La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Plan « Proust »

Plan « Proust » (BCRA–OSS), janvier–septembre 1944

Le plan « Proust » est décidé en janvier 1944 comme complément du plan « Sussex », afin de constituer une réserve d’officiers et d’agents français, formés et tenus prêts pour appuyer le renseignement et l’action dans la zone des forces américaines après le Débarquement.

Sa mise sur pied est conjointe entre le BCRA et l’OSS.

Les stagiaires sont regroupés et entraînés par des instructeurs américains installés au Royaume-Uni, notamment à Prae Wood House près de St Albans, pendant l’hiver et le printemps 1944.

À partir du 6 juin 1944, des équipes « Proust » sont engagées progressivement en France par l’USAAF « Carpetbaggers » et insérées au contact des unités US, avec une activité qui se poursuit jusqu’au début de l’automne 1944.

Les sources alliées indiquent qu’un vivier d’environ cinquante à soixante-cinq Français a été constitué ; l’estimation varie selon les documents, mais l’existence du plan, son calendrier et sa vocation opérationnelle sont concordants.

Description factuelle et chronologique

Les dates clés s’échelonnent de la décision de janvier 1944 à l’engagement opérationnel à compter du 6 juin 1944, avec des insertions jusqu’en septembre.

La localisation initiale est le Royaume-Uni pour la formation, puis la zone d’opérations américaine en France, principalement dans le sillage de l’avance du 1er et du 3e Armées.

Les forces en présence associent des cadres et opérateurs français (BCRA) intégrés à des dispositifs OSS et appuyés par les moyens aériens Carpetbaggers, en coordination avec les états-majors FFI.

Les objectifs consistent à fournir, très en avant des troupes US, des observateurs/radios et officiers de liaison capables d’ouvrir des contacts, de guider des colonnes, de renseigner et d’appuyer la reprise d’autorité française.

Les étapes repérables sont la sélection et l’entraînement au Royaume-Uni, l’ouverture d’une « école américaine du plan Proust » le 6 juin 1944, puis les premières insertions et les missions ponctuelles menées au contact des unités américaines.

Le bilan immédiat, relevé dans les rapports OSS, est la mise à disposition d’agents francophones intégrés aux opérations US avec des pertes limitées et des apports de renseignement jugés utiles à l’échelon opératif.

Dans la perspective du Débarquement, l’état-major allié renforce en 1943-1944 l’outillage HUMINT de théâtre. Le plan « Proust » naît de la nécessité d’un volant français spécifiquement arrimé aux forces américaines, pendant que « Sussex » traite des pénétrations plus en profondeur. Le BCRA met à disposition des volontaires et des cadres, l’OSS organise la formation et l’emploi, et les FFI constituent l’interlocuteur naturel sur le terrain pour l’articulation politico-militaire française.

L’intérêt tactique est de disposer d’équipes franco-américaines capables d’entrer très tôt dans les villes libérées, d’exploiter le renseignement et de faciliter la jonction avec les commandements FFI.

Héros et figures marquantes

Jacques MANSION, cadre du BCRA, dirige à compter du 6 juin 1944 « l’école américaine du plan Proust » avant d’être parachuté en Bretagne ; survivant, Compagnon de la Libération.

André DEWAVRIN, dit « Passy », chef du BCRA, supervise la mise à disposition des cadres français auprès des dispositifs alliés ; survivant.

Roger GUATTARY, représentant français au sein de la coordination tripartite autour de « Sussex–Proust », contribue aux liaisons BCRA–OSS ; survivant.

Sabouret GARAT DE NEDDE, dit « Lenormand », officier du plan Proust parachuté début septembre 1944, cité dans Le Maitron ; survivant.

Victimes

Les sources OSS publiées signalent des pertes très faibles pour les agents engagés sous « Proust », sans liste nominative centralisée accessible en ligne. À ce stade, aucune victime nommément rattachée au plan n’a été identifiée dans les bases mémorielles françaises consultées ; ce point est donc laissé ouvert à un dépouillement nominatif des dossiers individuels GR 16 P.

Survivants

La majorité des cadres et agents repérés dans les notices officielles survivent à la période des opérations. Jacques Mansion poursuit des responsabilités au sein des services spéciaux ; d’autres officiers « Proust » rejoignent les FFI et unités françaises reconstituées. Ces trajectoires sont établies par les notices officielles et les instruments d’archives.

Conséquences

Sur le plan militaire, « Proust » offre aux forces américaines un relais humain français pour le renseignement immédiat, l’orientation des colonnes et la mise en place des autorités françaises dans les zones libérées, en complément des dispositifs « Sussex » et « Jedburgh ».

Sur le plan politique, il contribue à la reconnaissance de l’autorité française en accélérant l’interface FFI–Alliés.

Les comptes rendus OSS et les inventaires d’archives français placent « Proust » parmi les outils interalliés spécifiques de l’été 1944.

Mémoire et lieux commémoratifs

Il n’existe pas, dans les bases consultées, de monument ou d’appellation publique explicitement dédiée au « plan Proust » en tant que tel.

La mémoire de ce dispositif est toutefois entretenue par des institutions mémorielles françaises et par les associations d’anciens des services spéciaux, ainsi que par des publications et expositions récentes.

Divergences et précautions

Les sources convergent sur l’origine (janvier 1944), la nature interalliée BCRA–OSS et l’engagement post-D-Day. Elles divergent sur les effectifs et, marginalement, sur le périmètre exact des missions ; certaines publications mentionnent un effectif d’environ 50 agents, d’autres de 65 au 21 mai 1944. Ces écarts tiennent au statut de réserve/formation et au caractère évolutif du dispositif. Les éléments retenus ici s’appuient sur des sources officielles françaises et sur des documents OSS publiés.

Références bibliographiques

  • Les agents secrets du Général (1940-1944), collectif, CNRS/Minarm, 2023. Catalogue scientifique et mémoriel consacré aux services spéciaux de la France libre, adossé à des fonds de la DGSE et de l’Ordre de la Libération. L’ouvrage situe les plans interalliés de 1944, dont « Proust », dans l’écosystème BCRA–Alliés, et présente des dossiers iconographiques sur les écoles et départs de missions.
  • Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA (1940-1944), Sébastien Albertelli, Perrin, 2013. Étude de référence sur l’organisation, les doctrines et les opérations du BCRA. Elle fournit le cadre institutionnel des collaborations franco-alliées et éclaire la genèse des dispositifs complémentaires à « Sussex », au sein desquels s’inscrit « Proust » à l’été 1944.
  • 1943-1944. Plan Sussex, Plan Proust. B.C.R.A., OSS & SIS. Missions secrètes interalliées, Dominique Soulier, MM Park France, 2022. Ouvrage monographique illustré qui reconstitue, à partir d’archives et de témoignages, la mise en place de « Sussex » et de « Proust », les sites d’instruction au Royaume-Uni, la composition des équipes et les insertions post-D-Day. Il propose des tableaux récapitulatifs utiles pour le croisement nominatif.

Références internet

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024