Léonel DE MOUSTIER, né le 5 avril 1882 à Paris (7e arrondissement), mort le 8 mars 1945 au kommando de Bremen-Farge, dépendant du camp de concentration de Neuengamme, Allemagne, français.
Jeunesse et formation
Alfred Ghislain Marie René Léonel de Moustier est issu d’une famille de vieille noblesse franc-comtoise. Il est le fils de René de Moustier, député du Doubs de 1889 à 1921, puis sénateur jusqu’à sa mort en 1935, et de Valentine Legrand. Il poursuit des études supérieures et obtient des licences en droit et en lettres. Il exerce ensuite des responsabilités industrielles, notamment comme directeur de charbonnages, tout en s’intéressant à l’agriculture et à l’élevage dans le Doubs.
Marié à Jeanne de Ligne, il est père de douze enfants. Cette donnée est notamment retenue par la notice biographique de l’Ordre de la Libération et par plusieurs travaux biographiques ; une présentation récente de l’Ordre mentionne cependant onze enfants, divergence signalée plus loin.
Sa carrière politique commence en 1910 lorsqu’il est élu conseiller général du canton de Clerval. Il devient également maire de Cubry, vice-président de la Chambre d’agriculture du Doubs et, en 1935, succède à son père à la présidence du Conseil général du Doubs. Élu député du Doubs en 1928, il est réélu en 1932 puis en 1936.
Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il sert dans la cavalerie. D’abord adjudant, il termine la guerre lieutenant. Son comportement lui vaut la Légion d’honneur et la Croix de guerre 1914-1918 avec cinq citations.
Engagement dans la Résistance
À la déclaration de guerre en septembre 1939, Léonel de Moustier est chef d’escadrons de réserve. Malgré ses 57 ans et sa situation familiale, il demande à servir dans une unité combattante. Il rejoint le 11e régiment de chasseurs. Son fils Georges sert dans la même unité et est tué en mission le 7 octobre 1939. Bien que démobilisable en raison de son âge, Léonel de Moustier obtient d’être maintenu en service. Il commande ensuite le 1er groupe du 4e groupe de reconnaissance de division d’infanterie, 4e GRDI.
Au cours de la campagne de mai-juin 1940, son unité se trouve prise dans les combats des Flandres. Il réussit à rompre l’encerclement avec ses cavaliers et à rejoindre la région de Dunkerque. Évacué vers la Grande-Bretagne, il retourne en France quelques jours plus tard afin de poursuivre le combat jusqu’à l’armistice. Il est alors promu officier de la Légion d’honneur à titre militaire.
Le 10 juillet 1940, député du Doubs, Léonel de Moustier fait partie des quatre-vingts parlementaires qui votent contre le projet accordant les pleins pouvoirs constituants au maréchal Philippe Pétain.
De retour au domaine familial de Bournel, il entre dans la Résistance dès 1941. Le château sert à héberger et secourir des personnes recherchées, des résistants, des prisonniers évadés, des aviateurs alliés et, ultérieurement, des réfractaires au Service du travail obligatoire. Il participe également à l’organisation de renseignements et de passages vers la Suisse.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Léonel de Moustier est intégré aux Forces françaises combattantes en janvier 1943 avec la qualité d’agent P1. L’Ordre de la Libération rattache son activité résistante à l’Organisation de Résistance de l’Armée, au Bureau des opérations aériennes et au BCRA.
Dans l’Organisation de Résistance de l’Armée, il entre en relation avec le colonel Jean Maurin, chef régional de l’ORA. Celui-ci lui confie le commandement militaire de l’arrondissement de Baume-les-Dames.
Au sein du Bureau des opérations aériennes de la Région D, il est chargé de rechercher et reconnaître des terrains susceptibles de recevoir des parachutages d’armes, de matériels et d’agents. Il contribue parallèlement à un réseau de collecte de renseignements et à une filière d’évasion vers la Suisse.
Plusieurs sources secondaires signalent également ses contacts, dès 1941, avec Jean de Vomécourt et le Special Operations Executive britannique. L’Ordre de la Libération mentionne aujourd’hui explicitement une collaboration avec le SOE dans sa présentation audiovisuelle consacrée à Léonel de Moustier.
Missions et actions
À Bournel, Léonel de Moustier met ses propriétés et ses relations au service de la Résistance. Il héberge des hommes recherchés et facilite le passage en Suisse de personnes menacées ou d’agents alliés.
En 1942, il témoigne à décharge d’Édouard Daladier au procès de Riom. Un dossier pédagogique de l’Ordre de la Libération indique également qu’en 1943 Jean Moulin prend contact avec lui dans la perspective de sa participation au Conseil national de la Résistance afin d’y représenter la droite républicaine. Après son arrestation, le général de Gaulle envisage encore, le 17 novembre 1943, de le faire venir à Londres, ignorant alors qu’il est détenu depuis le mois d’août.
En janvier 1943, son intégration officielle aux FFC comme agent P1 donne un cadre administratif à son activité. Pour le BOA de la Région D, il prospecte des terrains de parachutage. Simultanément, le colonel Maurin lui confie la responsabilité militaire de l’ancien arrondissement de Baume-les-Dames pour l’ORA.
En juin 1943, les autorités allemandes effectuent une perquisition approfondie au château de Bournel. Cette première intervention ne met pas fin à son activité clandestine.
Arrestation / évasion / déportation
Le 23 août 1943, Léonel de Moustier est arrêté par la Gestapo au château de Bournel en même temps que ses fils Guy et Henri et son gendre. L’Ordre de la Libération rattache cette arrestation à l’expulsion de Suisse d’un officier américain dont Léonel de Moustier avait favorisé le passage.
Il est incarcéré à la prison de la Butte à Besançon. Une documentation de l’Ordre de la Libération précise qu’il y demeure jusqu’au 9 avril 1944, date à laquelle il est transféré au camp de Royallieu à Compiègne. Le 15 juillet 1944, il quitte Compiègne dans un convoi de déportation à destination de Neuengamme, où il arrive le 18 juillet.
À Neuengamme, il refuse le régime de faveur auquel sa qualité d’ancien parlementaire aurait pu lui donner droit. Il est soumis aux mêmes conditions de détention et de travail que les autres déportés. À la fin d’août 1944, il est transféré au kommando de Bremen-Farge, dépendant du camp de Neuengamme. Ce kommando est affecté à des travaux particulièrement pénibles.
Affaibli par les privations, le travail forcé et les conditions concentrationnaires, Léonel de Moustier meurt à Farge le 8 mars 1945. L’Ordre de la Libération retient explicitement Farge comme lieu de décès ; l’Assemblée nationale utilise parfois la désignation plus générale de Neuengamme.
Son corps est ultérieurement rapatrié en France. Ses obsèques ont lieu à Bournel en octobre 1945. L’Assemblée nationale donne la date du 4 octobre 1945 et précise qu’à cette occasion son fils Guy reçoit au nom de son père les insignes de Compagnon de la Libération.
Camarades de combat
Le colonel Jean Maurin, chef régional de l’Organisation de Résistance de l’Armée, est son principal supérieur identifié dans l’ORA et lui confie le commandement militaire de l’arrondissement de Baume-les-Dames.
Jean de Vomécourt est associé par plusieurs sources aux premiers contacts de Léonel de Moustier avec les services britanniques dans l’Est de la France.
Son fils Guy de Moustier partage une partie de son parcours de détention et de déportation. Son fils Henri et son gendre sont également arrêtés avec lui le 23 août 1943.
Le dossier documentaire de l’Ordre de la Libération établit également un contact de Jean Moulin avec Léonel de Moustier en 1943, dans la perspective de la constitution du Conseil national de la Résistance.
Retour à la vie civile
Léonel de Moustier n’a pas connu la Libération et n’a donc pas repris ses activités civiles ou politiques après-guerre. Mort en déportation le 8 mars 1945, il reçoit à titre posthume la Croix de la Libération puis, ultérieurement, la Médaille de la Résistance française.
Sa dépouille est rapatriée et il est inhumé dans la chapelle familiale du château de Bournel, à Cubry, en octobre 1945. Son fils Guy reçoit les insignes de Compagnon de la Libération attribués à son père.
Décorations
- Officier de la Légion d’honneur à titre militaire — promotion liée à ses services militaires ; l’Ordre de la Libération et l’Assemblée nationale confirment cette distinction. Source : Ordre de la Libération ; Assemblée nationale.
- Compagnon de la Libération à titre posthume — décret du 2 octobre 1945 — Journal officiel du 4 octobre 1945 — le fonds de l’Ordre de la Libération conserve sous la cote 1 A 727 la note destinée au général de Gaulle, le mémoire de proposition, des correspondances et le décret d’attribution.
- Croix de guerre 1914-1918 avec cinq citations — Source : Ordre de la Libération ; Assemblée nationale.
- Croix de guerre 1939-1945 — Source : Ordre de la Libération.
- Médaille de la Résistance française à titre posthume — décret du 17 décembre 1968 — Journal officiel du 17 janvier 1969 — cote du dossier Ordre de la Libération : 1O46192.
Le mémoire de proposition pour l’attribution de la Croix de la Libération est conservé dans les archives de l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 727. Il est daté de 1945 et le fonds comprend également le décret du 2 octobre 1945.
La citation pour la Croix de la Libération 2 octobre 1945 est :
« Ancien combattant de la guerre 1914-1918, engagé volontaire et combattant magnifique de la guerre 1939-1940, n’a jamais désespéré de la victoire. De 1940 à 1942 a apporté une aide efficace à toutes les victimes de l’Allemagne. Commandant militaire d’un secteur du Doubs en 1942, a été arrêté par la police allemande et déporté en Allemagne. A refusé de bénéficier du régime des prisonniers de marque.
Envoyé au camp des travaux forcés de Breimen en mars 1945, est mort courageusement peu de temps avant la libération du camp par les Alliés”
Ce mémoire de proposition pour l’attribution de la Croix de la Libération à titre posthume a été établi à Paris le 20 octobre 1945. Il est signé par Adrien Tixier Ministre de l’Intérieur.
Lieux de mémoire
Léonel de Moustier repose dans la chapelle familiale du château de Bournel, à Cubry, dans le Doubs.
- Une salle de la préfecture du Doubs à Besançon porte le nom de « salle Léonel de Moustier ». Les archives de l’Ordre de la Libération conservent plusieurs documents relatifs à cet hommage.
- Une rue Léonel-de-Moustier existe à Besançon.
- Une rue Léonel-de-Moustier existe au Pays-de-Clerval.
- Une rue Léonel-de-Moustier existe à Pontarlier, dans la zone des Gravilliers.
- Une rue Léonel-de-Moustier existe à Rougemont.
- Une plaque commémorative est apposée au 16 rue d’Alsace à Besançon, à proximité de la rue Léonel-de-Moustier.
Le parc Léonel-de-Moustier à Domont, dans le Val-d’Oise, a été inauguré en hommage au parlementaire et résistant ; l’Assemblée nationale a consacré à cette inauguration une intervention retraçant son engagement.
Références bibliographiques
1940, l’armistice-trahison : le courage politique de Léonel de Moustier, Henri de Moustier, Besançon, Cêtre, 2002, 375 p., ISBN 2-87823-114-7. Ouvrage spécifiquement consacré à Léonel de Moustier, accompagné d’un choix de documents ; il constitue la principale monographie sur son parcours politique, militaire et résistant. La Bibliothèque nationale de France en confirme les références bibliographiques.
Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, sous la direction de Jean Jolly, Paris, Presses universitaires de France, 1960, tome VII, p. 2533-2534. La notice consacrée à Léonel de Moustier constitue une source importante pour sa carrière politique et militaire ; elle est reprise dans la base Sycomore de l’Assemblée nationale.
Les Quatre-vingts, Pierre Miquel, Paris, Fayard, 1995. Étude consacrée aux parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940 et permettant de replacer le vote de Léonel de Moustier dans son contexte politique.
Les Quatre-vingts, Jean Odin, édition originale 1946 ; réédition numérique FeniXX, 1996, 232 p., ISBN 978-2-40207-154-3. Témoignage et étude sur les parlementaires du 10 juillet 1940, utile pour replacer Léonel de Moustier parmi les opposants au vote des pleins pouvoirs.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Bordeaux, Elytis, 2010, 1 230 p. ; édition revue et augmentée, 2023, 1 692 p., ISBN 9782356393456. Ouvrage de référence établi notamment à partir des fonds d’archives de l’Ordre de la Libération et contenant une notice sur chacun des Compagnons.
Références internet
Ordre de la Libération — « Léonel MOUSTIER (de) ». Source institutionnelle principale pour le parcours militaire, l’engagement dans l’ORA et le BOA, l’intégration aux FFC, l’arrestation, la déportation, le décès et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/leonel-moustier-de
Ordre de la Libération — Inventaire des archives des Compagnons, lettre M. Le fonds Léonel de Moustier, cote 1 A 727, comprend notamment le mémoire de proposition, le décret de la Croix de la Libération, l’état civil et des documents du SHD relatifs à son appartenance aux FFC.
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française. La fiche confirme l’attribution à titre posthume de la Médaille de la Résistance par décret du 17 décembre 1968, sa publication au Journal officiel du 17 janvier 1969 et la cote 1O46192. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=47
Assemblée nationale — Base Sycomore, « Léonel, Marie, Ghislain, Alfred de Moustier ». Source institutionnelle pour l’état civil, la carrière parlementaire, le vote du 10 juillet 1940, le parcours militaire de 1939-1940, la Résistance, la déportation et les obsèques. https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/5462
Assemblée nationale — « Léonel de Moustier — Les députés morts pour la patrie lors de la Deuxième Guerre mondiale ». Présentation synthétique de son mandat, de son entrée en Résistance, de son arrestation et de sa mort en déportation. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/histoire/deputes-morts-pour-la-patrie-1939-1945/leonel-de-moustier
Service historique de la Défense — Inventaire GR 28 P 4 des dossiers individuels des agents des réseaux. Léonel de Moustier figure sous la cote GR 28 P 4 515/120, avec renvoi au dossier individuel GR 16 P 174335.
Ordre de la Libération / Association des familles de Compagnons de la Libération — dossier pédagogique consacré aux persécutions et à la déportation. Il précise la constitution par Léonel de Moustier d’un réseau de renseignements et d’une filière vers la Suisse, ses contacts avec Jean Moulin, les dates de son passage à Royallieu et de son convoi vers Neuengamme.
Bibliothèque nationale de France — notice bibliographique de l’ouvrage d’Henri de Moustier, 1940, l’armistice-trahison : le courage politique de Léonel de Moustier, Besançon, Cêtre, 2002, 375 p. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388232623
Fondation de la Résistance — La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 30. Présentation bibliographique de l’ouvrage d’Henri de Moustier consacré au parcours politique et résistant de Léonel de Moustier.
Ordre de la Libération — série « Compagnons de la Libération », épisode « Léonel de Moustier, au nom de la République ». Présentation récente s’appuyant sur les archives de l’Ordre, des témoignages et une analyse historique ; elle documente notamment ses rapports avec le SOE, l’ORA, les parachutages et son arrestation. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/la-serie-de-podcasts-compagnons-de-la-liberation
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense : dossier individuel Léonel DE MOUSTIER, GR 16 P 174335.
Service historique de la Défense : dossier d’agent de réseau, GR 28 P 4 515/120, avec renvoi au dossier GR 16 P 174335.
Ordre de la Libération : fonds Léonel de Moustier, cote 1 A 727. Ce fonds comprend notamment le mémoire de proposition à la Croix de la Libération, le décret du 2 octobre 1945, une copie de l’acte de naissance, une attestation d’appartenance aux FFC du 14 novembre 1963 et diverses pièces provenant du SHD.
Ordre de la Libération : dossier Médaille de la Résistance française, cote 1O46192.
Observations
La date de naissance retenue est le 5 avril 1882. Elle est donnée par l’Assemblée nationale, par le corps de la notice biographique de l’Ordre de la Libération et par l’acte de naissance parisien cité dans plusieurs travaux. Des anomalies apparaissent toutefois dans deux champs des bases de l’Ordre : l’en-tête de la notice Compagnon affiche actuellement « 6 avril 1882 », tandis que la base des médaillés de la Résistance affiche « 7 avril 1882 ». Ces deux dates sont contradictoires avec le texte biographique de l’Ordre et avec l’Assemblée nationale ; elles paraissent relever d’erreurs de saisie.
Le lieu de décès est retenu sous la forme « kommando de Bremen-Farge, dépendant de Neuengamme ». L’Ordre de la Libération donne précisément Farge, tandis que l’Assemblée nationale emploie parfois la désignation générique Neuengamme. Il ne s’agit pas de deux décès différents mais de deux niveaux de localisation du même système concentrationnaire.
La donnée « père de douze enfants », présente dans la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et dans plusieurs biographies, est retenue. Une présentation de la série de podcasts de l’Ordre publiée en 2025 mentionne onze enfants ; cette valeur isolée n’a pas été retenue.
L’attribution de la Médaille de la Résistance française, parfois simplement datée de 1968 dans les sources secondaires, est désormais précisément établie : attribution à titre posthume par décret du 17 décembre 1968, publication au Journal officiel du 17 janvier 1969, dossier 1O46192.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — l’identité et l’état civil sont établis par l’Assemblée nationale, l’Ordre de la Libération et les références à l’acte de naissance ; le parcours militaire de 1939-1940, le vote du 10 juillet 1940, l’entrée dans la Résistance, l’appartenance aux FFC, à l’ORA et au BOA, l’arrestation, la déportation et le décès sont établis par plusieurs sources institutionnelles concordantes ; les dossiers SHD GR 16 P 174335 et GR 28 P 4 515/120 sont identifiés ; le fonds de l’Ordre de la Libération 1 A 727 et le dossier de Médaille de la Résistance 1O46192 apportent des références archivistiques précises.
Chronologie
| Date | Événement |
| 5 avril 1882 | Naissance à Paris, 7e arrondissement. |
| 1910 | Élu conseiller général du canton de Clerval. |
| 1914-1918 | Sert dans la cavalerie ; termine la guerre lieutenant, titulaire de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec cinq citations. |
| 1928 | Élu député du Doubs. |
| 1932 | Réélu député. |
| 1935 | Succède à son père comme président du Conseil général du Doubs. |
| 1936 | Réélu député. |
| Septembre 1939 | Reprend volontairement du service dans une unité combattante malgré ses 57 ans. |
| 7 octobre 1939 | Son fils Georges est tué en mission. |
| Mai-juin 1940 | Commande le 1er groupe du 4e GRDI ; combats des Flandres, repli vers Dunkerque puis bref passage en Grande-Bretagne avant retour en France. |
| 10 juillet 1940 | Vote contre l’attribution des pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. |
| 1941 | Entre dans la Résistance ; Bournel devient un lieu d’accueil et d’appui aux clandestins et aux aviateurs alliés. |
| 25 février 1942 | Témoigne à décharge d’Édouard Daladier au procès de Riom. |
| Janvier 1943 | Intégré aux Forces françaises combattantes comme agent P1 ; activité au BOA de la Région D. |
| 1943 | Le colonel Maurin lui confie le commandement militaire ORA de l’arrondissement de Baume-les-Dames. |
| Juin 1943 | Perquisition allemande au château de Bournel. |
| 23 août 1943 | Arrestation par la Gestapo avec ses fils Guy et Henri et son gendre. |
| 9 avril 1944 | Transfert de la prison de la Butte à Besançon au camp de Royallieu à Compiègne. |
| 15 juillet 1944 | Départ de Compiègne pour Neuengamme. |
| 18 juillet 1944 | Arrivée à Neuengamme. |
| Fin août 1944 | Transfert au kommando de Bremen-Farge. |
| 8 mars 1945 | Mort d’épuisement et de privations à Farge. |
| 2 octobre 1945 | Attribution à titre posthume de la Croix de la Libération. |
| 4 octobre 1945 | Publication du décret au Journal officiel ; obsèques à Bournel selon l’Assemblée nationale. |
| 17 décembre 1968 | Attribution à titre posthume de la Médaille de la Résistance française. |
| 17 janvier 1969 | Publication au Journal officiel du décret relatif à la Médaille de la Résistance. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date de naissance | Assemblée nationale et texte biographique ODL : 5 avril 1882 | En-tête ODL : 6 avril ; base Médaille de la Résistance : 7 avril | 5 avril 1882, date concordante avec l’état civil cité et les principales sources institutionnelles |
| Lieu de décès | Ordre de la Libération : Farge | Assemblée nationale : Neuengamme | Bremen-Farge, kommando dépendant de Neuengamme |
| Nombre d’enfants | Notice ODL et plusieurs biographies : 12 | Présentation podcast ODL 2025 : 11 | 12 enfants |
| Désignation de l’organisation résistante | ODL : ORA, BOA, BCRA | Assemblée nationale : « Armée secrète » dans sa notice rétrospective | ORA et BOA retenus pour les appartenances précisément documentées ; la mention Armée secrète est conservée comme formulation de la source parlementaire, sans l’assimiler automatiquement à l’ORA |
Sources consultées le 2 octobre 2026
Ordre de la Libération. Notice « Léonel MOUSTIER (de) ». Elle établit le parcours militaire, l’engagement résistant, les appartenances ORA et BOA, le statut d’agent P1 des FFC, les circonstances de l’arrestation, la déportation à Neuengamme et Farge, le décès et les principales décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/leonel-moustier-de
Ordre de la Libération. Inventaire des archives des Compagnons, lettre M, fonds Léonel de Moustier 1 A 727. Il identifie le mémoire de proposition et le décret de la Croix de la Libération, les pièces d’état civil, l’attestation FFC et plusieurs documents provenant du SHD.
Ordre de la Libération. Base des médaillés de la Résistance française, fiche Léonel MOUSTIER (DE). Elle établit l’attribution à titre posthume par décret du 17 décembre 1968, la publication au Journal officiel du 17 janvier 1969 et la cote 1O46192. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=47
Assemblée nationale. Base Sycomore, notice « Léonel, Marie, Ghislain, Alfred de Moustier ». Elle documente l’état civil, les mandats électifs, la campagne de 1939-1940, le vote du 10 juillet 1940, l’engagement résistant, la déportation et les obsèques d’octobre 1945. https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/5462
Assemblée nationale. « Léonel de Moustier — Les députés morts pour la patrie lors de la Deuxième Guerre mondiale ». Elle confirme son mandat de député du Doubs, son entrée dans la Résistance, son arrestation et sa mort en déportation. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/histoire/deputes-morts-pour-la-patrie-1939-1945/leonel-de-moustier
Service historique de la Défense. Inventaire GR 28 P 4 des dossiers des agents des réseaux. L’inventaire identifie le dossier individuel de Léonel de Moustier sous la cote GR 28 P 4 515/120 et renvoie au dossier GR 16 P 174335.
Ordre de la Libération / Association des familles de Compagnons de la Libération. Dossier pédagogique sur les persécutions et les déportations. Il précise l’activité de renseignement, la filière d’évasion vers la Suisse, les contacts avec Jean Moulin, la détention à Besançon, Royallieu et les dates du convoi vers Neuengamme.
Bibliothèque nationale de France. Catalogue général, notice de l’ouvrage d’Henri de Moustier, 1940, l’armistice-trahison : le courage politique de Léonel de Moustier. Elle confirme l’édition Cêtre, Besançon, 2002, 375 pages et l’ISBN 2-87823-114-7. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388232623
Fondation de la Résistance. La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 30. Elle référence l’ouvrage d’Henri de Moustier consacré au parcours politique et résistant de Léonel de Moustier.
Ordre de la Libération. Série « Compagnons de la Libération », « Léonel de Moustier, au nom de la République ». Cette production récente s’appuie sur des archives, témoignages et analyses historiques et précise notamment les relations avec le SOE et l’ORA. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/la-serie-de-podcasts-compagnons-de-la-liberation