse de l’impact militaire global ne peut pas être quantifiée à partir des seules sources ouvertes consultées, la documentation disponible se présentant surtout sous forme de notices individuelles, d’instruments de recherche et de mémoires locales.

Références bibliographiques

Souvenirs de résistance d’un groupe du nord de la Mayenne : réseau Navarre Paul JANVIER, La Mayenne, 1970. Témoignage centré sur un groupe local se réclamant du réseau Navarre, décrivant l’organisation clandestine, les liaisons, la recherche de terrains et l’activité en Mayenne et marges voisines. L’ouvrage est utile pour la mémoire locale et pour comprendre l’appropriation territoriale du nom « Navarre », mais doit être confronté aux archives et aux bases mémorielles pour distinguer témoignage, chronologie et procédures d’homologation.

L’Organisation civile et militaire, histoire d’un mouvement de résistance de 1940 à 1946 Arthur CALMETTE, Presses universitaires de France, 1961. Monographie de référence sur l’OCM, utile pour replacer le réseau Navarre dans les dynamiques OCM et les recompositions de 1943-1944, période au cours de laquelle les sources mémorielles rattachent Navarre à des transmissions et à des cadres OCM. L’ouvrage éclaire les structures, les méthodes et la répression, permettant de contextualiser les mentions du réseau dans les notices individuelles.

La Mayenne de 1940 à 1944 : Occupation, Résistance, Libération Francis ROBIN, Archives départementales de la Mayenne, 1997 (2e éd.). Ouvrage d’histoire départementale présentant le cadre de l’Occupation, de la Résistance et de la Libération en Mayenne ; il est pertinent pour situer les groupes locaux associés au nom « Navarre » dans la chronologie régionale, les formes d’action et les enjeux de la Libération. Il complète les témoignages en proposant une approche plus synthétique et contextualisée.

Références internet

Service historique de la Défense – Notice d’archives « Réseau SSMF-TR et réseau Navarre » Cette notice d’instrument de recherche atteste l’existence d’un ensemble documentaire associant explicitement le réseau Navarre à des pièces d’homologation, des états d’agents et une correspondance couvrant 1942-1953. Elle constitue une source archivistique clé pour orienter une recherche en salle de lecture et identifier la nature des documents disponibles (questionnaire d’homologation, états P2, correspondance). https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35855

Musée de la Résistance en ligne (AERI – Fondation de la Résistance) – Notice média « Jacques Cristiani et le drapeau… » Cette page mémorielle précise des éléments de chronologie et de structuration, en indiquant une création du réseau à partir de septembre 1943 par Jacques SIMON et Jacques REBEYROL, une centrale implantée à Paris et un démantèlement par arrestations en avril 1944. Elle est utile comme point d’entrée mémoriel recoupé avec les archives.: https://museedelaresistanceenligne.org/media2957-Jacques-Cristiani-et-le-drapeau-des-mdaills-de-la-Rsistance Ordre de la Libération – Médaille de la Résistance (notice « Charles Verny ») Notice institutionnelle donnant un fait précis de création et de direction, en indiquant qu’en février 1944 Charles VERNY participe, sous la direction de Jacques SIMON, à l’établissement du réseau Navarre, puis détaillant arrestation, déportation et libération. Source officielle utile pour fixer des jalons datés et un lien explicite à Jacques SIMON. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/charles-verny

Maitron – « Fusillés (1940-1944) » (exemples de notices mentionnant le réseau Navarre) Les notices biographiques du Maitron mentionnent l’appartenance au réseau Navarre pour certains résistants et renvoient à des dossiers SHD GR 16 P, attestant une traçabilité archivistique et une documentation biographique de la répression. https://fusilles-40-44.maitron.fr/sarrazin-auguste-2/

Conseil d’État – Actes/colloque contenant des éléments biographiques sur Jacques Rebeyrol et le réseau Navarre Document institutionnel indiquant que Jacques REBEYROL est chef du réseau Navarre et que ce réseau est « créé par Simon », information utile pour corroborer la direction et l’origine, avec mention de déportation et retour. https://www.conseil-etat.fr/Media/actualites/documents/actes-et-colloques-pdf/hm-7-colloque-l-ordre-des-avocats-au-conseil-d-etat

Commémorations locales en Mayenne (document patrimonial évoquant le réseau Navarre 1943-1944) Document décrivant une mémoire locale associée au « réseau Navarre » dans le nord-est de la Mayenne et listant des communes concernées, utile pour la partie « mémoire » et pour localiser des stèles/plaque. https://sahm53.fr/wp-content/uploads/2023/11/SAINT-PIERRE-DES-NIDS.pdf

Sources consultées : Date de vérification : 20 janvier 2026
Maitron Résistance (section Fusillés 1940-1944) consulté avec recherche sur « réseau Navarre » et sur des notices mentionnant explicitement l’appartenance au réseau, apport principal étant la confirmation par biographies sourcées et le renvoi à des cotes SHD GR 16 P.

Musée de la Résistance en ligne (AERI – Fondation de la Résistance) consulté avec recherche sur des notices individuelles et une notice média, apport principal étant la chronologie interne (création à partir de 1943, centrale à Paris, décimation en avril 1944) et des exemples d’actions datées/localisées.

Service Historique de la Défense (SHD) consulté via l’instrument de recherche en ligne, apport principal étant la confirmation archivistique d’un dossier associant « réseau Navarre » et procédures d’homologation (états P2, questionnaire, correspondance).

Ordre de la Libération consulté via une notice « Médaille de la Résistance », apport principal étant un jalon daté (février 1944) et un lien explicite à Jacques SIMON comme directeur de l’établissement du réseau, ainsi qu’un parcours de répression et libération d’un membre.

Gallica (BnF) interrogé par recherche web au cours de cette session sans résultat directement exploitable retenu dans cette fiche, ce qui ne vaut pas conclusion d’absence mais signifie qu’aucun document probant n’a été intégré ici.

Mémoire des Hommes interrogé par recherche web au cours de cette session sans résultat directement exploitable retenu dans cette fiche.

Fondation de la Résistance consultée au travers de ses ressources AERI intégrées au Musée de la Résistance en ligne, aucune autre page distincte n’a été retenue.

Wikipédia consultée uniquement à titre de repérage bibliographique et toponymique dans certains cas, aucune information Wikipédia n’a été utilisée comme fait dans le corps de la fiche faute de nécessité au regard des sources mémorielles et archivistiques déjà disponibles.

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