Roger Gabriel MAYER, né le 11 juin 1911 à La Mouille (Jura), mort le 20 décembre 1982 à Vence (Alpes-Maritimes)
Roger Gabriel Mayer est professeur de physique-chimie. Nommé au lycée du Havre en 1940, il s’y installe avec son épouse Juliette et ses enfants, ce qui le place au cœur d’un milieu d’enseignants et de sociabilités locales qui pèsent dans les premières formes d’opposition clandestine.
Après le choc de 1940 et dans le sillage du démantèlement du groupe Morpain, la résistance havraise se reconfigure. À partir de janvier 1942, un journal clandestin devient l’emblème d’un réseau qui prend le même nom : « L’Heure H ».
Roger Mayer apparaît comme l’un des dirigeants de cette phase de recomposition, tout en assurant une production rédactionnelle clandestine sous pseudonyme.
Il est rattaché au réseau havrais « L’Heure H ». En 1943, la structuration évolue et s’articule avec des réseaux liés au SOE britannique (Salesman / Buckmaster) via l’affiliation Hamlet-Buckmaster, ce qui accompagne l’essor de l’action paramilitaire et des dépôts d’armes.
Les sources décrivent une activité combinant direction clandestine, renseignement, préparation de dépôts d’armes et actions de sabotage. Roger Mayer accepte de devenir l’adjoint local de Philippe Liewer au Havre (agent Action P2), et il reçoit des missions d’organisation de dépôts d’armes et de préparation d’actions ponctuelles. Il intervient également dans l’animation du journal clandestin et dans le recrutement, y compris de nouveaux rédacteurs.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté le 11 mars 1944, il est incarcéré au Havre puis à Rouen, subit de lourdes tortures et est ensuite déporté le 27 avril 1944 par le convoi dit « des tatoués » vers Auschwitz, puis transféré vers Buchenwald et Flossenbürg, avant d’être affecté au kommando de Floha.
Il est libéré le 8 mai 1945 à Theresienstadt et rapatrié en juin 1945. Le Dictionnaire des victimes du nazisme en Normandie confirme la déportation du 27 avril 1944 et le statut de rescapé.
Camarades de combat
Ses proches compagnons d’infortune apparaissent dans les récits de déportation et dans la chronologie des arrestations, notamment André Lechevallier, Maurice Guillard et Jean Barriaux, transférés avec lui dans le système concentrationnaire. Les notices régionales mentionnent aussi la codirection de « L’Heure H » avec Henri Chandelier et les liens avec des chefs de secteur.
Retour à la vie civile
Après de longs mois de soins, il reprend une carrière d’enseignant et participe à la presse de la Libération au Havre, avant d’être appelé plus tard à diriger un journal local.
Les sources signalent également un rôle de « liquidateur » du réseau Hamlet/Buckmaster après-guerre.
Décorations
- Croix de guerre 1939-1945,
- Médaille de la Résistance (décret du 15 octobre 1945)
- Military Cross.
Cette information n’a pas été confirmée, dans le cadre de cette recherche, par une notice nominative retrouvée sur les sites officiels Ordre de la Libération, Léonore ou Légifrance.
Lieux de mémoire
Il est indiqué qu’une salle du lycée François-Iᵉʳ porte son nom et qu’une rue du Havre a été baptisée « rue Roger Mayer ».
Références bibliographiques
De la Résistance au rétablissement de la légalité républicaine en Seine-Inférieure, Michel Baldenweck, Delattre éditeur, 2017. L’ouvrage fournit un cadre départemental pour comprendre l’évolution des réseaux, la Libération et l’après-guerre. Il aide à replacer l’essor de « L’Heure H » dans la dynamique régionale, puis les enjeux de rétablissement institutionnel.
Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman, Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020. Ce livre est utile pour suivre les articulations entre groupes havrais, réseaux affiliés au SOE et vagues d’arrestations. Il éclaire le passage d’une résistance locale à des structures interrégionales, et la répression de 1944.
Le Havre 1936-1944. Le casque anglais, Francis Fernez, Éditions des Falaises, 2011. Récit centré sur Le Havre sous l’Occupation et la Libération, mobilisant des souvenirs et des scènes locales. Le lecteur y trouvera des éléments sur la vie clandestine havraise, la diffusion de journaux et l’atmosphère de guerre.
Références internet
Dictionnaire des victimes du nazisme en Normandie (MRSH – Université de Caen Normandie) Notice universitaire confirmant l’identité, la naissance, la domiciliation au Havre, la déportation du 27 avril 1944 et le statut de rescapé. Ressource solide pour recouper les chronologies répressives.
https://mrsh.unicaen.fr/dictionnaire-victimes-nazisme-normandie/html/3886_mayer_roger.html
Havrais en RésistanceNotice biographique très développée sur Roger Mayer, détaillant les phases d’action, l’affiliation aux réseaux britanniques, l’arrestation, les transferts concentrationnaires et le retour. Contient aussi des indications de cotes SHD à consulter. https://www.havrais-en-resistance.fr/20971-2/entry/34004/
Archives municipales du HavrePortail permettant d’identifier des fonds et démarches de consultation en salle de lecture ; utile pour prolonger l’enquête (délibérations, dossiers biographiques, fonds locaux).
https://archives.lehavre.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. Des cotes sont signalées (GR 16 P 295550 ; GR 28 P 11 74 ; AC 21 P 594968) mais le dossier n’a pas été consulté directement dans le cadre de cette recherche en ligne.
Observations
Un point d’attention est l’orthographe concurrente « MEYER » rencontrée dans certaines ressources, alors que les notices nominatives locales et universitaires retiennent « MAYER ».
Les décorations mentionnées n’ont pas été recoupées ici par une liste officielle nominative accessible au moment de la recherche ; elles sont donc conservées comme information non confirmée dans les sites officiels.
Aucune photo d’époque n’a été retrouvée dans les bases nationales obligatoires consultées ; une iconographie est signalée dans la ressource locale.
Sources consultées le 6 février 2026
Maitron Résistance : site inaccessible au moment de la recherche (accès direct bloqué).
Fondation de la Résistance : consultation, pas de notice nominative retrouvée pour Roger Mayer à ce stade.
Musée de la Résistance en ligne : consultation, pas de notice nominative retrouvée pour Roger Mayer à ce stade.
Mémoire des Hommes : site principal inaccessible au moment de la recherche.
Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne) : consultation, documents pédagogiques généraux, pas de notice nominative retrouvée.
Ordre de la Libération : consultation, aucune notice trouvée pour Roger Mayer.
Base Léonore : consultation, aucune notice identifiée pour Roger Mayer (professeur, réseau L’Heure H).
Gallica (BnF) : consultation de la base pour documents de contexte.
SHD : consultation indirecte via références de cotes dans des ressources secondaires ; dossier non consulté.
Légifrance : consultation, aucune mention nominative retrouvée à ce stade.
Dictionnaire des victimes du nazisme en Normandie (MRSH) : consultation, confirmation de la déportation et du statut de rescapé.
Sites associatifs locaux : information existante, utilisée en appoint (Havrais en Résistance).