Thérèse NICHTERWITZ
Née Andrée Thérèse Terraza le 1er janvier 1908 à Molinos (Espagne), fille de migrants espagnols Martin Terraza et Isabelle Andrès, elle s’installe en France dans les années 1920. Elle épouse Robert Nichterwitz en 1928 et devient citoyenne française. Elle exerce comme concierge à la préfecture de l’Hérault à Montpellier.
Engagement dans la Résistance
En 1941, sous l’occupation, elle rejoint le mouvement Combat, puis le Noyautage des Administrations Publiques (NAP), devenu ensuite partie des Mouvements Unis de la Résistance (MUR). Sa motivation : défendre la République, protéger ses collègues et fournir soutien logistique aux résistants.
Elle assure la liaison entre le chef départemental et les principaux responsables, gère les transmissions clandestines, constitue une cache d’armes dans les locaux de la préfecture, héberge des agents traqués, transporte armes, munitions, tracts, journaux. Elle atteint le grade de sous-lieutenant des Forces Françaises Combattantes.
Arrestation / déportation
Arrêtée sur dénonciation par la Gestapo le 11 janvier 1944, elle subit torture mais ne révèle rien. Internée le 17 mars 1944 à Romainville, elle est déportée à Ravensbrück puis Sachsenhausen.
Elle survit, mais avec une santé durablement altérée, et rentre en France en mai 1945.
Camarades de combat
Elle collabore avec les chefs départementaux de Combat et MUR, notamment Ferdinand Paloc, Jacques Renouvin, Gilbert de Chambrun et Marceau Gitard, ainsi que des agents clandestins utilisant le logement préfectoral.
Retour à la vie civile
Après la guerre, elle reprend son emploi à la préfecture ou auprès des anciens combattants et résistants. Elle décède à Montpellier le 17 octobre 1974.
Décorations
- Chevalier de la Légion d’honneur
- Médaille de la Résistance avec rosette (décret du 3 août 1946)
- Croix de guerre 1939–1945 avec étoile de bronze
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
- Médaille commémorative de la guerre 1939–1945
Rues ou lieux de mémoire
Une plaque est apposée dans la cour de la préfecture de l’Hérault à Montpellier ; sa mémoire a été honorée lors d’une cérémonie officielle en 2023.
Références bibliographiques
Citée dans :
- Dictionnaire des femmes de la Résistance (coord. Michèle Cointet), Perrin, 2017. Présente ses actions dans Combat, NAP, MUR ; ses liaisons, arrestation tolérée ; contexte montpelliérain.
- Résistance en Occitanie par Jean-François Soulet, Éditions de l’Hérault, 2009. Chapitre sur les résistantes à la préfecture, rôle de concierge.
Références internet
- Wikipédia : biographie détaillée : naissance, activité résistante, arrestation, déportation, décorations, mort – https://fr.wikipedia.org/wiki/Thérèse_Nichterwitz
- Chemins de mémoire (Ministère de la Défense) : fiche signalant son rôle majeur de liaison, arrestation, odyssée concentrationnaire –
- Site de la préfecture de l’Hérault : article plus récent (2024) rappelant son engagement et l’inauguration d’une plaque – https://infoccitanie.fr/herault-la-prefecture-rend-hommage-aux-femmes-resistantes