Le mouvement Défense de la France est fondé en juillet 1941 par un groupe de jeunes étudiants parisiens, principalement issus de milieux catholiques et non communistes. Son créateur principal est Philippe Viannay, ancien élève de l’École des hautes études commerciales (HEC).
Le mouvement naît autour de la volonté de résister par la presse clandestine. Son objectif premier est d’informer les Français, lutter contre la propagande de Vichy et de l’occupant, et appeler à l’unité nationale.
Défense de la France se structure en trois grandes activités :
- La publication et la diffusion du journal clandestin Défense de la France.
- La constitution d’un service de renseignements et d’actions, notamment des sabotages et des liaisons.
- Le développement d’un réseau de distribution d’armes et de soutien logistique à d’autres formations (Forces françaises de l’Intérieur).
Le journal atteint des tirages record : jusqu’à 450 000 exemplaires en 1944, devenant la plus importante publication clandestine de France.
Les principaux fondateurs et dirigeants sont :
Philippe Viannay, Robert Salmon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Marcel Degliame-Fouché, Colette Viannay.
Actions pendant la Résistance
Le mouvement s’engage dès 1942 dans le renseignement et la préparation de sabotages. Son réseau de distribution s’étend sur toute la zone occupée.
Parmi ses actions marquantes :
- La diffusion massive du journal Défense de la France, imprimé clandestinement dans des caves parisiennes, puis dans des imprimeries de fortune en banlieue.
- La fourniture d’armes et de munitions aux groupes paramilitaires, notamment à Paris et en région lyonnaise.
- La constitution d’unités de combat qui participent aux combats de la Libération de Paris, en août 1944.
Le réseau est soutenu financièrement par le BCRA et par des collectes clandestines.
Défense de la France collabore avec d’autres mouvements de la Résistance intérieure :
- Ceux qui formeront le Mouvement de Libération Nationale et Combat.
- Les services de la France Libre (BCRA).
Ses membres participent aux Forces françaises de l’Intérieur (FFI) lors de la libération.
Philippe Viannay est la figure la plus importante du mouvement.
D’autres responsables notables :
- Robert Salmon (diffusion)
- Marcel Degliame-Fouché (organisation)
- Geneviève de Gaulle-Anthonioz (liaisons)
- André Bollier (imprimerie)
Héros et morts
Le mouvement a payé un lourd tribut. De nombreux militants sont arrêtés, torturés et exécutés ou morts en déportation.
- André Bollier, fusillé en 1944.
- Pierre Pitrou, tué lors des combats de la Libération.
Après la Libération, Défense de la France cesse ses activités clandestines et participe à la création du journal France-Soir, qui prend la suite du titre clandestin et devient l’un des plus grands quotidiens français d’après-guerre.
Observation
Dans le vocabulaire de la Résistance, on appelle mouvement une structure qui :
- publie un journal ou une revue clandestine (c’était leur activité fondatrice)
- a une action politique de sensibilisation de la population
- peut se doter ensuite d’un appareil paramilitaire (les groupes armés)
- conserve un nom et une organisation relativement structurée et autonome
En revanche, un réseau est le plus souvent :
- créé autour du renseignement militaire (transmissions d’informations à Londres)
- ou spécialisé dans le sabotage ou l’exfiltration
- dépendant directement d’un service allié (BCRA, SOE)
Dans le cas de Défense de la France, l’activité fondatrice est le journal clandestin, puis la diffusion, puis l’action. Ce n’est qu’ensuite qu’ils ont constitué des groupes armés affiliés aux FFI, mais ils ne deviennent pas un réseau de renseignement au sens strict.
Donc on peut dire que Défense de la France est un mouvement de Résistance intérieure, qui s’est doté de réseaux de diffusion et d’action armée, mais n’était pas un réseau de renseignement proprement dit.
Mémoire
Plaque commémorative Défense de la France Localisation : 5 rue Garancière, Paris 6e arrondissement
Texte de la plaque :
“Ici, de 1943 à 1944, fut imprimé clandestinement le journal Défense de la France par des patriotes qui ont risqué leur vie pour la liberté.”
Références bibliographique
Défense de la France. Histoire d’un mouvement de Résistance Philippe Viannay, Éditions du Seuil, 1990 Ouvrage de référence retraçant la création du mouvement Défense de la France en 1941 par un groupe d’étudiants autour de Philippe Viannay et Robert Salmon. Il décrit la mise en place de l’organisation, l’évolution de ses réseaux de rédaction, d’impression et de diffusion ainsi que son rôle central dans la presse clandestine. Le livre met en lumière les motivations chrétiennes et patriotes de ses fondateurs et leur structuration progressive jusqu’à l’intégration aux Mouvements de Libération nationale.
La Résistance en France. Défense de la France, 1940-1944 Henri Michel, Presses Universitaires de France, 1967 Cette étude s’appuie sur les archives clandestines et les témoignages des acteurs pour analyser la genèse et le fonctionnement du mouvement Défense de la France. Elle revient sur la figure de Philippe Viannay, l’importance de la jeunesse étudiante et la volonté de construire un organe d’information national. L’ouvrage décrit la fabrication du journal clandestin, ses réseaux de diffusion et son poids dans le paysage résistants parisien.
Les Mouvements de Résistance Laurent Douzou, Éditions du Seuil, 2011 Ce livre replace Défense de la France dans le cadre plus large des mouvements de résistance non communistes et analyse ses spécificités organisationnelles. Il souligne l’évolution du groupe depuis ses débuts étudiants jusqu’à son rôle stratégique dans la production de faux papiers, la presse clandestine et la préparation de la Libération. L’auteur met en évidence l’influence de Philippe Viannay dans la conception d’un mouvement fondé sur l’information, la discipline et la lutte contre la propagande allemande et vichyste.
Le Journal Défense de la France (1941-1944) Robert Belot, CNRS Éditions, 2006 Cet ouvrage propose une étude approfondie du journal clandestin publié par le mouvement, devenu l’un des titres les plus diffusés de la Résistance. Il analyse la rédaction des articles, les ateliers d’impression clandestins, les réseaux de distribution et les risques encourus par les étudiants et jeunes ouvriers impliqués. Le livre montre comment le journal contribue à structurer l’opinion clandestine et à affirmer la légitimité de la Résistance intérieure.
Histoire de la presse clandestine en France (1940-1944) Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, Perrin, 2006 Les auteurs replacent Défense de la France parmi les grands titres de la presse clandestine et montrent comment le journal devient un outil essentiel de mobilisation. L’étude explique le rôle joué par les milieux catholiques, intellectuels et étudiants dans la création et la diffusion des feuilles clandestines. Elle met également en lumière l’importance de l’information comme arme politique pour les fondateurs, notamment Philippe Viannay.
Références internet
Défense de la France – Musée de la Résistance en Ligne Cette page retrace l’histoire complète du mouvement, depuis sa fondation par Philippe Viannay et ses camarades de l’ENS, HEC et la Sorbonne, jusqu’à son intégration dans les Mouvements de Libération nationale. Le site présente l’évolution du journal clandestin, les techniques d’impression utilisées et les risques encourus par les jeunes résistants. De nombreux documents d’archives sont consultables, dont plusieurs numéros originaux.
https://museedelaresistanceenligne.org/mouvement/45-Defense-de-la-France
Philippe Viannay – Fondation Varenne Une biographie retraçant le parcours du fondateur du mouvement, son engagement patriotique dès 1940 et la création du journal Défense de la France. Le site insiste sur la formation intellectuelle de Viannay, ses réseaux d’amitié et le rôle qu’il joue dans la presse clandestine durant toute l’Occupation. Le texte décrit également la période de la Libération et la naissance ultérieure du Centre de formation des journalistes (CFJ).
https://www.fondationvarenne.com/philippe-viannay
Philippe Viannay – Wikipédia Cette fiche reprend les grandes étapes de la vie du résistant : études, création de Défense de la France, organisation de la presse clandestine et engagements après-guerre. Elle met en lumière la dimension morale et chrétienne du mouvement, ainsi que son importance dans la structuration de la Résistance non communiste.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Viannay
Défense de la France – Wikipédia Cette page offre une synthèse complète du mouvement : fondation en 1941, composition du groupe étudiant, orientation catholique et antinazie, fabrication du journal clandestin et réseaux de diffusion. Elle décrit également l’intégration dans les MUR et présente les principales figures du mouvement.
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fense_de_la_France
Journal clandestin Défense de la France – Sélection Gallica (BnF) Cette page propose une sélection numérique de numéros du journal clandestin Défense de la France, permettant de consulter les archives originales publiées entre 1941 et 1944. Elle offre un accès direct aux articles, appels, analyses politiques et informations diffusées par les résistants.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34430098x/date
Défense de la France – Fondation de la Résistance Présentation du mouvement et de ses structures, accompagnée d’un descriptif sur la fabrication du journal, les ateliers d’impression clandestins et la contribution des étudiants parisiens. Le site propose également des fiches pédagogiques et des témoignages.
https://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/defense-de-la-france
Les étudiants dans la Résistance : le cas Défense de la France – France Universités Article détaillant l’engagement des milieux étudiants et universitaires dans la Résistance et présentant Défense de la France comme l’un des mouvements les plus importants issus de la jeunesse. Il décrit les valeurs, les pratiques clandestines et l’évolution du groupe.
https://franceuniversites.fr/actualite/etudiants-dans-la-resistance
La presse clandestine – Chemins de Mémoire (Ministère des Armées) Cette page explique le rôle de la presse clandestine sous l’Occupation et cite Défense de la France comme l’un des journaux les plus influents. Elle revient sur les enjeux de la diffusion et l’importance des réseaux étudiants, ouvriers et religieux.
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-presse-clandestine
Atelier Défense de la France – Musée de la Résistance nationale Présentation pédagogique du mouvement, avec reproduction de documents, schémas d’organisation, portraits des fondateurs et analyse du contexte politique de 1941. Le site insiste sur l’originalité du mouvement par rapport aux organisations communistes ou gaullistes.
https://www.musee-resistance.com/ressources/atelier-defense-de-la-france
Hommage à Défense de la France – Site du CFJ (Centre de Formation des Journalistes) Ce site rappelle le rôle de Philippe Viannay dans la fondation du CFJ et présente un historique mettant en avant son engagement dans la Résistance. Il fait le lien entre la pratique du journalisme résistant et la formation au métier de journaliste après la guerre.
https://www.cfjparis.com/histoire