La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Plan « Caïman » : projet d’intervention aéroportée au profit de la Résistance intérieure française en 1944.

Le plan « Caïman » s’inscrit dans les projets élaborés en 1944 pour coordonner les forces alliées et la Résistance intérieure au moment de la libération du territoire. Le principe général est de renforcer les grandes concentrations FFI situées dans les régions montagneuses et de créer des zones suffisamment puissantes pour gêner les mouvements allemands et participer directement à la libération.

Les sources montrent cependant que le contenu du plan évolue. Certains documents l’associent à la libération du Sud-Ouest et de zones alpines en cas de débarquement en Provence. Dans sa forme opérationnelle de juillet 1944, la mission confiée à Pierre BILLOTTE prévoit surtout le parachutage d’une importante force française dans le Massif central afin d’encadrer et de renforcer les FFI.

Déroulement de l’opération

Au printemps 1944, les organismes français chargés de préparer l’action de la Résistance élaborent plusieurs plans : plan Vert pour les chemins de fer, Violet pour les télécommunications, Bleu pour l’énergie et les voies ferrées électrifiées, Bibendum pour les routes et Caïman pour une intervention de plus grande ampleur associant libération territoriale et maquis.

Le 16 mai 1944, Charles de GAULLE demande que la Résistance soit mise en mesure de participer à la libération de grandes zones en liaison avec les Alliés. Le projet Caïman occupe une place dans cette stratégie.

Au début de juillet 1944, Pierre BILLOTTE reçoit le commandement de la « force expéditionnaire C ». Celle-ci doit être parachutée vers la mi-août dans le Massif central. Son rôle est d’apporter un renfort massif de troupes aéroportées et surtout des officiers capables d’encadrer et commander les FFI.

Le plan n’est finalement pas exécuté. L’Ordre de la Libération indique explicitement que le refus américain entraîne l’annulation de l’opération. Pierre BILLOTTE rejoint alors la 2e Division blindée du général LECLERC, dont il devient commandant en second.

Figures marquantes

Pierre BILLOTTE est le principal responsable militaire directement associé à la phase finale du projet. Compagnon de la Libération, il est désigné par le général de Gaulle pour commander la force expéditionnaire C destinée à mettre en œuvre Caïman. Après l’annulation, il rejoint la 2e Division blindée et participe à la campagne de France.

Charles de GAULLE soutient le principe d’une intervention française importante permettant à la Résistance intérieure de participer activement à la libération du territoire.

Émile COULAUDON, alias Gaspard, chef régional FFI d’Auvergne, apparaît dans les discussions concernant la constitution de grands réduits de maquis dans le Massif central. Certains récits rapprochent ces projets de Caïman, mais les sources montrent que les résistants locaux n’ont pas toujours connaissance du contenu exact ou du nom officiel des projets préparés à Alger et Londres.

Victimes

Le plan Caïman ayant été annulé avant son exécution, aucune victime ne peut être imputée directement à l’opération aéroportée projetée.

Les combats des grands maquis du Massif central, notamment ceux du Mont Mouchet, appartiennent à la même séquence stratégique mais ne doivent pas être présentés comme des pertes de l’opération Caïman elle-même.

Survivants

Pierre BILLOTTE survit à la guerre et poursuit une importante carrière militaire et politique après 1945.

Conséquences

L’annulation du plan prive les FFI du centre de la France du renforcement aéroporté massif envisagé. Elle révèle également les divergences stratégiques entre responsables français et commandement allié concernant l’emploi de la Résistance et la concentration de forces dans de grands réduits.

Le Service historique de la Défense conserve plusieurs dossiers concernant Caïman, ce qui confirme son caractère de projet militaire formalisé et non de simple proposition informelle. Le fonds de l’ORA contient notamment des notes et messages consacrés au plan, et la cote GR 4 Q 57 mentionne les opérations « Patrie » et « Caïman » dans le cadre de l’action commune des Alliés et de la Résistance intérieure.

Mémoire et lieux commémoratifs

Le plan Caïman ne possède pas de lieu commémoratif propre comparable à ceux associés à une bataille. Sa mémoire est essentiellement archivistique et historiographique, liée à l’histoire des FFI, du Massif central et aux débats sur la stratégie des grands maquis.

Références bibliographiques

Mémoires de guerre, Charles de Gaulle, Plon. Les mémoires du chef de la France combattante permettent de replacer le plan Caïman dans les relations complexes entre le Gouvernement provisoire, les Alliés et la Résistance intérieure.

Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, Henri Noguères, Robert Laffont. Cette synthèse traite de la préparation des plans d’action de 1944, des FFI et des débats relatifs aux grands maquis.

Ils ont pris le maquis, Fabrice Grenard, Tallandier et ministère des Armées, 2022. L’ouvrage permet de comprendre les enjeux de la concentration des maquis et les limites militaires de la stratégie des « réduits ».

Références internet

Ordre de la Libération fournit la source institutionnelle la plus concise sur la phase finale du projet : Pierre BILLOTTE reçoit le commandement de la force expéditionnaire C, l’objectif est un parachutage massif au profit des FFI et l’opération est annulée après le refus américain. Ordre de la Libération – Pierre Billotte

Service historique de la Défense conserve un dossier intitulé « Plan Caïman : notes et messages » et plusieurs fonds sur l’action commune des Alliés et de la Résistance. SHD – Fonds ORA

Service historique de la Défense recense également dans la cote GR 4 Q 57 des documents relatifs à l’opération Caïman dans le Sud-Ouest français. SHD – GR 4 Q 57

Fiabilité

Fiabilité A pour l’existence du plan, la désignation de Pierre BILLOTTE, le projet de parachutage et l’annulation. Fiabilité B pour les contours géographiques exacts du plan à chacune de ses phases, les sources employant parfois « Caïman » pour des projets successifs ou partiellement remaniés.

Sources consultées  

Maitron Résistance, recherche effectuée le 25 août 2026. Maitron

Fondation de la Résistance, recherche sur les plans d’action de 1944, vérifiée le 25 août 2026. Fondation de la Résistance

Musée de la Résistance en ligne, résultat positif sur Pierre BILLOTTE et Caïman, vérifié le 25 août 2026. Musée de la Résistance en ligne

Mémoire des hommes, recherche effectuée le 25 août 2026. Mémoire des hommes

Ordre de la Libération, notice Pierre BILLOTTE vérifiée le 25 août 2026. Ordre de la Libération

Gallica, recherche bibliographique effectuée le 25 août 2026. Gallica

Service historique de la Défense, fonds Caïman et FFI vérifiés le 25 août 2026. SHD

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