Robert Pierre PERRIAUX, né le 24 décembre 1910 à Faulx (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 10 octobre 1944 à Banvillars (Territoire de Belfort),français. Officier de carrière, il commande la 2e compagnie du Groupement T.B.
Robert Perriaux est officier professionnel. Il est élève de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion Verdun, 1935-1937, puis complète sa formation militaire à Saint-Maixent.
Cette solide formation explique qu’il soit placé à la tête d’une compagnie FFI lorsque le Groupement T.B. passe à l’action ouverte en septembre 1944.
Engagement dans la Résistance
Perriaux rejoint les FFI du Territoire de Belfort et reçoit le commandement de la 2e compagnie du Groupement T.B., sous l’autorité générale de l’abbé Pierre Dufay.
Missions et actions
En septembre 1944, la compagnie Perriaux monte dans le massif de la Planche des Belles Filles avec les autres unités du Groupement T.B.
Lorsque la position devient intenable, Dufay ordonne le décrochage dans la nuit du 17 au 18 septembre. La compagnie Perriaux, réduite à une cinquantaine d’hommes, se replie dans la forêt de Frahier, dans l’espoir de rejoindre d’autres éléments FFI et les forces alliées.
Les patrouilles allemandes et les unités dites « cosaques » rendent cependant toute jonction extrêmement difficile. Après plusieurs jours d’attente, Perriaux choisit une solution particulièrement risquée : tenter une percée vers le sud avec une trentaine de volontaires afin de rejoindre directement les lignes françaises.
Le 2 octobre 1944, le groupe tombe à Granges-le-Bourg sur un important détachement allemand au bivouac. Le combat est bref et violent. Perriaux est blessé, de même que Claude Dugois. Sept hommes seulement réussissent à s’échapper.
Les autres sont capturés.
Arrestation et exécution
Perriaux et ses compagnons sont transférés à la caserne Friedrich de Belfort, convertie en prison allemande. Ils sont ensuite condamnés à mort comme « terroristes ».
Le 10 octobre 1944, Robert Perriaux est conduit à Banvillars avec plusieurs dizaines d’autres résistants et fusillé. Le site constitue l’un des principaux charniers de la répression allemande dans les dernières semaines de l’Occupation du Territoire de Belfort.
Camarades de combat
La compagnie Perriaux comprend notamment les trois membres de la famille Dugois, Joseph Chauchot, Roger Jeanpierre et d’autres résistants du Groupement T.B. Plusieurs d’entre eux sont capturés pendant la tentative de percée.
Retour à la vie civile
Robert Perriaux est exécuté avant la Libération de Belfort.
Décorations
Médaille de la Résistance Française à titre posthume par décret du 23 Février 1959 JO 07 Mars 1959 source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O49399
Les recherches ouvertes utilisées ici n’ont pas permis d’établir avec une précision réglementaire la totalité de ses décorations personnelles. Son statut de militaire de carrière et de résistant exécuté est en revanche solidement établi.
Lieux de mémoire
Le charnier de Banvillars constitue le principal lieu de mémoire de Robert Perriaux et de son groupe. Une plaque commémorative rappelle le « commando Perriaux » et ses compagnons fusillés.
Références bibliographiques
Le Territoire de Belfort dans la tourmente, 1939-1944, Marie-Antoinette Vacelet, Archives départementales du Territoire de Belfort, 1993, réédition Éditions Cêtre, 2004-2005. Cette vaste étude locale constitue une référence essentielle pour replacer Robert Perriaux dans le cadre politique, militaire et résistant du Territoire de Belfort. Elle retrace l’Occupation, la constitution des organisations clandestines, les FFI, les maquis de l’été 1944 et la répression allemande précédant la Libération. Les Archives municipales de Belfort conservent l’édition originale en deux volumes et le Service historique de la Défense référence également la réédition de l’ouvrage.
Avec les F.F.I. de Belfort, par une équipe d’entr’eux, Forces françaises de l’intérieur, Région D – Sous-région D.2 – Groupement T.B., édition sans date indiquée. Cette publication issue directement du Groupement T.B. constitue une source mémorielle de premier ordre pour étudier l’unité dans laquelle Robert Perriaux commande la 2e compagnie. Elle retrace notamment le rassemblement des FFI dans le secteur de la Planche des Belles Filles, la pression exercée par les forces allemandes en septembre 1944 et la dispersion des maquisards. L’ouvrage est conservé dans les collections patrimoniales des Archives municipales de Belfort.
1944, souviens-toi !, textes rassemblés et présentés par le général René Eymin, préface de François Marcot, Région de Franche-Comté et Fédération interdépartementale des amicales FFI du Doubs, du Jura-Nord et du Territoire de Belfort, 1994. Cet ouvrage collectif a été réalisé par les associations d’anciens FFI de la région et rassemble témoignages, études et documents consacrés aux combats de la Libération. La participation de la Fédération du Territoire de Belfort en fait une référence particulièrement utile pour replacer la 2e compagnie de Perriaux dans l’organisation régionale des FFI. Il permet aussi de comprendre le contexte militaire de septembre et octobre 1944, lorsque la progression alliée se stabilise aux abords du Territoire de Belfort.
La Franche-Comté sous l’occupation allemande et sa libération, Jean Riche, Marque-Maillard, Lons-le-Saunier, 3 volumes, 1979-1985. Cette importante synthèse régionale étudie méthodiquement l’Occupation, les mouvements de Résistance, les maquis, la répression allemande et les opérations conduisant à la Libération de la Franche-Comté. Elle constitue un ouvrage de contexte indispensable pour étudier le Groupement T.B. et les événements de septembre-octobre 1944 dans le nord de la région. Les Archives départementales du Doubs conservent cette étude dans leurs collections consacrées aux mouvements de Résistance.
Le Désarroi, la souffrance, l’espoir : vécu par les combattants de la Résistance de Haute-Saône, sous la direction de Jean Reuchet, Éditions Crimée, 1996. Cet ouvrage collectif de résistants de Haute-Saône restitue les événements vécus par les maquis et leurs combattants dans un territoire directement voisin du Groupement T.B. Il constitue une référence pertinente pour l’itinéraire de la compagnie Perriaux, qui se replie dans la forêt de Frahier puis tente de franchir les lignes en passant par Granges-le-Bourg, en Haute-Saône, où le groupe est encerclé le 2 octobre 1944. Le catalogue des Bibliothèques numériques de la Défense confirme l’édition de 1996 chez Crimée.
Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Robert Laffont, collection « Bouquins », Paris, 2006. Cette synthèse de référence permet de replacer Robert Perriaux et le Groupement T.B. dans l’organisation générale des Forces françaises de l’intérieur, leur processus de militarisation en 1944 et leur participation aux opérations accompagnant la Libération. Même lorsqu’un parcours individuel n’y fait pas l’objet d’une notice autonome, l’ouvrage fournit les cadres historiques indispensables pour comprendre le fonctionnement des FFI départementales et la répression allemande contre les maquis. Il est également cité comme ouvrage général de référence dans les travaux consacrés au Groupement T.B.
Pages de la Résistance comtoise : les F.F.I. du Doubs et du Jura Nord, 1943-1944, Fédération départementale FFI du Doubs et du Jura Nord, Imprimerie Roberet, Besançon, 1968. Cette brochure élaborée par d’anciens responsables FFI constitue une source contemporaine de la construction de la mémoire résistante en Franche-Comté. Elle documente l’organisation militaire régionale, les formations FFI et leurs opérations pendant les derniers mois de l’Occupation. Bien que centrée principalement sur le Doubs et le Jura-Nord, elle est utile pour comprendre les liens organisationnels et militaires avec le Territoire de Belfort et les unités telles que le Groupement T.B.
Références internet
PERRIAUX Robert, Pierre – Le Maitron Cette notice biographique constitue la source numérique la plus précise retrouvée sur Robert Perriaux. Elle confirme sa naissance le 24 décembre 1910 à Faulx en Meurthe-et-Moselle et son exécution le 10 octobre 1944 à Banvillars. Elle précise qu’il est officier de carrière, ancien élève de Saint-Cyr de la promotion Verdun 1935-1937, qu’il commande la 2e compagnie du Groupement T.B. et qu’après la dispersion du maquis il tente de rejoindre les lignes alliées avec une trentaine d’hommes avant d’être capturé. https://maitron.fr/perriaux-robert-pierre/
PERRIAUX Robert, Pierre – Maitron des fusillés et exécutés Version de la notice spécialement intégrée au dictionnaire des fusillés et exécutés de la Seconde Guerre mondiale. Elle retrace le parcours militaire et résistant de Perriaux, la situation de sa compagnie après l’abandon des positions du Groupement T.B., puis la tentative de passage vers les lignes françaises. Elle décrit également sa capture à Granges-le-Bourg, son incarcération à Belfort et son exécution collective à Banvillars le 10 octobre 1944. https://fusilles-40-44.maitron.fr/perriaux-robert-pierre/
Banvillars, charnier du Territoire de Belfort : les fusillés du 10 octobre 1944 – Le Maitron Cette notice collective est fondamentale pour comprendre les circonstances de la mort de Robert Perriaux. Elle retrace l’itinéraire du groupe du capitaine Perriaux, fort d’une trentaine d’hommes, encerclé le 2 octobre 1944 dans le bois de Granges en Haute-Saône alors qu’il tente de rejoindre les lignes alliées. Les prisonniers sont transférés à la caserne Friedrich de Belfort, condamnés comme « terroristes » puis conduits à Banvillars où vingt-sept résistants sont fusillés le 10 octobre. https://fusilles-40-44.maitron.fr/banvillars-charnier-de-territoire-de-belfort-les-fusilles-du-10-octobre-1944/
Robert Pierre PERRIAUX – MémorialGenWeb Cette fiche individuelle recense Robert Perriaux parmi les fusillés de Banvillars et confirme son grade de capitaine, son décès le 10 octobre 1944 ainsi que l’attribution de la mention « Mort pour la France ». Une divergence importante doit toutefois être relevée : cette fiche indique actuellement une naissance le 24 décembre 1900 à Faulx, tandis que le Maitron donne le 24 décembre 1910 et rattache Perriaux à la promotion de Saint-Cyr 1935-1937 ; sur ce point, la donnée de 1910 est la plus cohérente avec son parcours militaire. https://www.memorialgenweb.org/memorial3/sep/fr/fiche_texte.php?id=778373
JEANPIERRE Roger Arthur Delphin – MémorialGenWeb La fiche de ce combattant de la 2e compagnie fournit une description détaillée de l’itinéraire collectif des hommes placés sous le commandement de Perriaux. Elle rappelle le rassemblement des FFI le 6 septembre 1944, le repli de la compagnie dans la forêt de Frahier, la décision de Perriaux de percer vers le sud, l’encerclement du groupe à Granges-le-Bourg le 2 octobre et la capture de la plupart des hommes. Elle constitue ainsi une source complémentaire importante pour reconstituer les derniers jours de la compagnie. https://www.memorialgenweb.org/memorial3/sep/fr/fiche_texte.php?id=11011560