La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

OLIVÈS Laurent

Laurent OLIVÈS, né en 1913 à Blida (Algérie), mort en 1999 (lieu non confirmé)

Issu d’une famille protestante originaire d’Algérie, Laurent Olivès arrive à Montpellier pour des études de théologie avant-guerre.

Dès 1940–1941, jeune pasteur desservant les hameaux d’Ardaillès/Talayrac (Cévennes), il met en place des filières d’entraide, fournit des faux papiers et organise des refuges paysans pour proscrits et Juifs. Les témoignages rassemblés par la Fondation de la Résistance et les récits éditoriaux confirment cette entrée très précoce en clandestinité.

À l’été 1943, son groupe s’intègre à l’Armée secrète (AS). Au début de l’été 1944, le maquis d’Ardaillès/Soureilhade qu’il a fondé fusionne avec le maquis de Lasalle pour constituer le maquis Aigoual-Cévennes, structure AS/MUR devenue l’un des plus importants maquis gardois.

Olivès fonde et dirige le maquis de La Soureilhade autour d’Ardaillès : accueil des réfractaires au STO, école des cadres, organisation du ravitaillement, liaisons avec d’autres maquis des vallées cévenoles.

Son maquis participe aux opérations de l’été 1944 dans le cadre du maquis Aigoual-Cévennes. Les pages locales et muséales, ainsi qu’un dossier pédagogique de la Fondation, en fixent les étapes majeures et la chronologie (création, fusion du 12 juillet 1944, montée en puissance jusqu’à la Libération).

Camarades de combat

Dans la direction et l’action, ses compagnons les plus cités sont Marcel Bonnafoux dit « Marceau », René Rascalon (chef du maquis de Lasalle), Guy Arnault et Antoine Cassé.

La tombe de « Marceau » porte une citation du « colonel Colas », qui fut le chef militaire de l’Aigoual-Cévennes à l’été 1944, ce qui éclaire l’environnement de commandement dans lequel agit Olivès.

Retour à la vie civile

Après 1945, Olivès reprend un ministère pastoral – notamment en Tunisie – et reste engagé sur des questions sociales et anticoloniales.

Ses souvenirs, réédités, évoquent ses divergences avec la direction protestante pendant la guerre, ses années nord-africaines puis son retour dans une paroisse ouvrière.

Décorations

  • Juste parmi les Nations : reconnaissance par Yad Vashem le 6 mai 1996, remise au temple de Talayrac (dossier n° 6238C). Cette distinction, attribuée à Laurent Olivès et à son épouse Suzanne, est confirmée par le Comité français pour Yad Vashem.
  • Médaille de la Résistance française : décret du 15 juin 1946 JO 11 juillet 1946
  • Côte du dossier : 1O47460

Lieux de mémoire

Ardaillès (Valleraugue, Gard) : plaque rappelant le berceau du maquis AS de la Soureilhade fondé par le pasteur Olivès.

Col du Pas – Mémorial du maquis Aigoual-Cévennes : monument principal dédié au maquis issu de la fusion de 1944.

Références bibliographiques

  • J’étais pasteur et chef de maquis. Souvenirs d’un pasteur résistant, Laurent Olivès, Ampelos, 2018 (rééd.). Récit de première main : de l’entraide clandestine aux actions du maquis, avec un éclairage sur les choix éthiques d’un pasteur en guerre. L’ouvrage revient sur la fusion Aigoual-Cévennes et les relations entre maquis et populations. Musée de la Résistance en Ligne
  • Aigoual 44, Robert Poujol, Ampelos, 2020. Journal d’un maquisard cévenol ; précise l’organisation, les déplacements et les combats de l’Aigoual-Cévennes à l’été 1944, avec une préface de Laurent Olivès. B
  • Espagnols rouges : un maquis de républicains espagnols en Cévennes (1939-1946), Hervé Mauran, C. Lacour, 1995. Étude sur les combattants espagnols des Cévennes, utile pour comprendre l’alliage AS/FTP et l’environnement cévenol des maquis d’Olivès.

Références internet

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