La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

MATHEU Ferréol André

Ferréol André MATHEU, né le 18 septembre 1897 à Céret (Pyrénées-Orientales), mort le 15 novembre 1983 à Céret (Pyrénées-Orientales), français.

Ferréol André Matheu naquit le 18 septembre 1897 à Céret, dans une famille implantée dans le Vallespir. Il exerça la profession d’agriculteur. Son état civil, son métier, son militantisme et les principales étapes de son parcours sont établis par la notice biographique du Maitron.

Sa formation scolaire et les conditions précises de son entrée dans la vie professionnelle ne sont pas documentées dans les sources accessibles. Son activité agricole l’inséra toutefois dans les réseaux sociaux et syndicaux du monde rural cérétan, au sein desquels il devint un militant communiste et syndicaliste reconnu.

Il appartenait à la génération mobilisable pendant la Première Guerre mondiale, mais son éventuel parcours militaire entre 1914 et 1918 n’a pas été retrouvé lors des présentes recherches. Aucun grade militaire antérieur à son engagement résistant ne peut donc lui être attribué.

Engagement dans la Résistance

Avant la Seconde Guerre mondiale, Ferréol Matheu militait au Parti communiste français et dans le mouvement syndical. Dans cette région frontalière, il participa également aux solidarités antifascistes et aux activités de soutien aux républicains espagnols, qui constituèrent l’un des viviers humains et politiques de la Résistance locale.

Après l’interdiction du Parti communiste en septembre 1939, il poursuivit son engagement dans la clandestinité. Avec Pierre Bardagué, il contribua à constituer à Céret une section du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Cette organisation cherchait à élargir la mobilisation contre l’occupant et le régime de Vichy au-delà des seuls militants communistes.

Au début de 1942, les différents courants résistants de Céret renforcèrent leur coordination. Ferréol Matheu représenta le Front national communiste dans le comité d’entente de la Résistance cérétane, aux côtés de représentants de l’Armée secrète et d’autres organisations.

Son activité clandestine attira l’attention des services de police. Il fut arrêté au cours de la guerre, mais réussit à éviter une condamnation ou un internement durable. Une notice consacrée à Sylvestre Py précise que Matheu, également arrêté comme militant communiste clandestin de Céret, « réussit à se tirer d’affaire ». Les circonstances exactes de cette libération ne sont pas détaillées.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Ferréol Matheu appartint successivement ou simultanément au Parti communiste français clandestin, au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France et aux formations armées associant Francs-tireurs et partisans français et membres de l’Armée secrète dans le Vallespir.

Il participa au comité d’entente de la Résistance cérétane, structure unitaire associant notamment Pierre Bardagué pour le courant communiste, Pierre Mau et le capitaine Miquel pour l’Armée secrète, ainsi que d’autres responsables locaux. Ce comité prépara la mobilisation armée qui aboutit, en juin 1944, à la constitution du maquis AS 44.

Le nom « AS 44 » ne traduit pas une appartenance exclusive à l’Armée secrète. Le maquis réunissait des résistants de l’Armée secrète, des militants communistes, des Francs-tireurs et partisans français et des guérilleros républicains espagnols. Ferréol Matheu appartenait au noyau français permanent placé sous la responsabilité de Pierre Bardagué.

Missions et actions

Avant juin 1944, Ferréol Matheu participa à la structuration politique et matérielle de la Résistance à Céret. Ses activités comprenaient l’organisation du Front national, la mise en relation des militants clandestins, la propagande, le recrutement et la coordination avec les autres mouvements. Les sources ne permettent pas d’attribuer nominativement à Matheu une opération de passage de frontière ou un sabotage précis pendant cette première période.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, après la diffusion des messages annonçant l’imminence du débarquement allié, plusieurs dizaines de volontaires cérétans gagnèrent un cortal situé au-dessus de Reynès. Le manque d’armes et les difficultés de ravitaillement obligèrent les organisateurs à renvoyer la majorité d’entre eux. Ferréol Matheu demeura parmi les seize résistants de l’Armée secrète et des Francs-tireurs et partisans constituant le noyau permanent du maquis.

Il combattit aux côtés de Pierre Bardagué, Pierre Mau, Jean Guisset, Albert Zochetto, André Malart et d’autres résistants français. Une vingtaine de guérilleros espagnols du troisième secteur, commandés par Rafael Gandia, dit « Martin », complétaient la formation.

À la mi-juin 1944, le maquis gagna les flancs du massif du Canigou et s’établit dans les secteurs de Saint-Marsal et de Prunet-et-Belpuig, notamment aux mas Parry et Cramat. Ferréol Matheu participa à cette période de vie clandestine, faite de déplacements, de ravitaillement précaire, de liaisons avec les villages et de préparation des opérations de libération.

Le maquis AS 44 établit des relations étroites avec le maquis Henri-Barbusse et avec les guérilleros espagnols. Les sources attestent la présence de Matheu dans le groupe, mais ne permettent pas de distinguer ses fonctions personnelles au cours des combats de la fin de juillet et du début d’août 1944 autour de Batère, de la Pinosa et de Valmanya.

Le 18 août 1944, la formation entra à Oms, où elle fut renforcée par des corps francs des communes voisines. Le lendemain, les résistants prirent position sur les accès à Céret et participèrent à la libération du Vallespir. Ferréol Matheu appartenait au maquis engagé dans ces opérations, sans qu’une action combattante individuelle puisse lui être attribuée avec certitude.

Arrestation / évasion / déportation

Ferréol Matheu fut arrêté au cours de la période clandestine en raison de son activité communiste. Il parvint toutefois à éviter la déportation ou une détention prolongée. Les sources disponibles ne précisent ni la date, ni le lieu, ni l’autorité ayant procédé à l’arrestation, ni les conditions exactes de sa remise en liberté.

Aucune déportation, évasion d’un établissement pénitentiaire ou condamnation définitive n’a été retrouvée. Sa présence au maquis AS 44 en juin 1944 confirme qu’il était libre et actif au moment de la mobilisation armée.

Camarades de combat

Pierre Bardagué fut l’un de ses plus proches compagnons dans l’organisation communiste clandestine. Tous deux contribuèrent à créer le Front national à Céret, puis participèrent à la constitution du maquis AS 44. Bardagué assuma la responsabilité principale du noyau maintenu au maquis en juin 1944.

Pierre Mau représentait l’Armée secrète dans les structures unitaires de la Résistance cérétane. Avec le capitaine Miquel et Pierre Bardagué, il participa à la réunion de mars 1944 qui décida la création d’un maquis lors du débarquement.

Jean Guisset et Albert Zochetto étaient, comme Matheu, des militants communistes et membres du noyau permanent du maquis. André Malart appartenait au même groupe et commanda les résistants engagés au Pont-du-Vilar contre un convoi allemand le 19 août 1944.

Jacques Souquet, alias « Empereur », dirigeait le groupe d’appui resté à Céret lors du rassemblement de juin. Il participa également au comité d’entente de la Résistance cérétane et devint maire à la Libération.

Rafael Gandia, dit « Martin », commandait les guérilleros espagnols du troisième secteur associés au maquis. Cette coopération entre résistants français et anciens combattants de la République espagnole fut essentielle à la capacité militaire du groupe.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Ferréol Matheu reprit son activité agricole et poursuivit son engagement communiste et syndical à Céret. Sa notice du Maitron le présente comme un militant durable du mouvement ouvrier local.

Il contribua également à la transmission de la mémoire de la Résistance. Des entretiens réalisés avec lui furent utilisés dans plusieurs travaux consacrés aux communistes de Céret, à la Résistance dans les Pyrénées-Orientales et aux militants victimes de la répression.

Les responsabilités électives ou associatives précises qu’il aurait pu exercer après-guerre n’ont pas été retrouvées dans les sources consultées. Il demeura toutefois une figure de référence du communisme cérétan jusqu’à sa mort.

Ferréol Matheu mourut le 15 novembre 1983 à Céret, à l’âge de quatre-vingt-six ans.

Décorations

Aucune décoration nominativement attribuée à Ferréol André Matheu n’a été retrouvée dans les sources institutionnelles accessibles lors des présentes recherches.

Aucun décret de la Médaille de la Résistance française, aucune fiche de la Base Léonore et aucune citation à l’ordre de la Croix de guerre n’ont pu être rattachés avec certitude à son identité.

Cela ne signifie pas qu’il n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune décoration n’a pu être confirmée par les bases consultées.

Lieux de mémoire

Céret constitue le principal lieu de mémoire associé à Ferréol Matheu. Il y naquit, y exerça son métier d’agriculteur, y développa son militantisme, y participa à l’organisation clandestine et y mourut.

Les hauteurs de Reynès, les mas Parry et Cramat, Saint-Marsal, Prunet-et-Belpuig, Batère, Oms et les routes d’accès à Céret sont associés à l’itinéraire du maquis AS 44 auquel il appartenait.

Aucune rue, plaque ou institution portant spécifiquement son nom n’a été identifiée dans les sources consultées. Des photographies collectives et des témoignages relatifs aux militants communistes et aux résistants de Céret peuvent toutefois conserver son image ou sa parole, notamment dans les fonds ayant servi aux notices du Maitron.

Références bibliographiques

Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, notice « Matheu Ferréol, André ». Cette notice constitue la principale source biographique nominative. Elle établit son état civil, son métier d’agriculteur, son militantisme communiste et syndical, son engagement résistant et sa mort à Céret.

Georges Sentis, Les communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales, 1983. Cet ouvrage replace Ferréol Matheu dans l’histoire du communisme clandestin, du Front national et de la Résistance armée dans le département. Il éclaire particulièrement l’organisation de Céret et les rapports avec les guérilleros espagnols.

Pierre Mau et Georges Sentis, Pierre Bardagué et la Résistance en Vallespir, Comité d’histoire de la Résistance catalane, 1987. Cette brochure locale documente la constitution du maquis AS 44, ses responsables et ses opérations. Ferréol Matheu y apparaît comme membre du noyau résistant de Céret.

François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, dir., Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, 2006. Cet ouvrage général fournit le cadre permettant d’interpréter les appartenances croisées au Front national, aux Francs-tireurs et partisans, à l’Armée secrète et aux Forces françaises de l’intérieur.

Références internet

Le Maitron. La notice « MATHEU Ferréol, André » fournit son état civil, sa profession, son militantisme communiste et syndical, son engagement dans la Résistance et sa date de décès.
https://maitron.fr/matheu-ferreol-andre/

Le Maitron — Dictionnaire des fusillés et exécutés. La notice consacrée à Sylvestre Py atteste l’arrestation de Ferréol Matheu comme militant communiste clandestin et indique qu’il réussit à échapper aux conséquences les plus graves de la répression.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/py-sylvestre-henri/

Le Maitron. La notice consacrée à Jean Coste décrit l’organisation de la Résistance dans le bas et le moyen Vallespir et identifie Ferréol Matheu comme représentant du Front national dans les structures unitaires de Céret.
https://maitron.fr/coste-jean-joseph-andre-pseudonyme-en-particulier-dans-la-resistance-mato/

Le Maitron. La notice consacrée à Jacques Souquet documente le comité d’entente de la Résistance cérétane et cite Ferréol Matheu comme représentant communiste du Front national.
https://maitron.fr/souquet-jacques-jean-julien-empereur-pseudonyme-de-resistance/

Parti communiste français — rubrique Mémoire. Le récit du maquis AS 44 cite André Matheu parmi les seize résistants français demeurés au maquis après le rassemblement des 5 et 6 juin 1944 et retrace les déplacements et opérations du groupe. https://23.pcf.fr/sujets/52?page=75

Mémoire Vive de la Résistance. Les notices relatives à Pierre Mau, Jean Guisset, Albert Zochetto et André Malart replacent Matheu dans le même ensemble résistant autour de Céret et du Vallespir.
https://mvr.asso.fr/mau/
https://mvr.asso.fr/guisset/
https://mvr.asso.fr/zochetto/
https://mvr.asso.fr/malart/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative SHD GR 16 P n’a été retrouvée avec certitude pour Ferréol André Matheu.

Aucun dossier d’homologation des Forces françaises combattantes, des Forces françaises de l’intérieur, des Francs-tireurs et partisans français ou de combattant volontaire de la Résistance n’a pu être consulté directement.

Une recherche archivistique complémentaire devrait être menée sous les deux formes « Ferréol André Matheu » et « André Matheu », né le 18 septembre 1897 à Céret, afin d’éviter les confusions avec des personnes ne portant qu’un seul de ces prénoms.

Observations

Les sources utilisent tantôt « Ferréol Matheu », tantôt « André Matheu ». La notice du Maitron donne la forme complète « Ferréol, André Matheu ». Il s’agit bien de la même personne, née le 18 septembre 1897 et morte le 15 novembre 1983 à Céret.

Son arrestation est attestée par une mention croisée, mais sa date, son lieu et les conditions de sa libération ne sont pas précisés. Aucun récit détaillé ne doit donc être ajouté sans source archivistique complémentaire.

Les sources consacrées au maquis AS 44 citent « André Matheu » parmi les membres du noyau permanent, sans lui attribuer de grade ni de commandement particulier. Il est donc présenté comme organisateur politique et maquisard, mais non comme chef militaire autonome.

Aucun pseudonyme de Résistance n’a été retrouvé avec certitude.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité, l’état civil, la profession, l’engagement communiste et syndical, la participation à la Résistance et l’appartenance au maquis AS 44 sont établis par une notice nominative du Maitron et plusieurs sources concordantes. La documentation demeure néanmoins incomplète sur son arrestation, ses éventuelles décorations, son dossier d’homologation et ses activités précises après-guerre.

Chronologie

DateÉvénement
18 septembre 1897Naissance à Céret (Pyrénées-Orientales).
Avant 1939Activité d’agriculteur ; engagement syndical et communiste.
1936-1939Participation au milieu antifasciste et aux solidarités avec l’Espagne républicaine.
Après septembre 1939Poursuite du militantisme communiste dans la clandestinité.
Vers 1941Création avec Pierre Bardagué d’une section du Front national à Céret.
Début de 1942Participation au rapprochement des organisations résistantes cérétanes.
Date non retrouvéeArrestation comme militant communiste clandestin ; remise en liberté dans des circonstances non établies.
Mars 1944Participation de son organisation à la préparation d’un maquis unitaire dans le Vallespir.
Nuit du 5 au 6 juin 1944Rassemblement au-dessus de Reynès ; maintien de Matheu dans le noyau permanent du maquis AS 44.
Mi-juin 1944Déplacement du maquis vers Saint-Marsal et Prunet-et-Belpuig.
Juin-août 1944Activité clandestine dans le massif du Canigou avec les résistants français et les guérilleros espagnols.
18 août 1944Entrée du maquis à Oms.
19 août 1944Participation de sa formation aux opérations de libération de Céret et du Vallespir.
Après 1944Reprise de l’activité agricole et poursuite du militantisme communiste et syndical.
15 novembre 1983Mort à Céret.

Sources consultées

Le Maitron, notice « MATHEU Ferréol, André ». Cette source a établi son identité, sa naissance et sa mort à Céret, sa profession d’agriculteur, son militantisme communiste et syndical et son engagement dans la Résistance.
https://maitron.fr/matheu-ferreol-andre/

Le Maitron — Dictionnaire des fusillés et exécutés, notice « PY Sylvestre, Henri ». Cette notice a confirmé l’arrestation de Ferréol Matheu comme militant communiste clandestin de Céret et sa capacité à éviter une répression plus durable.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/py-sylvestre-henri/

Le Maitron, notice « COSTE Jean, Joseph, André ». Cette source a décrit la structuration de la Résistance dans le Vallespir et a identifié Ferréol Matheu comme représentant du Front national communiste dans les coordinations locales.
https://maitron.fr/coste-jean-joseph-andre-pseudonyme-en-particulier-dans-la-resistance-mato/

Le Maitron, notice « SOUQUET Jacques, Jean, Julien, alias Empereur ». Cette source a documenté le comité d’entente de la Résistance cérétane et la participation de Ferréol Matheu au titre du Front national.
https://maitron.fr/souquet-jacques-jean-julien-empereur-pseudonyme-de-resistance/

Parti communiste français, rubrique Mémoire, « Le maquis A.S. 44 ». Cette page a cité André Matheu parmi les seize résistants français demeurés au maquis après le rassemblement des 5 et 6 juin 1944 et a fourni la chronologie des déplacements et des opérations du groupe jusqu’à la libération du Vallespir.
https://23.pcf.fr/sujets/52?page=75

Mémoire Vive de la Résistance, notices relatives à Pierre Mau, Jean Guisset, Albert Zochetto et André Malart. Ces pages ont permis de recouper la présence de Matheu dans le même noyau résistant et de préciser son environnement opérationnel à Céret et dans le Vallespir.
https://mvr.asso.fr/mau/
https://mvr.asso.fr/guisset/
https://mvr.asso.fr/zochetto/
https://mvr.asso.fr/malart/

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