La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le lieu étudié est couramment nommé « Mémorial Jean Moulin » à Salon-de-Provence. Les sources institutionnelles et mémorielles emploient ce même intitulé, parfois complété par une précision de fonction, puisqu’il s’agit d’un monument commémorant le parachutage en Provence de Jean Moulin.

Le mémorial se trouve sur la commune de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le long de la route reliant Salon-de-Provence à Sénas, souvent désignée comme la RN 538 dans les sources locales. Cette route porte actuellement le nom de route Jean MOULIN.

L’emplacement est décrit comme un terrain au nord de la ville choisi en raison des contraintes d’implantation d’une statue monumentale et de sa visibilité depuis l’axe routier.

Le lieu exact du parachutage a été retrouvé récemment sur la commune d’Aureille dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942

Le risque d’homonymie existe au niveau national car de nombreux lieux portent le nom de Jean Moulin (rues, écoles, stèles), mais l’expression « Mémorial Jean Moulin » associée explicitement à « Salon-de-Provence » renvoie à un site bien déterminé.

Description du mémorial

Le mémorial est une grande sculpture en bronze d’un style volontairement épuré, figurant un parachutiste, les bras tendus vers le ciel, les poings serrés comme agrippant des sangles invisibles, la tête légèrement inclinée, dans une posture évoquant la descente et l’instant qui précède le contact avec le sol. Cette description est donnée de façon concordante par des notices patrimoniales et muséales.

L’œuvre est attribuée au sculpteur Marcel Courbier (1898–1976), qui réalisa plusieurs monuments liés à Jean Moulin. Le mémorial de Salon-de-Provence est présenté comme son troisième monument dédié à Jean Moulin dans certaines notices (Chartres, Béziers et Salon).

La chronologie commémorative principale est explicitement documentée. La première pierre est posée le 21 avril 1968 par Henri Duvillard, ministre des Anciens combattants et victimes de guerre. Le mémorial est ensuite inauguré le 28 septembre 1969 par Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre, en présence d’Henri Duvillard.

Les environs immédiats sont significatifs dans l’intention mémorielle. Le monument est implanté au bord d’un axe de circulation reliant Salon à Sénas, proche du secteur associé au parachutage, ce qui permet d’inscrire la commémoration dans un paysage de déplacement et d’arrivée, cohérent avec le thème du « tombé du ciel ».

Contexte historique local

Le mémorial s’inscrit dans la mémoire résistante provençale liée à la mission de Jean Moulin, envoyé pour unifier les mouvements de Résistance. Il est explicitement conçu pour commémorer le retour clandestin en France de Jean Moulin par parachutage en Provence, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, et pour rappeler l’action de coordination conduisant à l’unification de la Résistance.

Les sources pédagogiques locales indiquent que le projet d’édification fut soutenu au niveau municipal, avec un rôle moteur attribué à des acteurs mémoriels et résistants locaux, le Comité du Mémorial Jean MOULIN dont le Président était à l’époque Bernard BERMONT. Le choix d’implantation dans un terrain disponible au nord de la ville a succédé à l’idée initiale d’un emplacement plus central.

Déroulement des faits à l’origine du mémorial

Le mémorial est directement rattaché à un événement précis : le parachutage en Provence de Jean Moulin dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, effectué avec Raymond Fassin et Hervé Montjaret. Les sources consultées présentent ce parachutage comme l’acte fondateur de la mission de Jean Moulin en zone sud, visant la coordination puis l’unification des mouvements de Résistance.

Il s’agit d’un lieu de mémoire construit après-guerre, relié à un événement clandestin dont la portée est nationale.

Le rôle stratégique du lieu tient moins à une fonction tactique pendant la guerre qu’à une logique mémorielle de visibilité et de transmission : l’implantation au bord d’un axe routier facilite l’identification publique du site et sa fréquentation lors des cérémonies.

Le mémorial correspond à la mémoire d’un acteur central de la Résistance, arrêté en 1943 et mort à la suite de sa détention.

Les sources mobilisées pour cette fiche décrivent la genèse commémorative (souscription, première pierre, inauguration).

Mémoire et commémoration

Le mémorial est explicitement un lieu de transmission civique. Une source pédagogique indique que la Résistance y est commémorée chaque 27 mai, avec la participation d’élèves d’écoles, collèges et lycées, ce qui relie le site aux dynamiques contemporaines de mémoire du CNR et de la Résistance.

Le Comité du Mémorial Jean MOULIN veille scrupuleusement au maintien de la mémoire à ce lieu.

Le dispositif mémoriel repose aussi sur l’inscription, la monumentalité et la mise en scène de la figure du parachutiste, visant à rendre sensible l’idée de clandestinité, de risque et de mission.

Références bibliographiques

Midi rouge, ombres et lumières (tome 3) : Résistance et Occupation (1940-1944) Robert Mencherini, Éditions Syllepse, 2011. Ouvrage de synthèse très documenté sur Marseille et les Bouches-du-Rhône de 1940 à juin 1944, fondé sur un vaste corpus et proposant un tableau d’ensemble des organisations, de l’Occupation, de la répression et des dynamiques de Résistance. Utile pour replacer Salon-de-Provence et la mémoire régionale de la Résistance dans un cadre départemental et régional, même si le mémorial Jean Moulin n’y est pas nécessairement traité comme objet central.

Histoire et mémoire de Jean Moulin à Salon-de-Provence Sarah Clavé, Réseau Canopé (ressource pédagogique académique), publication en ligne. Document centré sur le mémorial de Salon-de-Provence, articulant histoire, mémoire et usages scolaires. Apporte des éléments concrets sur l’implantation du monument, le contexte local de décision, les objectifs mémoriels et les pratiques commémoratives, avec mention de sources municipales.

Références internet

Le Mémorial Jean Moulin Ville de Salon-de-Provence Présentation patrimoniale très synthétique, confirmant l’existence du lieu, son implantation le long de l’axe Salon–Sénas et l’attribution au sculpteur Marcel Courbier. https://www.salondeprovence.fr/bouger-et-decouvrir/histoire-et-patrimoine/patrimoine/le-memorial-jean-moulin/

Mémorial Jean Moulin à Salon de Provence Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance / AERI) Notice descriptive détaillant la finalité du mémorial (parachutage de janvier 1942), décrivant la sculpture, reproduisant l’inscription commémorative et donnant la chronologie première pierre (21 avril 1968) et inauguration (28 septembre 1969). https://museedelaresistanceenligne.org/media1460-Mmorial-Jean-Moulin-Salon-de-Provence

Tirage en réduction du monument du Mémorial Jean-Moulin de Salon-de-Provence (30e anniversaire de l’inauguration) Paris Musées Collections (Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin) Notice de collection donnant une synthèse historique du monument, l’attribution à Marcel Courbier, la date d’inauguration, ainsi que des précisions techniques (hauteur/poids, fonderie). https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-jean-moulin/oeuvres/tirage-en-reduction-du-monument-du-memorial-jean-moulin-de-salon-de

Première pierre du Mémorial de Jean Moulin à Salon de Provence (INA) Musée de la Résistance en ligne (notice d’un document INA) Notice décrivant la cérémonie de pose de première pierre par Henri Duvillard et la présence de Laure Moulin, utile pour confirmer l’événement commémoratif et ses acteurs. https://museedelaresistanceenligne.org/media1636-Premire-pierre-du-Mmorial-de-Jean-Moulin-Salon-de-Provence-INA

Sources consultées

Ville de Salon-de-Provence (page patrimoine), Musée de la Résistance en ligne (AERI/Fondation de la Résistance), Paris Musées Collections (Musée Jean Moulin / Musée de la Libération de Paris), ressource pédagogique Réseau Canopé, page du Comité régional du Mémorial Jean Moulin (consultée pour recoupements).

Analyse critique des sources

L’existence du mémorial, son auteur, son emplacement général et sa finalité commémorative sont établis par recoupement de sources institutionnelles locales et de notices muséales spécialisées, auxquelles s’ajoute une notice de collection muséale nationale fournissant des précisions techniques (hauteur, poids, fonderie) et rappelant le contexte de l’inauguration.

Les informations les plus robustes et concordantes portent sur la date et l’objet de la commémoration (parachutage du 1er au 2 janvier 1942 avec Fassin et Montjaret) ainsi que sur la chronologie première pierre/inauguration (21 avril 1968 / 28 septembre 1969). Ces points sont répétés de manière cohérente dans plusieurs sources de nature différente, ce qui réduit fortement le risque d’erreur.

Les éléments les plus “techniques” (hauteur de plus de 6 mètres, poids d’environ 1,6 tonne, fonderie) proviennent d’une notice muséale de collection ; ils sont crédibles et précisément formulés, mais gagneraient, pour une version encore plus critique, à être recoupés avec des archives de commande, dossiers municipaux ou dossiers du comité mémoriel lorsqu’ils sont accessibles.

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