La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le projet Manhattan est un programme secret de recherche, d’ingénierie et de production conduit par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale afin de mettre au point une arme nucléaire.

Il est formellement lancé en 1942 et se développe jusqu’en 1946, sous direction militaire (U.S. Army Corps of Engineers, Manhattan Engineer District) et scientifique (notamment autour du laboratoire de Los Alamos).

Les principaux sites industriels et scientifiques documentés par les sources institutionnelles sont, entre autres, Oak Ridge (Tennessee), Hanford (État de Washington) et Los Alamos (Nouveau-Mexique).

La première explosion d’essai, Trinity, a lieu le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique. Les bombes issues du programme sont utilisées contre Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki le 9 août 1945.

Dans le théâtre européen, une composante directement rattachée aux préoccupations du projet Manhattan est la mission ALSOS, déployée en 1944–1945, chargée de recueillir du renseignement et de sécuriser des personnes, documents et matériels liés aux recherches nucléaires allemandes, avec des étapes documentées en France après la Libération de Paris puis en Allemagne.

Circonstances

Le projet Manhattan s’inscrit dans la course scientifique et stratégique déclenchée par la crainte qu’une Allemagne nazie puisse développer une arme atomique. La dynamique alliée s’appuie aussi sur des échanges scientifiques anglo-américains (Tube Alloys, MAUD Committee) et sur l’exploitation de renseignements et de prises de guerre en Europe.

Pour une base documentaire centrée sur la Mémoire de la Résistance française, il est essentiel de distinguer ce qui relève du programme américain lui-même, et ce qui relève, en Europe occupée et en France, de la collecte de renseignement, de la sécurisation de savants et de matières sensibles, et des actions de protection ou d’évacuation menées avant et pendant l’Occupation autour de l’uranium et de l’eau lourde.

Les sources françaises institutionnelles et muséales consultées rappellent que des scientifiques français, dont Frédéric Joliot-Curie, sont engagés dans la Résistance, et que la question du nucléaire en temps de guerre nourrit ensuite l’histoire du programme nucléaire français et ses mises en récit mémorielles.

Héros et figures marquantes

Frédéric JOLIOT-CURIE, physicien, acteur central de la recherche nucléaire française d’avant-guerre, est présenté par des sources muséales et archivistiques françaises comme participant à la Résistance pendant l’Occupation, ce qui constitue un point d’entrée mémoriel solide mais qui ne doit pas être confondu avec une participation opérationnelle au projet Manhattan lui-même.

Jacques ALLIER, envoyé en mission dès 1940 dans le cadre d’une opération française liée à l’acquisition et au transfert d’eau lourde, est documenté par des publications institutionnelles et des ressources patrimoniales comme un acteur clef de cette action clandestine antérieure à la phase industrielle du projet Manhattan, mais pertinente pour l’histoire de la compétition nucléaire. Boris PASH, officier américain, est identifié par les sources militaires américaines et les institutions mémorielles du nucléaire comme un responsable de la mission ALSOS, qui intervient en France libérée puis en Allemagne.

Survivants Les sources consultées attestent la survie et le rôle postérieur de plusieurs acteurs institutionnels et scientifiques du programme, ainsi que la trajectoire post-Libération de savants français associés à l’histoire du nucléaire en France. Dans une base « Résistance », il est recommandé de traiter comme survivants, au sens documentaire, les scientifiques et agents dont l’engagement résistant est explicitement établi par sources françaises (archives nationales, musées, fondations), en distinguant nettement cette dimension de la participation au projet Manhattan.

Conséquences

Le projet Manhattan contribue directement, par la production et l’emploi de l’arme nucléaire en août 1945, à une rupture stratégique et technologique majeure de l’histoire contemporaine. Il influence durablement la géopolitique de l’après-guerre et les politiques de sécurité, y compris en France, où les récits institutionnels mettent en relation l’expérience de guerre, l’esprit de Résistance et les choix de défense nationale dans les décennies suivantes. Pour l’histoire européenne, la mission ALSOS participe à la sécurisation de matériels, d’archives et de personnels liés aux recherches nucléaires allemandes, ce qui s’inscrit dans les pratiques alliées de renseignement et de saisie scientifique à la Libération.

Mémoire et lieux commémoratifs

La mémoire du projet Manhattan est structurée par des institutions muséales et patrimoniales nord-américaines, notamment des musées et sites historiques associés à Los Alamos, Oak Ridge et Hanford, ainsi que par des dispositifs d’archives fédérales américaines. Pour la France, la mémoire institutionnelle consultée relie la période 1939–1945 à l’histoire ultérieure du nucléaire français à travers des expositions et publications (CEA, SHD) qui insistent sur les trajectoires de savants, l’enjeu de l’eau lourde et les continuités de défense.

Références bibliographiques

American Prometheus: The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer Kai Bird et Martin J. Sherwin, Knopf, 2005. Biographie fondée sur un vaste corpus d’archives retraçant la direction scientifique du projet, la gouvernance de guerre et les dilemmes politiques et moraux, utile pour documenter l’organisation et les acteurs centraux.

The Making of the Atomic Bomb Richard Rhodes, Simon & Schuster, 1986. Synthèse de référence sur la science, l’industrie et la décision politique, couvrant les étapes menant du contexte européen au déploiement du programme américain.

The New World, 1939–1946 (The History of the United States Atomic Energy Commission, vol. 1) Richard G. Hewlett et Oscar E. Anderson Jr., Pennsylvania State University Press, 1962. Histoire institutionnelle détaillée des décisions, structures, sites et arbitrages du programme, utile pour une chronologie factuelle.

The Atomic Bomb and the End of World War II (The Official History of the Manhattan Project) (selon éditions disponibles) sources académiques et officielles, publications gouvernementales. Ouvrages et compilations qui rassemblent documents, débats et décisions de 1945, utiles pour encadrer strictement ce qui est attribuable au projet.

Alsos Samuel A. Goudsmit, Henry Schuman, 1947. Témoignage d’un acteur scientifique de la mission ALSOS, décrivant objectifs, méthodes et étapes européennes, avec prudence critique liée au genre mémoriel.

The Bastard Brigade: The True Story of the Renegade Scientists and Spies Who Sabotaged the Nazi Atomic Bomb Sam Kean, Little, Brown, 2019. Récit documenté sur les opérations de contre-prolifération alliées en Europe, utile pour contextualiser ALSOS et les enjeux de renseignement, à recouper avec sources primaires.

La bataille de l’eau lourde (ouvrages français disponibles sous divers auteurs et éditions) littérature historique française. Ensemble d’ouvrages retraçant l’enjeu de l’eau lourde, les missions de 1940 et les opérations de sabotage en Norvège, utile pour la jonction « Europe occupée – course nucléaire ».

Histoire du Commissariat à l’énergie atomique (travaux historiques et institutionnels) auteurs et éditions variables. Ouvrages utiles pour comprendre, côté français, la mémoire institutionnelle et les continuités d’après-guerre en lien avec la période 1939–1945

La France et l’atome (travaux universitaires sur les origines du programme nucléaire français) auteurs et éditions variables. Ouvrages centrés sur Joliot-Curie, le CNRS, le CEA et les recompositions politiques et scientifiques de la Libération, utiles pour traiter la dimension « Résistance » établie par sources françaises.

Hiroshima John Hersey, Alfred A. Knopf, 1946. Texte fondateur sur les conséquences humaines immédiates, indispensable pour documenter l’impact et la mémoire, sans être un ouvrage de Résistance mais essentiel au bilan factuel.

Références internet

Projet Manhattan, Wikipédia Présentation d’ensemble, chronologie, sites et acteurs, utile comme porte d’entrée à recouper avec archives et institutions. https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Manhattan

Atomic Rivals and the ALSOS Mission, Manhattan Project History, OSTI (U.S. Department of Energy) Page institutionnelle décrivant la mission ALSOS et le contexte de la rivalité nucléaire, avec orientation documentaire et historique. https://www.osti.gov/opennet/manhattan-project-history/Events/1942-1945/rivals.htm

Alsos enters Paris, DVIDS / U.S. Army Intelligence Center of Excellence Article historique institutionnel situant l’entrée d’ALSOS à Paris et sa mission, utile pour dater et localiser l’action en France libérée. https://www.dvidshub.net/news/427778/alsos-enters-paris

Alsos Mission seizes French government arsenal, U.S. Army Article institutionnel sur une action d’ALSOS en 1944, utile pour la compréhension des objectifs et méthodes en Europe occidentale. https://www.army.mil/article/132740/alsos_mission_seizes_french_government_arsenal_september_1944

Reginald C. Augustine’s interview, Atomic Heritage Foundation Entretien d’histoire orale décrivant ALSOS et ses déplacements, utile à recouper pour les détails opérationnels. https://ahf.nuclearmuseum.org/voices/oral-histories/reginald-c-augustines-interview/

Los Alamos et la bombe atomique, La Coupole Ressource muséale française contextualisant le projet Manhattan et la bombe, utile pour médiation et chronologie générale. https://lacoupole-france.com/centre-de-ressources-et-de-recherches/los-alamos-et-la-bombe-atomique/

Les origines françaises de la bombe atomique, CNRS Le Journal Article de vulgarisation scientifique adossé à une institution française, utile pour replacer la contribution scientifique française d’avant-guerre et les liens avec l’histoire alliée. https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-origines-francaises-de-la-bombe-atomique

Frédéric Joliot-Curie, FranceArchives Notice archivistique indiquant l’engagement dans la Résistance et donnant un cadre de référence institutionnel. https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/39804

Irène et Frédéric Joliot-Curie, Musée Curie / Institut Curie Ressource muséale indiquant la participation à la Résistance et situant la période 1935–1945, utile pour la dimension mémorielle française. https://musee.curie.fr/decouvrir/exposition-permanente/visite-virtuelle/a2-irene-frederic-joliot-curie

Résistance et Dissuasion, Service Historique de la Défense Page institutionnelle reliant la période de guerre, l’enjeu de l’eau lourde et l’histoire mémorielle du nucléaire français. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/evenements/resistance-et-dissuasion

Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica BnF, Service Historique de la Défense, FranceArchives, Institut Curie, CNRS Le Journal, ressources institutionnelles américaines (OSTI/DOE, U.S. Army, DVIDS), Wikipédia (recoupée), sites associatifs spécialisés. Date de vérification 24 janvier 2026.

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