Albert NAUD, né le 8 mai 1904 à Graves (Charente), mort le 20 février 1977 à Paris (13e arrondissement)
Fils d’agriculteurs, Albert Léopold Naud suit l’École normale d’instituteurs de Ruffec avant de « monter » à Paris. Il travaille comme journaliste à L’Écho de Paris à la fin des années 1920, fréquente le Centre de propagande des républicains nationaux, puis obtient une licence en droit et s’inscrit au barreau de Paris en 1933, devenant 1er secrétaire de la Conférence (1934-1935).
Mobilisé en 1939 et blessé durant la campagne de France, il reprend le barreau après l’armistice et entre très tôt dans la Résistance.
Il est arrêté en janvier 1941 dans une affaire de « propagande gaulliste » visant plusieurs avocats parisiens. Des journaux d’époque attestent les poursuites et l’instruction ouvertes contre ces « dégaullistes ».
À l’été-automne 1940, au Palais de justice, Naud rejoint le cercle clandestin animé par l’avocat André Weil-Curiel, souvent désigné sous l’appellation « France libre »/« Temple de la Résistance », qui prend rapidement contact avec le groupe du Musée de l’Homme. Le Maitron (notice Nordmann) et le Musée de la Résistance en ligne confirment la présence d’« Albert Naud » parmi les avocats du noyau fondateur (avec Léon-Maurice Nordmann, René-Georges Étienne, etc.).
Dans le cadre du groupe d’avocats résistants, il participe à la diffusion d’informations et au soutien aux premiers réseaux parisiens. Son arrestation de janvier 1941, suivie d’une incarcération à la Santé, interrompt momentanément ses activités. Après démantèlement du premier noyau, il se rattache à un autre groupe clandestin puis prend part, en août 1944, aux combats de la Libération de Paris selon sa biographie de synthèse (à croiser avec les attestations de presse d’époque).
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté et inculpé en janvier 1941, il est détenu environ deux mois à la prison de la Santé (presse de janvier 1941).
Camarades de combat
Parmi les confrères impliqués dans le même cercle : André Weil-Curiel, Léon-Maurice Nordmann, René-Georges Étienne, Jean Victor-Meunier.
Retour à la vie civile
À la Libération, il reprend le barreau et plaide des causes retentissantes. Il est l’un des avocats commis d’office de Pierre Laval en 1945 avant de se déporter, puis devient une figure de l’abolitionnisme pénal (ouvrages et campagnes contre la peine de mort).
Décorations
Base Léonore (Archives nationales) : dossier nominatif signalé (cote 19800035/1475/71078), preuve d’une Légion d’honneur (grade et décret à vérifier dans le dossier numérisé non consultable ici).
Médailles de la Résistance / Compagnon de la Libération : absence confirmée sur le site de l’Ordre (sections « Médaille de la Résistance » . FranceArchives+1
Lieux de mémoire
Citoyen d’honneur de Ruffec (témoignages locaux et notices). Aucun établissement public en France portant son nom n’a été identifié dans les bases consultées ; mention d’hommages locaux en Charente.
Références bibliographiques
- Pourquoi je n’ai pas défendu Pierre Laval, Albert Naud, Fayard, 1948.
Récit à la première personne de sa déportation du dossier Laval et des conditions de la justice d’exception de l’automne 1945 ; utile pour comprendre son positionnement déontologique et les limites du procès. - Robes noires, années sombres. Avocats et magistrats en résistance (1940-1944), Liora Israël, Fayard, 2005. Étude de référence sur les professions juridiques sous l’Occupation, leurs engagements, réseaux et tensions ; replace le groupe d’avocats parisiens (Weil-Curiel, Nordmann, Naud) dans le panorama national.
- Le réseau du Musée de l’Homme, Julien Blanc, CNRS Éditions, 2010.
Monographie du premier réseau parisien ; offre les recoupements prosopographiques nécessaires sur les contacts entre le noyau d’avocats et le groupe Vildé-Lewitsky-Oddon.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – « Témoignage d’André Weil-Curiel » (France libre au Palais, 11 novembre 1940, liens avec le Musée de l’Homme) – aperçu des origines du groupe d’avocats résistants.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media10807-Tmoignage-dAndr-Weil-Curiel - Wikipédia (Naud) – notice synthétique (arrestation de janvier 1941 sourcée par presse Gallica, itinéraire professionnel) ; à croiser avec les sources primaires.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Naud - *Gallica BnF – articles : Le Journal (22 janvier 1941) et L’Ouest-Éclair (24 janvier 1941) sur les poursuites contre des « dégaullistes » ; sources contemporaines de l’arrestation. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7633739w
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k662228j
- Fondation de la Résistance / Musée en ligne – mentions d’« Albert Naud » dans les pages consacrées au noyau Nordmann / Weil-Curiel.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/ (voir médias 5037, 10807) - FranceArchives (Léonore) – signalement du dossier de Légion d’honneur d’Albert Naud (référence de cote).
https://francearchives.gouv.fr/(voir notice de renvoi Léonore)