La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est réseau INTERALLIÉ. Les formes « Interallié », « réseau Famille-Interallié » et « Famille-Interallié » apparaissent dans les sources. Le Service historique de la Défense conserve sous la cote GR 28 P 3 172 un dossier intitulé « Réseau interallié Famille », consacré notamment à son historique, à Mathilde CARRÉ et à la chute du réseau. Il s’agit d’un réseau de renseignement clandestin franco-polonais et non d’un mouvement de Résistance de masse.

Création du réseau

Le réseau est constitué à Paris, France, à l’automne 1940 par l’officier polonais Roman CZERNIAWSKI, alias « Armand » et « Walenty », avec Mathilde CARRÉ, alias « Victoire ». Les sources disponibles situent leur départ de Toulouse pour Paris au 9 novembre 1940 et la mise en place d’INTERALLIÉ dans la seconde moitié du mois de novembre. Le réseau s’inscrit dans l’activité des services de renseignement polonais opérant en France et entretient des liaisons avec les services britanniques.

Son objectif principal est le renseignement militaire : observation des forces allemandes, collecte d’informations et transmission vers les services alliés.

Organisation interne

Roman CZERNIAWSKI assure la direction du réseau.

Mathilde CARRÉ joue un rôle essentiel dans le recrutement, les liaisons et la préparation des rapports. Dans la première phase du fonctionnement, des rapports sont acheminés vers Toulouse par le train Paris-Toulouse. Le réseau développe progressivement des agents et des relais en zone occupée.

L’organisation appartient à l’ensemble plus large des réseaux de renseignement franco-polonais développés en France. La bibliographie spécialisée distingue notamment Réseau F, Marine, Famille-Interallié et F2.

Actions menées pendant la Résistance

INTERALLIÉ est principalement un réseau de renseignement. Sa fonction n’est donc pas comparable à celle d’un maquis ou d’une formation armée. Il collecte des informations militaires en territoire occupé et les fait parvenir aux services alliés.

L’importance acquise par le réseau explique l’action engagée contre lui par l’Abwehr. Le Musée de la Résistance en ligne confirme également que le réseau est composé notamment d’anciens officiers polonais et qu’il entretient des liaisons avec les services britanniques.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

INTERALLIÉ appartient au milieu des réseaux de renseignement polonais implantés en France. Il entre également en relation avec des agents et organisations britanniques. Après son démantèlement, les Allemands exploitent certains agents retournés afin de pénétrer d’autres organisations.

Un exemple particulièrement documenté concerne le réseau AUTOGIRO de Pierre de VOMÉCOURT. Le Musée de la Résistance en ligne établit qu’en décembre 1941 celui-ci entre en contact avec Mathilde CARRÉ, alors devenue agent double au service de l’Abwehr.

Chefs et figures marquantes

Roman CZERNIAWSKI, alias « Armand » et « Walenty », officier polonais, est le fondateur et chef du réseau. Arrêté lors du démantèlement de novembre 1941, il survit à la guerre et joue ultérieurement un rôle dans les opérations britanniques d’intoxication des services allemands.

Mathilde CARRÉ, alias « Victoire », participe à l’organisation, au recrutement et aux transmissions du réseau. Arrêtée lors de la chute d’INTERALLIÉ, elle accepte ensuite de collaborer avec l’Abwehr. Son activité après son arrestation contribue à la pénétration d’autres organisations clandestines. Le SHD conserve spécifiquement des documents la concernant dans le dossier du réseau.

Robert KIFFER appartient également à INTERALLIÉ. Les sources du Musée de la Résistance en ligne documentent son utilisation ultérieure, avec Robert GOUBEAU et Mathilde CARRÉ, dans des opérations d’infiltration conduites par Hugo BLEICHER contre d’autres organisations.

Hugo BLEICHER, agent de l’Abwehr, n’est évidemment pas membre du réseau : il est l’un des principaux acteurs allemands de son démantèlement.

Victimes et morts

Le démantèlement entraîne de nombreuses arrestations. Les sources consultées permettent d’établir l’importance de la répression mais ne fournissent pas, dans leur présentation accessible en ligne, une liste exhaustive et suffisamment recoupée de tous les membres morts, fusillés ou décédés en déportation. Une liste nominative ne doit donc pas être reconstruite sans dépouillement du dossier GR 28 P 3 172 du Service historique de la Défense et des dossiers individuels correspondants.

Survivants identifiés

Roman CZERNIAWSKI survit à la guerre. Mathilde CARRÉ survit également. Pierre de VOMÉCOURT, lié à l’affaire après la chute d’INTERALLIÉ mais non membre fondateur de celui-ci, survit à la guerre.

Fin du réseau

La chute d’INTERALLIÉ intervient en novembre 1941. Les arrestations opérées par l’Abwehr permettent de remonter progressivement jusqu’à la direction. Roman CZERNIAWSKI et Mathilde CARRÉ sont arrêtés avec d’autres membres. Le réseau cesse alors d’exister comme organisation opérationnelle autonome. Les Allemands tentent ensuite d’exploiter ses communications et plusieurs agents compromis ou retournés. Les conséquences du démantèlement dépassent donc INTERALLIÉ et affectent d’autres organisations clandestines.

Conséquences et mémoire

INTERALLIÉ occupe une place importante dans l’histoire des réseaux de renseignement franco-polonais en France et dans l’histoire de la lutte entre services clandestins alliés et Abwehr. Sa chute constitue également un cas particulièrement documenté d’exploitation d’un réseau compromis afin de pénétrer d’autres structures de Résistance.

Le Service historique de la Défense conserve un ensemble archivistique spécifique sur le réseau, sa chute, Mathilde CARRÉ et les interrogatoires d’Hugo BLEICHER, ce qui constitue aujourd’hui l’un des principaux points d’entrée archivistiques pour son étude.

Fiabilité A pour l’existence du réseau, son caractère de réseau de renseignement, sa direction, son démantèlement et ses principales connexions, grâce au croisement d’une notice archivistique du Service historique de la Défense et du Musée de la Résistance en ligne. Certaines données quantitatives et la liste complète des victimes nécessitent cependant un dépouillement archivistique complémentaire.

Références bibliographiques

Les Réseaux de renseignements franco-polonais 1940-1944 : Réseau F, Marine, Famille-Interallié, Réseau F2, Étoile, PSW-Afrique, Enigma-équipe 300, Suisse 3, Jean MEDRALA, L’Harmattan, Paris, 2005. Étude spécialisée consacrée aux réseaux franco-polonais et comprenant une étude de Famille-Interallié.

The Big Network, Roman GARBY-CZERNIAWSKI, George Ronald, Londres, 1961. Témoignage du fondateur du réseau, à confronter systématiquement aux archives et aux études historiques.

Dictionnaire des agents doubles dans la Résistance, Patrice MIANNAY, Le Cherche Midi, Paris, 2005. Ouvrage utile pour replacer l’affaire INTERALLIÉ dans l’histoire des agents retournés et des opérations de pénétration allemandes.

La traque des résistants. Ce que les archives des services secrets révèlent sur les méthodes allemandes pour démanteler la Résistance, Fabrice GRENARD, Tallandier / Ministère des Armées, Paris, 2019. Étude générale permettant de replacer la chute d’INTERALLIÉ dans les méthodes de répression et d’infiltration allemandes.

SOE in France: An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, Michael R. D. FOOT, HMSO, Londres, 1966, rééditions ultérieures. Ouvrage de contexte indispensable pour les relations avec les réseaux britanniques et l’affaire Pierre de VOMÉCOURT.

Références internet

Service historique de la Défense — Notice d’archives GR 28 P 3 172, « Réseau interallié Famille : historique (1969), documents concernant Mathilde Carré, alias “Victoire” et la chute du réseau, extraits de l’interrogatoire d’Hugo Bleicher, agent de l’Abwehr ».

https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35910

Musée de la Résistance en ligne — Notice consacrée à Pierre de VOMÉCOURT, documentant les contacts entre AUTOGIRO et INTERALLIÉ ainsi que l’utilisation de Mathilde CARRÉ par l’Abwehr.

https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=6517

Musée de la Résistance en ligne — Notice consacrée à Joël LE TAC, documentant l’utilisation de Robert GOUBEAU, Robert KIFFER et Mathilde CARRÉ après la chute d’INTERALLIÉ.

https://museedelaresistanceenligne.org/media10421-Jol-Le-Tac

Sources consultées

Service historique de la Défense
Résultat positif : dossier GR 28 P 3 172, consacré au réseau INTERALLIÉ-Famille.

https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35910

Musée de la Résistance en ligne
Résultats positifs concernant le réseau INTERALLIÉ et plusieurs de ses membres ou personnes liées à son démantèlement.

https://www.museedelaresistanceenligne.org

Mémoire Vive de la Résistance
Mentions du réseau retrouvées, mais aucune fiche thématique autonome consacrée à INTERALLIÉ identifiée lors de la recherche.

Fondation de la Résistance
Recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée au réseau INTERALLIÉ identifiée dans les résultats accessibles.

Le Maitron — Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social
Recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée au réseau INTERALLIÉ identifiée. Des notices individuelles peuvent néanmoins apporter des informations sur des résistants et acteurs liés aux réseaux clandestins.

Mémoire des Hommes — Ministère des Armées
Recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée au réseau INTERALLIÉ retrouvée. La base permet notamment la consultation de dossiers individuels de résistants et d’autres archives militaires numérisées.

https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr

Ordre de la Libération
Recherche effectuée ; aucune notice autonome consacrée au réseau INTERALLIÉ retrouvée. Consultation effectuée notamment pour rechercher d’éventuelles notices individuelles de Compagnons de la Libération liés au renseignement et à la Résistance.

https://www.ordredelaliberation.fr

Gallica — Bibliothèque nationale de France
Recherches bibliographiques effectuées afin d’identifier des ouvrages, périodiques et documents numérisés susceptibles de concerner INTERALLIÉ et les réseaux de renseignement franco-polonais.

https://gallica.bnf.fr

Bibliothèque nationale de France — Catalogue général
Recherche bibliographique complémentaire effectuée afin d’identifier les ouvrages consacrés au réseau INTERALLIÉ, à Roman CZERNIAWSKI, à Mathilde CARRÉ et aux réseaux de renseignement franco-polonais.

https://catalogue.bnf.fr

Wikipédia
Consultée uniquement comme source d’orientation permettant d’identifier des noms, variantes et pistes documentaires. Les informations retenues dans la fiche doivent être recoupées avec les sources institutionnelles, archivistiques ou mémorielles.https://fr.wikipedia.org

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