Antonin COMBARMOND, né le 4 décembre 1895 à Saint-Géniès-de-Malgoirès (Gard, France), mort en 1993
Antonin Combarmond naît dans une famille de distillateurs installée à Saint-Géniès-de-Malgoirès. Mobilisé en décembre 1914 au 8e régiment du génie (Angoulême), il combat à partir de 1915 au sein de l’Armée d’Orient à Salonique. Démobilisé en septembre 1919 avec le grade d’adjudant, il revient à Saint-Géniès-de-Malgoirès et s’installe à son tour comme distillateur. Dans les années 1930, il adhère au Parti communiste français et s’engage aux côtés des Républicains durant la guerre d’Espagne.
Engagement dans la Résistance
Dès 1941, dans un contexte de surveillance lié à la dissolution des organisations communistes, il entreprend de renouer des contacts clandestins et constitue autour de lui un premier noyau local de résistants, composé en grande partie d’anciens membres ou sympathisants communistes.
Ce groupe, devenu début 1942 la « section H », vise d’abord à contrer la propagande de Vichy par la diffusion de tracts et de journaux clandestins, tout en se reliant à d’autres groupes d’Alès et de Nîmes.
Dans cette phase initiale, il héberge et ravitaille à plusieurs reprises la première équipe FTPF de la région dirigée par Jean Robert. Il reçoit également des responsables clandestins en fuite et participe à la mise en place de l’Organisation spéciale (OS) dans le Gard, structure clandestine de combat liée au PCF.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les bases consultées permettent de l’identifier sous l’alias « Mistral » et de le rattacher aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) dans le Gard. Dans la période 1943-1944, il est aussi signalé comme travaillant en articulation avec l’Armée secrète (AS) et comme participant à des activités liées au réseau Ajax, sans que ces éléments ne soient documentés ici par des dossiers d’homologation nominatifs (non consultés).
Missions et actions
Dans les premières années de l’Occupation, ses actions consistent à structurer un milieu clandestin local, à établir des liaisons inter-groupes et à fournir des moyens concrets de lutte : renseignements, faux papiers et armes. Il est notamment indiqué qu’il récupère du matériel militaire à la caserne Vallongue à Nîmes dès juillet 1940, et qu’il dispose de relations utiles à la préfecture ainsi qu’auprès de policiers et de gendarmes, ce qui renforce sa capacité d’appui logistique aux premiers groupes armés.
Après sa libération du camp d’internement en mai 1943, les témoignages synthétisés dans les bases consultées convergent pour lui attribuer un rôle de premier plan dans l’organisation de la Résistance gardoise jusqu’à la Libération.
Il rallie l’Armée secrète tout en continuant à agir avec les FTPF, et il est mis en relation avec le chef régional André Pavelet (« Villars »). Dans le cadre des implantations de maquis en Cévennes et en Lozère, il travaille avec Jean Huc (« Francis ») à l’implantation d’un premier maquis au col de Jalcreste, et participe à l’installation d’un maquis MOI, d’abord composé majoritairement d’Italiens et de Polonais, puis renforcé par des antifascistes allemands dirigés par Louis Veylet. Dans ce dispositif, son rôle est nettement décrit comme celui d’un organisateur et ravitailleur : avec l’aide de son agent de liaison Claudine Martin (« Mistralette »), il pourvoit au ravitaillement et à l’équipement des maquis, et participe à des démarches visant à obtenir des armes, notamment par des déplacements hors département.
Arrestation / évasion / déportation (si applicable)
Ses actions autour de l’anniversaire de Valmy et de la proclamation de la République (tracts, actions contre une librairie à Nîmes) entraînent son arrestation le 28 septembre 1942.
Il est placé en résidence surveillée à Trèves (Gard), puis transféré le 12 octobre 1942 au camp d’internement de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il y côtoie notamment Michel Bruguier et Roger Torreilles, et participe aux mouvements de protestation des internés. Il est libéré le 10 mai 1943, grâce à une intervention de Jacques Bounin, mais doit entrer rapidement dans la clandestinité, averti d’une arrestation imminente.
Camarades de combat
Les bases consultées citent, dans ses cercles de travail ou de coopération, Valentin Panattoni, Raymond Monzat, Jean et Paul Courtieu, André Vielle, Jean Robert, Pierre Doize, Edo et Vincent Faïta, Roger Tribes, Jacques Bounin, Émile Laffon, René Rascalon, André Pavelet (« Villars »), Jean Huc (« Francis »), François Rouan (« Montaigne »), Louis Veylet, ainsi que Claudine Martin (« Mistralette »).
Retour à la vie civile
Aucun élément vérifié et directement exploitable sur son parcours professionnel et associatif après 1945 n’a été retrouvé dans les bases obligatoires consultées, au-delà de l’indication d’une longévité jusqu’en 1993.
Décorations
- Médaille de la Résistance par décret du 31 Mars 1947 JO 29 Janvier 1948 Source ordre de la Libération
- Croix de guerre 1914-1918,
- Croix de Guerre 1939-1945.
- Croix du combattant volontaire de la Résistance,
- Chevalier de l’Ordre national du Mérite,
- Côte du dossier : 1O14691
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif (rue, place, établissement) n’a été identifié de manière certaine dans les bases consultées. Les recherches effectuées confirment surtout l’ancrage de son action dans le Gard et les Cévennes, sans fournir d’éléments toponymiques commémoratifs directement attribuables.
Références bibliographiques
La Libération dans le Gard, Archives départementales du Gard (brochure d’exposition), Archives départementales du Gard, 2016. Cette brochure propose un cadrage historique et archivistique sur la Libération dans le département, avec une bibliographie structurée des travaux majeurs sur la Résistance gardoise. Le lecteur y trouvera des pistes de sources et d’ouvrages (dont Aimé Vielzeuf) utiles pour contextualiser l’implantation des maquis, les réseaux et la chronologie locale. Elle sert de guide d’orientation vers les fonds et la littérature régionale.
De nouvelles sources pour l’histoire de la Résistance en Languedoc-Roussillon : les archives d’André Pavelet, (article), Études héraultaises, Études héraultaises, 2011. L’article présente et met en valeur des fonds d’archives liés à André Pavelet et à la logistique des maquis en région R3, en citant explicitement le « capitaine Mistral » dans les réunions clandestines et l’organisation matérielle (ravitaillement, armement). Le lecteur y trouvera un éclairage sur les mécanismes concrets de structuration des maquis et sur les acteurs de l’ombre chargés des liaisons et du soutien.
Chapitre V. L’alliance asymétrique (juin 1943-juin 1944), (ouvrage collectif en ligne), Presses universitaires de Rennes (PUR) / OpenEdition Books, sans date de consultation imprimée dans l’extrait, mise en ligne sur OpenEdition.
Ce chapitre universitaire fournit un contexte d’ensemble sur les alliances et rapports de force entre organisations résistantes à l’échelle régionale. Antonin Combarmond y apparaît comme acteur identifié (« capitaine Mistral ») dans une dynamique couvrant Gard et Lozère, ce qui aide à situer son rôle dans une géographie résistante plus large que le seul niveau communal.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance – AERI) Notice nominative structurée (état civil, alias, profession, organisations, récit détaillé des actions, arrestation et internement, et liste de décorations). Le contenu exploité ici provient de la fiche « Antonin COMBARMOND » issue du CD/DVD-ROM « La Résistance dans le Gard (2009) », accessible via la page du musée. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=19015
FranceArchives (inventaire : Fonds du colonel André Pavelet) Notice d’inventaire signalant explicitement un ensemble d’archives attribué à Antonin Combarmond (1895-1993), alias « Capitaine Mistral », en lien avec André Pavelet. La ressource confirme l’existence d’un fonds et la forme des documents (rapports, attestations, organigrammes, listes nominatives), utile pour envisager une vérification plus poussée en salle de lecture. https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/735741771b2e3d1cb42ab65772d96cdf6d4d9922
Ordre de la Libération – base des médaillés de la Résistance française
Page d’accès au moteur officiel de recherche des médaillés de la Résistance française. Lors de cette recherche, la consultation a porté sur les pages d’accès et de présentation de la base ; aucune fiche nominative « Combarmond » n’a pu être isolée dans les pages effectivement consultées, ce qui empêche d’indiquer ici le décret et la parution au JO. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD : non retrouvée dans les bases consultées
Observations Les bases consultées sont cohérentes sur l’identité « Antonin COMBARMOND », sa date et son lieu de naissance (4 décembre 1895, Saint-Géniès-de-Malgoirès) et son alias « Mistral ». En revanche, la date exacte et le lieu précis de décès ne sont pas fournis par les bases obligatoires consultées ; seule l’année 1993 est recoupée via une notice d’inventaire archivistique. Les décorations sont listées par le Musée de la Résistance en ligne, mais la vérification du décret et de la parution au Journal officiel pour la Médaille de la Résistance n’a pas été possible à partir des pages consultées de l’Ordre de la Libération dans le cadre de cette recherche ; elles sont donc rapportées ici sans référence de décret.
Sources consultées le 2 mars 2026
- Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance – AERI) : notice nominative détaillée (état civil, engagement, arrestation, actions, décorations).
- FranceArchives : inventaire du fonds André Pavelet mentionnant un ensemble d’archives attribué à Antonin Combarmond (1895-1993) et la nature des pièces.
- Ordre de la Libération : page d’accès à la base officielle des médaillés de la Résistance française (consultation de la base, sans extraction d’une fiche nominative « Combarmond » dans les pages consultées).
- Maitron (maitron.fr et fusilles-40-44.maitron.fr) : absence confirmée d’une notice nominative dédiée à « Antonin Combarmond » lors de la consultation ; présence uniquement par mentions dans d’autres notices.
- Archives départementales du Gard (brochure « La Libération dans le Gard ») : repérage bibliographique pour contextualisation et poursuite de vérifications en sources imprimées et archives.