René RASCALON, né le 6 décembre 1898 à Alès (Gard), et décédé le 7 décembre 1982 à Nîmes (Gard).
René Rascalon, surnommé « Alais » (pseudonyme tiré de l’ancien nom de sa ville natale), était artisan plombier à Nîmes dans le quartier de l’Eau Bouillie. Dès le début de l’Occupation, il réfusa la défaite et constitua un premier noyau de résistance au sein de l’Armée Secrète (Combat), rattaché au Mouvement Uni de la Résistance. Ce groupe initial, composé d’environ sept personnes, se réunissait chez lui et visait la propagande anti‑Vichy auprès des ouvriers du bâtiment, en organisant sabotages et manifestations.
Au début de l’année 1943, il abrita des réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO) chez lui, puis organisa leur transfert vers le Mas Rouquette, à Saumane, donnant naissance au premier maquis du Gard. Il fut nommé chef départemental des maquis, participant activement à leur ravitaillement.
Après plusieurs déplacements, le maquis s’installa à la maison forestière d’Aire‑de‑Côte en Lozère (environ 1 700 m d’altitude) le 12 mai 1943. Ce lieu fut attaqué par les Allemands le 1er juillet 1943, causant sept morts, vingt blessés et trente-neuf prisonniers (dont dix‑neuf déportés non revenus). Le maquis fusionna alors avec celui de Lasalle.
En juillet 1944, suite à diverses fusions (dont celle entre les maquis de Lasalle et La Soureilhade), naquit le maquis Aigoual‑Cévennes, le plus important du département, structuré autour d’environ 600 à 2 000 hommes selon les phases, sous la direction de cadres comme le colonel Matignon, Laurent Olivès, Marcel Bonnafous et René Rascalon.
Après la guerre, René Rascalon retourna à son métier de plombier. Il rédigea ses mémoires pour transmettre son expérience, sans chercher la reconnaissance publique.
En reconnaissance de son rôle fondateur dans la Résistance gardoise — notamment de ce maquis — la ville de Nîmes nomma une rue en son honneur (« rue René Rascalon »).
De plus, une plaque commémorative a été inaugurée le 22 avril 2025 sur le chemin de l’Eau Bouillie à Nîmes, où lui et son épouse Julia avaient fondé le maquis. Cette plaque célèbre leur engagement courageux et discret, en présence de leurs descendants et des représentants municipaux.
Décorations
Nous n’avons pas trouvé d’informations sur les décorations de René RASCALLON sur les sites officiels, https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=RASCALON&items_per_page=10#resultats-medailles
ni sur Wikipédia.
Lieux de mémoire
Une rue à Nîmes porte son nom (rue René Rascalon), et une plaque commémorative a été apposée le chemin de l’Eau Bouillie, là où se trouvait leur mazet fondateur du maquis. Aucun autre lieu (place, école, jardin) n’a été identifié.
Références bibliographiques
- Résistance et maquis FFI Aigoual-Cévennes René Rascalon, (édition probablement de 1945), 163 pages. Cet ouvrage, écrit par Rascalon lui-même peu après la Libération, décrit l’évolution du maquis Aigoual-Cévennes, ses implantations, les opérations réalisées, les difficultés logistiques, les rapports internes, et les actions contre les forces d’occupation. Il constitue un témoignage de première main, avec descriptions de terrain, mutations du maquis, et anecdotes parfois précises.
- Aigoual-Cévennes (Réédition ou publication moderne par les éditions Ampelos) Cette édition moderne présente le texte de Rascalon (ou une version remaniée) avec un appareil éditorial (introduction, notes, index) pour en faciliter la lecture contemporaine. Elle sert de réédition commémorative du témoignage original.
- Le maquis d’Aire de Côte – Résistance en Cévennes (ouvrage / recueil sous l’égide de l’association Résistance en Cévennes)Ce livre rassemble des témoignages, des documents et des récits autour du maquis d’Aire de Côte, dont René Rascalon est fondateur. Il offre un éclairage collectif, mettant en relation les acteurs, les événements (notamment l’attaque du 1er juillet 1943) et la mémoire locale.
Richard Seiler, « Le maquis Aigoual-Cévennes en 1944 », dans la revue 39-45, n° juillet-août 1999 Cet article analyse la phase finale du maquis Aigoual-Cévennes en 1944, citant les principaux chefs, les combats, les fusions de groupes, et évoquant le rôle de Rascalon parmi d’autres. Il permet de replacer l’action de Rascalon dans le cadre global des opérations de libération dans les Cévennes. - Souvenirs d’un enfant du Siècle / pasteur Laurent Olivès (Imprimerie des Cévennes, 1992)Bien que l’ouvrage ne soit pas centré sur Rascalon, il parle du maquis Aigoual-Cévennes, de la vie dans les Cévennes sous l’Occupation, et de figures comme Laurent Olivès qui ont côtoyé ou fusionné avec le mouvement auquel Rascalon était lié. Il peut contenir des références croisées pertinentes.
- Dictionnaire historique de la Résistance (dir. François Marcot)Cet ouvrage généraliste propose une notice — souvent brève — sur “Rascalon (René)” ou “maquis Aigoual-Cévennes” avec les grandes lignes de son action, permettant de vérifier les dates, pseudonymes ou réseaux affiliés. (Consultable en bibliothèque spécialisée)
Références internet
- Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social)Fiche biographique de René Rascalon (alias “Alais”) : date et lieux de naissance et de décès, métier (plombier à Nîmes), activités résistantes (réseaux Combat, AS, direction départementale des maquis dans le Gard) https://maitron.fr/rascalon-rene-alias-alais-pseudonyme-de-resistance/
- Wikipedia – René Rascalon Article de synthèse sur sa vie, son pseudonyme “Alais”, ses actions résistantes : création du maquis, sabotages, hébergement de réfractaires au STO, fusion avec d’autres maquis, le rôle dans le Gard et les Cévennes. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Rascalon
- Resistance en Cévennes” – Maquis d’Aire-de-Côte Page consacrée à l’origine, déroulé et bilan du maquis d’Aire-de-Côte (fondateur : René Rascalon), ses phases successives, ses attaques (notamment celle du 1er–2 juillet 1943), ses effectifs, les localisations successives, les personnages associés (Jean Castan, etc.). https://www.cevennesresistance.fr/aire-de-cote.html
- Aigoual-Cévennes par René Rascalon Éditions Ampelos –Page de l’éditeur présentant l’ouvrage “Aigoual-Cévennes” attribué à Rascalon, avec notes éditoriales sur le maquis Aigoual-Cévennes : ses effectifs, ses actions, ses leaders (Rascalon, Marceau), ses difficultés.
- Objectif Gard – Article “Nîmes : une plaque inaugurée en hommage à Julia et René Rascalon, héros de la Résistance”Reportage sur l’inauguration en 2025 d’une plaque commémorative à Nîmes en hommage à René et Julia Rascalon, rappelant que leur domicile est devenu lieu de réunion et point de départ du premier maquis gardois, évoquant leurs actions locales, leur repli en Lozère, et leur retour à Nîmes à la libération. https://www.objectifgard.com/gard/nimes/nimes-une-plaque-inauguree-en-hommage-a-julia-et-rene-rascalon-heros-de-la-resistance-146063.php
- Vivre Nîmes – “Commémoration : hommage à Julia et René Rascalon, héros de la Résistance”Article municipal/locale décrivant la cérémonie d’avril 2025 : localisation de la plaque (chemin de l’Eau Bouillie), le maquis Aigoual-Cévennes, le rôle de Julia et René Rascalon dans la création du maquis, les résistants cachés, les actions de sabotage, la présence de leur famille, etc.
- Maquis Aigoual-Cévennes Article sur le maquis Aigoual-Cévennes : sa genèse (fondé à Nîmes par Rascalon), ses déplacements géographiques, ses fusions (avec le maquis de Lasalle, etc.), ses figures (Marcel Bonnafoux “Marceau”, Claudius Barrieux, etc.), et son rôle dans la libération. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_Aigoual-C%C3%A9vennes