Jean Armand Marc PHILIPPON, alias « Hilarion », né le 27 septembre 1909 à Bordeaux (Gironde), mort le 2 novembre 1982 à Paris, français.
Jeunesse et formation
Jean Philippon était le fils de Paul Philippon, ingénieur diplômé de l’École centrale, et de Renée Labory. Il entra à l’École navale en 1928 et en sortit comme enseigne de vaisseau en 1930. Il servit successivement sur le croiseur-école Suffren, sur l’aviso Antarès, puis en Indochine. Après une spécialisation dans la navigation sous-marine, il fut affecté au sous-marin Naïade, au torpilleur Typhon et, en octobre 1938, comme officier en second du sous-marin Ouessant.
Engagement dans la Résistance
Lorsque les forces allemandes entrèrent à Brest en juin 1940, l’Ouessant, alors en réparation, fut sabordé. Jean Philippon demeura affecté à la base navale de Brest, où ses fonctions lui donnaient accès à des informations de première importance sur les installations portuaires et les bâtiments allemands.
Mis en relation avec Gilbert Renault, dit le colonel Rémy, il entra dans la Confrérie Notre-Dame, réseau de renseignement de la France libre, sous le pseudonyme de « Hilarion ».
Appartenance à un réseau ou mouvement
Jean Philippon appartint à la Confrérie Notre-Dame, l’un des principaux réseaux de renseignement liés au Bureau central de renseignements et d’action.
Il ne paraît pas avoir été directement lié au maquis de Saffré. Sa présence dans le présent ensemble résulte vraisemblablement d’un rapprochement thématique entre différents acteurs de la Résistance en Loire-Inférieure et en Bretagne. Aucun document consulté ne permet de l’associer aux combats de Saffré du 28 juin 1944.
Missions et actions
Entre 1940 et 1942, Jean Philippon transmit aux Alliés des renseignements sur les mouvements des bâtiments allemands stationnés ou réparés à Brest, sur les dispositifs de défense et sur les préparatifs portuaires.
Ces informations contribuèrent aux opérations britanniques contre les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau, le croiseur lourd Prinz Eugen et, plus largement, à la surveillance de la flotte allemande de l’Atlantique.
Affecté ensuite à Toulon, il servit sur le croiseur Foch, sabordé avec la flotte française le 27 novembre 1942 lors de l’occupation de la zone sud par les forces allemandes.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation ou déportation de Jean Philippon n’est établie. Il poursuivit son parcours militaire après la Libération.
Camarades de combat
Son principal contact clandestin identifié fut le colonel Rémy. Il travailla avec les agents de la Confrérie Notre-Dame chargés de recueillir et de transmettre les renseignements militaires provenant des ports de l’Atlantique.
Retour à la vie civile
Jean Philippon poursuivit sa carrière dans la Marine nationale. Capitaine de corvette en 1945, il participa ensuite à la guerre d’Indochine. Il commanda plusieurs bâtiments et prit part à l’expédition de Suez en 1956 à bord du porte-avions Arromanches.
Rappelé auprès du général de Gaulle, il devint chef de l’état-major particulier du président de la République de 1964 à 1967, puis commanda l’escadre de la Méditerranée. Il termina sa carrière avec le grade de vice-amiral d’escadre.
Il publia plusieurs ouvrages de souvenirs, notamment Services secrets contre cuirassés : Brest, 1940-1942.
Décorations
- Grand officier de la Légion d’honneur — Source biographique secondaire ; décret non directement consulté.
- Croix de guerre 1939-1945 — Source biographique secondaire.
- Médaille de la Résistance française par décret du 31 Mars 1947 JO 13 juillet 1947 Source Ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O50135
- Distinction britannique liée à son activité de renseignement — intitulé et date non vérifiés dans une source primaire.
Lieux de mémoire
Un rond-point de Brest porte le nom de l’amiral Jean Philippon. Sa mémoire est également associée à la base navale de Brest et aux archives de la Confrérie Notre-Dame.
Références bibliographiques
Services secrets contre cuirassés : Brest 1940-1942, Jean Philippon, Nouvelles Éditions Latines, 2000 (1re éd. sous le titre S. et G., France-Empire, 1957). Témoignage autobiographique de Jean Philippon sur son activité clandestine sous le pseudonyme « Hilarion » au sein de la Confrérie Notre-Dame. L’auteur décrit l’organisation du renseignement à Brest, les observations de la flotte allemande, ses relations avec le colonel Rémy et le rôle des informations transmises aux Alliés dans les opérations contre les grands bâtiments de la Kriegsmarine.
Le Blocus du Scharnhorst et du Gneisenau, Jean Philippon, France-Empire, 1967. L’ouvrage revient sur le stationnement des deux cuirassés allemands à Brest et sur les opérations de renseignement qui permirent aux Alliés de suivre leurs mouvements. Il complète les souvenirs de l’auteur en développant les aspects militaires et navals des opérations menées entre 1941 et 1942.
La Royale et le Roi, Jean Philippon, France-Empire, 1982. Dernier ouvrage de Jean Philippon, consacré à son parcours dans la Marine nationale et aux grandes évolutions de la marine française au XXᵉ siècle. Il éclaire la carrière de l’ancien résistant après la Seconde Guerre mondiale et apporte des éléments sur sa conception du commandement et du service de l’État.
La Ligne de démarcation, Gilbert Renault (colonel Rémy), Librairie Académique Perrin, 1964. Dans ses mémoires, le colonel Rémy retrace la création et le fonctionnement de la Confrérie Notre-Dame. Plusieurs passages évoquent le recrutement des principaux agents du réseau à Brest, dont Jean Philippon, et replacent leur action dans l’ensemble du renseignement de la France libre.
Mémoires d’un agent secret de la France libre, Gilbert Renault (colonel Rémy), Robert Laffont, plusieurs éditions. Cet ensemble de mémoires constitue une source essentielle sur les réseaux de renseignement de la France libre. L’auteur décrit les méthodes de recrutement, les liaisons avec Londres et les principales opérations conduites par la Confrérie Notre-Dame, dans lesquelles s’inscrit l’action de Jean Philippon.
Références internet
Jean Philippon – Wikipédia Cette notice biographique retrace la carrière de Jean Armand Marc Philippon, depuis son entrée à l’École navale jusqu’à son grade de vice-amiral d’escadre. Elle présente son engagement dans la Résistance sous le pseudonyme « Hilarion », ses principales publications, ses décorations et les hommages qui lui ont été rendus. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Philippon
Jean Philippon (Hilarion) – Mémoires des résistants et FFI de l’arrondissement de Brest Cette notice très documentée est consacrée à l’activité clandestine de Jean Philippon à Brest. Elle détaille son rôle au sein de la Confrérie Notre-Dame, ses missions de renseignement, ses contacts avec le colonel Rémy et son parcours militaire après la guerre. https://www.resistance-brest.net/article491.html
Confrérie Notre-Dame (C.N.D.-Castille) – Mémoires des résistants et FFI de l’arrondissement de Brest Cette page rassemble les différentes notices consacrées aux membres et aux activités du réseau C.N.D.-Castille dans la région brestoise. Elle permet de replacer l’action de Jean Philippon dans le contexte général du renseignement de la France libre. https://www.resistance-brest.net/mot52.html
Gilbert Renault (colonel Rémy) – Mémoires des résistants et FFI de l’arrondissement de Brest Cette biographie du fondateur de la Confrérie Notre-Dame explique la constitution du réseau de renseignement et les liens établis avec plusieurs agents de Brest, dont Jean Philippon. Elle apporte un éclairage sur l’organisation des missions clandestines. https://www.resistance-brest.net/article486.html
Bibliographie – Mémoires des résistants et FFI de l’arrondissement de Brest Cette bibliographie recense les principaux ouvrages consacrés à la Résistance bretonne. Elle référence notamment S. et G. de Jean Philippon ainsi que de nombreux travaux utiles pour replacer son action dans le contexte de la Résistance à Brest. https://www.resistance-brest.net/spip.php?page=bibliographie
Ordre de la Libération – La Médaille de la Résistance française Cette page officielle présente l’histoire, les conditions d’attribution et la portée de la Médaille de la Résistance française. Elle permet de situer la distinction reçue par Jean Philippon dans le système des récompenses décernées aux résistants. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/quest-ce-que-la-medaille-de-la-resistance-francaise
Ordre de la Libération Le site officiel de l’Ordre de la Libération met à disposition des informations historiques sur les décorations de la Résistance, les compagnons de la Libération et les archives liées aux distinctions nationales décernées pendant et après la Seconde Guerre mondiale. https://www.ordredelaliberation.fr/
Images Défense – Inauguration du rond-point Amiral Jean Philippon Cette page du ministère des Armées présente l’inauguration du rond-point Amiral Jean Philippon à Brest. Elle rappelle le parcours militaire de l’officier de marine, son engagement dans la Résistance et l’hommage rendu à son action. https://imagesdefense.gouv.fr/fr/inauguration-du-rond-point-amiral-jean-philippon.html
Service historique de la Défense Le portail du Service historique de la Défense permet d’effectuer des recherches dans les fonds d’archives militaires et les dossiers individuels conservés à Vincennes. Il constitue la principale porte d’entrée pour retrouver les dossiers de carrière ou de Résistance concernant Jean Philippon. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Mémoire des hommes – Ministère des Armées Ce portail national donne accès à de nombreuses bases documentaires consacrées aux combattants, aux militaires et aux conflits contemporains. Il constitue une ressource complémentaire pour les recherches sur les personnels militaires et le contexte historique de la Seconde Guerre mondiale. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Dossier d’homologation
Aucune cote certaine du Service historique de la Défense n’a été identifiée lors des présentes recherches.
Observations
Jean Philippon ne doit pas être confondu avec plusieurs homonymes civils nés en Vendée ou en Haute-Loire. La présente notice concerne l’officier de marine né à Bordeaux en 1909, agent de la Confrérie Notre-Dame.
Aucun lien personnel ou opérationnel avec le maquis de Saffré n’a été établi.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la carrière navale, le pseudonyme « Hilarion » et l’activité de renseignement de Jean Philippon sont établis par plusieurs sources biographiques concordantes. Son rattachement au dossier de Saffré n’est en revanche pas documenté.
Chronologie
| Date | Événement |
| 27 septembre 1909 | Naissance à Bordeaux. |
| 1928 | Entrée à l’École navale. |
| Juin 1940 | Sabordage de l’Ouessant à Brest. |
| 1940-1942 | Renseignement au profit de la Confrérie Notre-Dame sous le pseudonyme de « Hilarion ». |
| Novembre 1942 | Sabordage de la flotte à Toulon. |
| 1945-1969 | Poursuite de la carrière dans la Marine nationale. |
| 1964-1967 | Chef de l’état-major particulier du président de la République. |
| 2 novembre 1982 | Mort à Paris. |